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	<title>Ciné partout tout le temps &#187; Slashers !!</title>
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	<description>Du cinéma absolument tout le temps et presque partout</description>
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		<title>Touristes, de Ben Wheatley (Angleterre, 2012)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/touristes%c2%a0de-ben-wheatley-angleterre-2012-5664</link>
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		<pubDate>Sat, 29 Dec 2012 20:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
À Cannes, et au ciné-cité les Halles
Quand ?
En mai, et jeudi soir à 21h
Avec qui ?
Seul, et avec MaBinôme
Et alors ?
Six mois après Kill list, le film suivant du cinéaste anglais Ben Wheatley nous arrive déjà. Ce maigre écart vient du fait que Kill list, tourné en 2010, était en retard quand Touristes, lui, est à l&#8217;heure – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5666" title="sight-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-2.jpg" alt="" width="360" height="240" /></a>Où ?</strong></p>
<p>À <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cannes-24-mai-sightseers-de-ben-wheatley-4559" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">Cannes</span></a>, et au ciné-cité les Halles</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>En mai, et jeudi soir à 21h</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Seul, et avec MaBinôme</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Six mois après <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/kill-list-de-ben-wheatley-angleterre-2011-4784" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Kill list</strong></span></em></a>, le film suivant du cinéaste anglais Ben Wheatley nous arrive déjà. Ce maigre écart vient du fait que <em><strong>Kill list</strong></em>, tourné en 2010, était en retard quand <em><strong>Touristes</strong></em>, lui, est à l&#8217;heure – présenté à la <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cannes-26-mai-bilan-perso-en-attendant-le-palmares-4576" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">Quinzaine des Réalisateurs</span></a> en mai, sorti au Royaume-Uni le mois dernier. À l&#8217;opposé du scénario alambiqué de son prédécesseur bizarroïde, et presque trop malin pour être acceptable, <em><strong>Touristes</strong></em> est d&#8217;un limpidité et d&#8217;une linéarité à toute épreuve. Il ne s&#8217;y raconte presque rien – les premières vacances ensemble d’un couple, qui se transforment en virée meurtrière menée à quatre mains. Et il n&#8217;y a à aucun moment tentative de tromperie sur la marchandise, Wheatley ayant tout à fait en tête la mesure du cadre de sa série B turbulente. Il joue au maximum de la poignée d&#8217;atouts qui s&#8217;y trouvent, sans en chercher d&#8217;autres en forme de miroir aux alouettes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5665" title="sight-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-11.jpg" alt="" width="384" height="256" /></a>Touristes</strong></em></strong> combine deux domaines cinématographiques dans lesquels l&#8217;Angleterre excelle régulièrement, l’horreur et l’humour <em><strong>nonsense</strong></em><em>.</em> Du sang de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/monty-python%C2%A0-sacre-graal%C2%A0-de-terry-gilliam-terry-jones-angleterre-1975-1955#hide" target="_self"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Sacré Graal !</strong></em></span></a> coule dans ses veines, car on y retrouve l’addition campagne bucolique anglaise + meurtres en masse + héros complètement déconnectés moralement de la malfaisance de leurs actes. Et l&#8217;on n&#8217;est pas du tout face à une situation de fin de race, mais au contraire dans une lignée on ne peut plus fringante. L&#8217;abattage des deux comédiens principaux, Alice Lowe et Steve Oram, y est pour beaucoup. Ils sont parfaits en duo à la Minus et Cortex, aussi colossalement crétins que foncièrement candides. Leurs personnages ne demandent pas la lune, ils sont bien conscients des cartes piteuses que la nature leur a servies ; mais ils sont frappés d&#8217;une fâcheuse tendance à se penser un peu moins minables que tous ceux dont ils croisent la route. À cette erreur d&#8217;appréciation vient se greffer une inaptitude extrême à supporter les camouflets, auxquels ils répondent par le meurtre plutôt que par une bouffée d&#8217;aigreur ravalée tant bien que mal.