• Peter Pan inversé

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Le jeu de massacre ininterrompu que constitue jusqu’à maintenant la saison 2 de Gossip girl (dernier épisode vu : le n°7,
Chuck Bass in real life) a tout de l’expérience sociologique en vase clos. Sous le vernis des tenues hors de prix, de la musique hype et des répliques jouant habilement sur les
rapports entre la fiction et le spectateur (morceaux choisis : « If you are here to insult me, there is a website you can go to », « Who watches TV on a TV set
anymore ? »
), il n’est plus question que de souffler sur les braises encore vivaces des incendies ayant dévasté les vies des personnages. La cruauté inhérente à tout soap-opera est
ici décuplée par le concept même du show : les héros ont entre quinze et dix-sept ans. Et pourtant, ils savent déjà tout de l’alcool et des drogues dures, des jeux de pouvoir, de la
déchéance, des passions amoureuses terrassées en plein vol et transformées en rancœurs incurables – et même, pour certains, de l’homicide, tout involontaire qu’il soit. Le mythe de Peter Pan, ne
jamais grandir, est déjà loin pour ces adultes dans des corps d’adolescents (et pas à la sauce 17 ans encore).

 

Ayant grandi trop vite, ils doivent endurer jour après jour le fait que leur innocence appartient irrémédiablement à un passé révolu ; et, pire encore, que ce qui a contribué à l’annihiler
(trahison, manipulation, jalousie…) est désormais aux yeux du monde l’élément prépondérant de leur personnalité, un fardeau duquel il n’est plus temps de se délester. Toutes leurs actions
présentes et à venir seront dès lors évaluées – et contrées – à l’aune de ce préjugé, de cette image sociale figée. Au milieu de la meute qu’ils forment tous ensemble, chacun est réduit à un
cliché sur lequel il n’a pas son mot à dire ; et si les apparences physiques sont trompeuses, les apparences morales sont quant à elles ravageuses. Dan Humphrey a contre lui sa rigueur
éthique déphasée, sa sœur Jenny sa propension à vouloir brûler les étapes, Chuck Bass son dédain global de l’humanité, Serena son goût pour les expériences interdites… D’épisode en épisode,
d’intrigue en intrigue, il se trouvera toujours quelqu’un de proche pour se servir de l’immuabilité du passé pour anéantir les bonnes volontés du présent. Ah, et bien sûr, celui qui réclamera
grâce, et admettra que sa carapace sociale est devenue un poids trop lourd à porter, aura perdu… Qui craquera le premier ? Observer ces lycéens, encore dans la fleur de l’âge, se débattre
dans ces costumes de pouvoir trop larges pour eux porte en soi une violence et un mal-être plus larvés, mais tout aussi véhéments et inquiétants que ceux mis au grand jour par les fusillades
d’Elephant ou Bowling for
Columbine
.

 

2 réponses à “Peter Pan inversé”

  1. StivMakKouin dit :

    un lien hypertexte sur « 17 ans encore »… ah la la, un instant, j’y ai cru, à la chronique !

    Mais ce n’est qu’une question de jours, je suppose ?!?

    PS: ON VEUT LA CHRONIQUE DE DRIVEN !!!

  2. <a href="http://cine-partout-tout dit :

    17 encore, jamais !

    Et Driven, il faut que je trie les rushes de mardi soir