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5667" title="sight-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-3.jpg" alt="" width="360" height="240" /></a>L&#8217;humour caustique de <em><strong>Touristes</strong></em> se déploie ainsi sur deux tableaux, qui s&#8217;étayent mutuellement : la beauferie absolue du tableau outré de la classe moyenne campagnarde à l&#8217;anglaise, et les agissements aberrants des deux redresseurs de torts autoproclamés sans la moindre raison valable.  En toutes circonstances, Lowe et Oram, qui ont également écrit le film, se révèlent de très bons scénaristes. La nature répétitive de la structure du récit ne se ressent pas dans les faits, grâce au renouvellement des contextes des crimes et à l&#8217;inspiration des blagues composant les échanges du couple. Ces derniers sont le plus souvent libidineux ou scato, des chemins toujours glissants et ici empruntés avec verve. Par-dessus le marché la réalisation de Wheatley est percutante, avec de beaux exemples d’intégration de la musique. Quant à la touche finale du film, elle est exactement celle qu’il faut, là où il faut. Dans ces conditions, absolument rien ne vient gâcher le plaisir méchant et idiot que l&#8217;on prend devant <em><strong>Touristes</strong></em>.</p>
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		<title>Les sorties fictives de l’été (2) : My soul to take, de Wes Craven (USA, 2010)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/les-sorties-fictives-de-lete-2-my-soul-to-take-de-wes-craven-usa-2010-4897</link>
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		<pubDate>Sat, 11 Aug 2012 13:21:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
À la maison, en DVD
Quand ?
Vendredi soir
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Le cas de My soul to take est très différent de celui des Three stooges évoqué ici. Sa sortie en salles est presque plus surprenante que l&#8217;aurait été un aller simple vers les bacs à DVD. Le cinéma d&#8217;horreur est coutumier de ce genre de mésaventure, particulièrement en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4901" title="soul-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-4-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À la maison, en DVD</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vendredi soir</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le cas de <em><strong>My soul to take</strong></em> est très différent de celui des <em><strong>Three stooges</strong></em> évoqué <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/les-sorties-fictives-de-lete-1-the-three-stooges-de-bobby-peter-farrelly-usa-2012-4886" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">ici</span></a>. Sa sortie en salles est presque plus surprenante que l&#8217;aurait été un aller simple vers les bacs à DVD. Le cinéma d&#8217;horreur est coutumier de ce genre de mésaventure, particulièrement en France où le manque de reconnaissance et d&#8217;intérêt est conséquent. <em><strong>My soul to take</strong></em> n&#8217;aurait été ni le premier ni le dernier, et pourtant le voilà qui passe fugitivement par nos salles, trois ans après son tournage, pas loin de deux après sa distribution aux USA, et même&#8230; un an et demi après la découverte de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/scream-4-de-wes-craven-usa-2011-1828#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Scream 4</strong></span></em></a>, le film suivant de Wes Craven ! Cette dernière donnée aurait dû porter le coup de grâce à <em><strong>My soul to take</strong></em>, en plus de la qualité aléatoire de ce dernier et de l&#8217;historique tourmenté de sa production. Mais il faut croire que quelqu&#8217;un de suffisamment influent tient absolument à ce que tous les longs-métrages de Craven aient l&#8217;honneur des cinémas français, ou à tout le moins d&#8217;un seul – le Publicis à nouveau, comme pour <em><strong>The three stooges</strong></em>. (Aujourd&#8217;hui, dans sa deuxième semaine, <em><strong>My soul to take</strong></em> ne passe plus qu&#8217;à la séance de 14h).</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4900" title="soul-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-3-400x181.jpg" alt="" width="400" height="181" /></a>My soul to take</strong></em> s&#8217;est retrouvé embarqué sur le chemin de croix tristement ordinaire des œuvres pestiférées d&#8217;Hollywood, conséquence de projections-tests négatives et de coups de sang de producteurs courroucés. Réécriture du scénario, tournage de nouvelles scènes, charcutage du montage, la punition est immuable depuis l&#8217;aube du cinéma. Elle aboutit pourtant à des résultats toujours aussi boiteux, l&#8217;essence du film étant abîmée sans restauration possible et sans que cette perte soit rachetée par autre chose d&#8217;équivalent. La brutalité zélée et aveugle du remède de cheval transparaît de manière évidente dans le cas de <em><strong>My soul to take</strong></em>. Le film s&#8217;est vu rattrapé par son astuce inaugurale de s&#8217;être faussement vendu comme un <em>slasher</em>, laquelle a été retournée contre lui – en faire un vrai <em>slasher</em>, pour tenter de le rendre plus vendeur. L&#8217;ouverture et la clôture du récit ont de toute évidence été le siège principal de ces profanations : crayonnées à gros traits, hystériques, surchargées en clichés et en coups de théâtre hâtifs, et par-dessus le marché raccommodées très vilainement au reste de la trame, elles tirent le film vers les tréfonds de la mauvaise horreur par ses deux extrémités.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4898" title="soul-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-1-400x181.jpg" alt="" width="400" height="181" /></a>Mais entre les deux, une heure durant, <em><strong>My soul to take</strong></em> est, d&#8217;assez loin, ce que Craven a fait de meilleur depuis qu&#8217;il a consenti à réaliser <em><strong>Scream</strong></em>, pacte faustien qui l&#8217;a vu mettre son savoir-faire horrifique au service de l&#8217;avilissement du genre par le cynisme. Comme à l&#8217;époque de ses immenses œuvres fondatrices, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/ladernieremaisonsurlagauchedebergmanauxreactionnairesamericains-985#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>La dernière maison sur la gauche</strong></span></em></a> et <em><strong>La colline a des yeux</strong></em>, en mode plus mineur, le cinéaste met la terreur au service du développement de personnages complexes et captivants, par la mise à nu de leurs failles secrètes, leurs infirmités qui mettent à mal la possibilité de leur intégration à la société. C&#8217;est ici de l&#8217;adolescence dont il est question, éternel sujet que <em><strong>My soul to take</strong></em> traite avec une finesse peu commune, sans rien à envier aux films d&#8217;auteur s&#8217;autoproclamant incisifs et définitifs sur le thème.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4899" title="soul-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/soul-2-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Craven n&#8217;a à chaque fois besoin que d&#8217;une scène, où les codes de l&#8217;horreur viennent parasiter la netteté du monde ordinaire (essentiellement figuré dans le film par le cadre du lycée), pour marquer les esprits avec l&#8217;idée qu&#8217;il veut faire passer. Ici le fait que passer à l&#8217;âge adulte, c&#8217;est sauter dans l&#8217;inconnu car c&#8217;est accepter de devenir un autre que l&#8217;individu que l&#8217;on connaît ; là la révélation que les grandes personnes n&#8217;arrêtent pas réellement d&#8217;avoir peur, qu&#8217;elles font simplement semblant, toutes autant qu&#8217;elles sont. Par l&#8217;incarnation donnée à ses adolescents, la justesse de certains dialogues, le malaise diffusé par la mise en scène dans des situations où on ne l&#8217;attendait pas, <em><strong>My soul to take</strong></em> est alors la promesse d&#8217;un beau film cérébral et torturé, qui n&#8217;aura pas droit à la maturation qu&#8217;il mérite. Le genre de films que Craven affectionne de faire par-dessus tout, mais que l&#8217;industrie n&#8217;a jamais voulu recevoir de sa part. Avec son dédoublement de personnalité entre désordres intimes des êtres et mécanique inerte du <em>slasher</em>, <em><strong>My soul to take</strong></em> est à lui seul un résumé de cette carrière réprimée.</p>
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		<title>Cannes, 24 mai : Sightseers, de Ben Wheatley</title>
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		<pubDate>Fri, 25 May 2012 06:58:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals (films primés...)]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça sent la fin. La Semaine de la Critique a fermé boutique (avec son Grand Prix remis au mexicain Aqui y alla d&#8217;Antonio Mendez Esparza), la Quinzaine des Réalisateurs s&#8217;apprête à en faire de même en n&#8217;ayant plus à son programme que son film de clôture (Camille redouble de Noémie Lvovsky). Seule la compétition officielle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ça sent la fin. La Semaine de la Critique a fermé boutique (avec son Grand Prix remis au mexicain <em><strong>Aqui y alla</strong></em> d&#8217;Antonio Mendez Esparza), la Quinzaine des Réalisateurs s&#8217;apprête à en faire de même en n&#8217;ayant plus à son programme que son film de clôture (<em><strong>Camille redouble </strong></em>de Noémie Lvovsky). Seule la compétition officielle est encore en pleine forme, ce qui ne ravit pas forcément ceux qui ont l&#8217;obligation de la suivre de façon exhaustive au vu des expériences douloureuses qu&#8217;elle leur réserve ces derniers jours. Ça sent la fin également dans les salles, où un renversement net s&#8217;est opéré : elles étaient toujours pleines en début de festival, désormais elles ne le sont plus qu&#8217;exceptionnellement. Pour la première fois il restait des places à une séance où je me trouvais hier en fin de journée, pour <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cannes-23-mai-ernest-et-celestine-de-benjamin-renner-stephane-aubier-et-vincent-patar-4552" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Sofia&#8217;s last ambulance</strong></span></em></a> ; phénomène qui s&#8217;est reproduit trois fois sur quatre aujourd&#8217;hui. Tout d&#8217;abord pour <em><strong>Miss Lovely</strong></em> d&#8217;Ashim Ahluwalia, présenté à Un Certain Regard. Le film se présente comme une sorte de transposition dans les années 80 et à Bombay de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/boogienightsdep-t-andersonusa1999-206#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Boogie nights</strong></span></em></a>, avec pour héros deux frères produisant et réalisant des films d&#8217;exploitation Z (érotiques, horreur, ou les deux mélangés). Je le reporte à mon billet de demain, car je sais d&#8217;avance que je n&#8217;ai pas le temps de traiter tout ce 24 mai d&#8217;un coup, mais le film a fait son petit effet sur moi.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lovely-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4561" title="lovely-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lovely-1-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a><em><strong>The king of pigs</strong></em>, dessin animé réalisé par Yeun Sang-ho vu à la Quinzaine, est au contraire une grande déception, à la hauteur de la justesse de sa cause : faire le procès sans concession du devenir contemporain de la Corée, matérialiste et obsédée par la réussite et l&#8217;ordre social, à travers la vie d&#8217;enfant et d&#8217;adulte de trois maillons faibles de ce système. La violence généralisée engendrée par cette marche économique forcée est un thème récurrent du cinéma de ce pays, et bien des films l&#8217;ont mieux traité que celui-ci. <em><strong>The king of pigs</strong></em> s&#8217;autodétruit car il ne sait canaliser sa rage, qui se retourne de fait contre lui-même et ses protagonistes. Et si le film est effectivement très dur, ce n&#8217;est pas pour les bonnes raisons ; mais de la même manière qu&#8217;il est désagréable d&#8217;observer une personne brisée par la vie, ayant perdu tout espoir, donner en spectacle sa détresse avec misère et fracas. Une fois la situation d&#8217;injustice tragique exposée, le film tourne en boucle dessus de manière obsessionnelle, prenant pour une progression dramatique le fait d&#8217;augmenter le volume et l&#8217;hystérie de ses vociférations.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/pigs-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4562" title="pigs-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/pigs-1-371x200.jpg" alt="" width="371" height="200" /></a>À propos de <em><strong>The Central Park five</strong></em>,<em><strong> </strong></em>Hors Compétition, il y a aussi moins à dire qu&#8217;imaginé. Ce documentaire est l’œuvre de Ken Burns (en collaboration avec sa fille Sarah et son gendre David MacMahon), immense nom du genre dont les séries-fleuves <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thewardekenburnsusa2007-541#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>The war</strong></span></em></a> et <em><strong>The civil war</strong></em> sont arrivées jusqu&#8217;à nous. Ce nouveau film s&#8217;avère moins bouleversant, « la faute » à son sujet si l&#8217;on peut dire, celui-ci étant plus restreint – un fait divers – et plus normé – une erreur judiciaire et sa réparation trop tardive, trop discrète. Les cinq de Central Park dont il est question sont des gamins de Harlem âgés de 14 à 16 ans, accusés à tort du viol d&#8217;une joggeuse. À tort, et surtout selon une procédure à l&#8217;arbitraire tellement hallucinant qu&#8217;il finit presque par relever du pur hasard. Le film est pour cette raison à montrer à tous ceux qui trouvent (ou trouveront) l&#8217;histoire de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cannes-22-mai-amour-de-michael-haneke-et-la-chasse-de-thomas-vinterberg-4547" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>La chasse</strong></span></em></a> ridicule dans son engrenage d&#8217;accusations et de persécutions : la réalité présentée ici est encore plus folle et grave. À la suite du viol les policiers ont gardé sous la main une vingtaine de gosses arrêtés à proximité pour des petits délits, sont allés en rechercher d&#8217;autres le lendemain, et les ont tous pressurés, intimidés, bousculés jusqu&#8217;à ce que certains (cinq, donc) craquent et répètent sans les comprendre les récits énoncés face à eux – exactement comme le fait la petite fille dans <em><strong>La chasse</strong></em>. Les aveux dûment enregistrés lancèrent la machine à transformer la justice en vengeance, et à nourrir la paranoïa du « bon » peuple envers toutes les puissances fantasmées pouvant troubler sa sérénité. À l&#8217;autre bout du chemin, il y aura un nouveau coup improbable du hasard qui mènera à l&#8217;annulation de toutes les charges – mais pas la hargne et les préjugés du public, ce qui conduit à la morale acerbe énoncée par un intervenant <em>« we have to accept that we are not very good people »</em>. <em><strong>The Central Park five</strong></em> ne fait « que » raconter cela, mais il le raconte de manière solide, juste, et c&#8217;est tout ce qu&#8217;on lui demande.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/central-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4560" title="central-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/central-1-321x200.jpg" alt="" width="321" height="200" /></a>La seule séance affichant complet de ma journée fut celle de rattrapage de l&#8217;anglais <em><strong>Sightseers</strong></em>, de la Quinzaine encore. Ce long-métrage de Ben Wheatley apporte un brillant point final à une tendance nette de ce Festival (de l&#8217;expérience que j&#8217;en ai eu, tout du moins) : les films mineurs s&#8217;en sont mieux sortis que les aspirants grands films. Les seconds ont presque tous failli au moins en partie, quand les premiers – qu&#8217;il s&#8217;agisse de comédie, documentaire, dessin animé tous publics, <em>slasher</em> – parvenaient à exploiter pleinement leur potentiel. <em><strong>Sightseers</strong></em> en est un exemple superbe, car parfaitement conscient qu&#8217;il ne raconte presque rien, les premières vacances ensemble d&#8217;un couple, qui se transforment en virée meurtrière menée à quatre mains. <em><strong>Sightseers</strong></em> combine deux domaines cinématographiques dans lesquels le Royaume-Uni excelle régulièrement, l&#8217;horreur et l&#8217;humour <em>nonsense</em>, comme si du sang de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/monty-python%C2%A0-sacre-graal%C2%A0-de-terry-gilliam-terry-jones-angleterre-1975-1955#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Sacré Graal !</strong></span></em></a> coulait dans ses veines. On y retrouve l&#8217;addition campagne bucolique anglaise + meurtres en masse + héros complètement déconnectés moralement de la malfaisance de leurs actes. Les deux comédiens Alice Lowe et Steve Oram sont parfaits en duo crétin à la Minus et Cortex, et ils ne sont pas mal non plus en scénaristes – assurant un beau renouvellement des contextes des crimes, enchaînant les gags inspirés (en particulier sur le sexe, sujet toujours délicat), insistant sur l&#8217;amour sincère entre leurs personnages, ce qui force une envers eux une certaine sympathie délicieusement déroutante. Comme en plus la réalisation est rythmée, avec de beaux exemples d&#8217;intégration de la musique, et que la touche finale du film est exactement celle qu&#8217;il faut, là où il faut, absolument rien ne vient gâcher notre plaisir méchant et absurde.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4563" title="sight-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/sight-1-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a></p>
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		<title>La cabane dans les bois, de Drew Goddard (USA, 2011)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 09:29:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Navets]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles, dans une des trois grandes salles (peu remplie, normal pour un slasher en France)
Quand ?
Jeudi soir, à 21h
Avec qui ?
MaBinôme
Et alors ?
C’est peu de dire que ce n’est pas le grand amour entre Joss Whedon et moi en ce moment. A huit jours d’intervalle, j’ai détesté Avengers, sa dernière réalisation en date, et La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4443" title="cabane-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-4-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>Au ciné-cité les Halles, dans une des trois grandes salles (peu remplie, normal pour un <em>slasher</em> en France)</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Jeudi soir, à 21h</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>MaBinôme</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est peu de dire que ce n’est pas le grand amour entre Joss Whedon et moi en ce moment. A huit jours d’intervalle, j’ai détesté <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/the-avengers-de-joss-whedon-usa-2012-4405" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Avengers</strong></span></em></a>, sa dernière réalisation en date, et <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em>, sa collaboration avec son ex-protégé Drew Goddard datant d’il y a quelques années. Goddard a commencé comme scénariste sur les séries de Whedon <em><strong>Buffy</strong></em> et <em><strong>Angel</strong></em>, puis est allé faire un tour du côté de chez JJ Abrams jusqu’en 2008 – des épisodes de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/%c2%abyoucanletgonow%c2%bb-892" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Lost</strong></span></em></a>, le script de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/undimantbrutdansunchampdetreflescloverfielddemattreevesusa2008-694" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Cloverfield</strong></span></em></a>. Après ce dernier, pour passer à la réalisation avec <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em> il retourne auprès de Whedon, qui fait office de producteur et de coscénariste. Nous sommes en 2009, et le projet tombe alors dans une faille temporelle : le studio qui l’a financé, la MGM, décide d’en repousser la sortie pour le passer en 3D, puis fait faillite. Au terme de la procédure le film est vendu à Lionsgate, qui l’amène finalement sur les écrans, laissant au passage tomber l’idée du transfert en 3D.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4440" title="cabane-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-1-301x200.jpg" alt="" width="301" height="200" /></a>L’idée à la base de <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em> est un concept assez génial. Il s’agit de faire se matérialiser concrètement le systématisme des règles (typage des protagonistes, réplication des lieux, des situations d’un film à l’autre) qui règne dans les <em>slashers</em>. D’imaginer une organisation explicite, méthodique s’activant à maintenir et exploiter ce corpus tacite de clichés et de figures imposées. Une sorte de mariage entre <em><strong>Scream</strong></em> (un métarécit où certains des personnages connaissent les codes en vigueur et s’en servent pour manipuler les autres) et les théories du complot – ici, ce ne sont pas des dingues agissant seuls qui perpètrent leur <em>slasher</em> perso mais une agence gouvernementale (ou approchant) aux moyens illimités, à la division des tâches aménagée entre ses différents services, et au mode opératoire des exécutions bien rodé. A partir de ce point de départ, il y avait quantité de récits brillants à développer : cauchemar anxiogène façon <em><strong>Cube</strong></em>, pamphlet sociétal façon <em><strong>Battle Royale</strong></em>, jeu conceptuel façon <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/boulevarddelamortdequentintarantinousa2007-837" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Boulevard de la mort</strong></span></em></a> sur la répétition propre à la série B des images et des gestes, pourquoi pas une embardée à la <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/category/realisateurs-aujourdhui/brian-de-palma" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">Brian De Palma</span></a> sur le voyeurisme, la manipulation, la confusion entre l’action et son enregistrement sur film… Le gâchis de <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em> se mesure à l’aune de toutes ces pistes non retenues, pour suivre plutôt un chemin désolant de petitesse et de négligence.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4442" title="cabane-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-3-301x200.jpg" alt="" width="301" height="200" /></a>Goddard et Whedon ont dû bâcler leur scénario à l’heure de la pause déjeuner avant de retourner faire autre chose, pour qu’on y trouve aussi peu d’intelligence et de logique. La première partie, qui nous fait suivre en parallèle le groupe des victimes inconscientes et celui des techniciens qui les dirigent à leur insu, souffre de son point de vue médian, le cul entre deux chaises. On a dix coups d’avance sur les uns, ce qui restreint fortement l’implication à leurs côtés, et dix de retard sur les autres, ce qui nous rend passifs et non complices. Ce refus de nous associer au camp des marionnettistes prend son sens dans la seconde moitié, qui fait des survivants du premier groupe les héros manifestes. Après avoir clamé son ambition de démonter le <em>slasher</em>, <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em> rentre donc dans le rang et devient un <em>slasher</em> comme un autre. Il pose ses pièges et se fait lui-même happer dedans, comme cela arrive à tout film fondé sur la critique (parodique ou plus acerbe) d’un genre du cinéma d’exploitation mais n’allant pas, par veulerie ou conservatisme, au bout de sa démarche. Plus celle-ci est engagée, plus le retour de bâton est rude, et dans le cas présent il est particulièrement violent. Pas gênés, Goddard et Whedon se montrent prêts à toutes les incohérences et tous les effets de <em>deus ex machina</em> pour faire triompher leur revirement révisionniste vis-à-vis de leur propre création. Le premier coup de <em>deus ex machina</em>, une résurrection, est un triste modèle du genre, un spécimen à montrer dans toutes les écoles. Les suivants, qu’il serait trop long et exaspérant de lister, enfoncent méthodiquement le clou de ce qui tourne au foutage de gueule. Même le joyeux carnage terminal en fait les frais, puisque déloyal (les gentils en réchappent par une succession d’aberrants coups du sort) et terriblement en-deçà de ce qu’il était possible d’accomplir avec une telle collection de monstres à disposition.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4441" title="cabane-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/cabane-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Pour évaluer une fois pour toutes l’ampleur du ratage, il suffit de comparer <em><strong>La cabane dans les bois</strong></em> à deux autres exemples récents de détournement des codes du <em>slasher </em>: <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/tucker-et-dale-fightent-le-mal-d%e2%80%99eli-craig-canada-usa-2010-3961" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Tucker &amp; Dale vs. Evil</strong></span></em></a> et la saison 1 d’<a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/nouvelles-series-americaines-collection-automne-hiver-2011-13%c2%a0-american-horror-story-4138" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>American horror story</strong></span></em></a>. L’humour caustique du premier, l’outrance dérangée de la seconde, révèlent la vacuité pénible du petit manège du duo Goddard-Whedon.</p>
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		<title>Le territoire des loups, de Joe Carnahan (USA, 2011)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/le-territoire-des-loups-de-joe-carnahan-usa-2011-4233</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Mar 2012 22:18:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>
		<category><![CDATA[the rest of them]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au Publicis cinémas, qui diffusait encore le film deux fois par jour la semaine dernière
Quand ?
Mardi, à 19h
Avec qui ?
MonFrère
Et alors ?
Joe Carnahan avait déboulé en trombe sur le devant de la scène cinématographique il y a maintenant dix ans de cela, avec le bon petit polar nerveux Narc. Puis il en avait disparu tout aussi soudainement, ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4237" title="loups-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>Au Publicis cinémas, qui diffusait encore le film deux fois par jour la semaine dernière</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Mardi, à 19h</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>MonFrère</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Joe Carnahan avait déboulé en trombe sur le devant de la scène cinématographique il y a maintenant dix ans de cela, avec le bon petit polar nerveux <em><strong>Narc</strong></em>. Puis il en avait disparu tout aussi soudainement, ne se rappelant à notre souvenir qu’au compte-gouttes, via des films oubliables (le polar estival <em><strong>Mi$e à prix</strong></em>) ou que l’on préférerait oublier (l’adaptation hystérique de <em><strong>L’agence tous risques</strong></em>). <em><strong>Le</strong></em> <em><strong>territoire des loups</strong></em> est une surprenante renaissance, qui joue dans une toute autre cour que ce que son titre français de <em>direct-to-dvd</em> à gros muscles laisse présager (pour information, en anglais le film se nomme <em><strong>The grey</strong></em>). Carnahan donne vie à une œuvre de <em>survival horror</em> qui surclasse tout ce qui s’est fait sur les terres du genre ces dernières années, de par sa férocité, sa droiture, sa radicalité. Qui fait l’effet d’un coup de poing à l’estomac doublé d’un regard sans concession sur la condition humaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4235" title="loups-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Une fois passé un prologue malhabilement excessif (trop bavard, trop introspectif, trop larmoyant, trop soudain), <em><strong>Le territoire des loups</strong></em> fixe sa ligne de conduite alors qu’il fait monter ses personnages à bord d’un avion qui n’arrivera pas à destination mais s’écrasera dans le désert gelé de l’Alaska, battu par les vents et la neige, sillonné par les loups. Dès cet instant où l’aventure tragique commence concrètement, son récit sera sec, direct, physique. Carnahan fait le choix d’un cinéma des sensations et des tensions plutôt que de la compréhension et de la planification. Il fait corps avec le calvaire de son groupe de rescapés du crash, qui n’auront de cesse d’être pressés, par des forces extérieures et supérieures, de réagir dans l’urgence et la détresse. L’enchaînement des scènes de l’accident d’avion, de l’improvisation du campement de fortune et des premiers secours, de la découverte de la présence des loups et de leur première attaque l’atteste sans retour. Toutes resserrées en quelques heures de temps, toutes terrifiantes par la fureur organique de leur mise en scène et la marche au pas inexorable de leur montage, ces séquences couvrant la première nuit en enfer des personnages ont une volonté nette, faire abandonner tout espoir. C’est indubitablement chose faite, le film ne faisant par la suite jamais état de l’hypothèse d’une issue heureuse sans que cela ne choque. Tout le monde a compris ce vers quoi il se dirige, et s’y est résigné.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4234" title="loups-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Par la suite, Carnahan ne parvient pas entièrement à se maintenir en permanence à ce niveau d’intransigeance si intense. Quelques détours (confidences, souvenirs, monologues) viennent contrarier la progression de l’histoire mais ils ne durent jamais bien longtemps et, surtout, le film ne faillit jamais dans les moments qui comptent. Les affrontements avec les loups et les autres épreuves, pour certaines plus dangereuses, infligées par la nature ne sont jamais biaisés. <em><strong>Le territoire des loups</strong></em> ne transige pas sur l’impuissance de ses personnages, la soudaineté et l’imprédictibilité des agressions qu’ils subissent, la sauvagerie absolue des combats et l’issue fatale qu’ils appellent. Tout ce qui constitue l’essence du genre <em>survival</em> est là, non délayé, tranchant. Et partant de là, de ces fondations si solidement établies, le film peut s’élever vers des hauteurs particulièrement ambitieuses. Il fait du destin cruel de ses personnages une allégorie réduite à l’os de celui auquel nous sommes assujettis tous autant que nous sommes.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-5.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4238" title="loups-5" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-5-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>La vie est une blague tour à tour sinistre et grotesque faite sur notre dos, au cours duquel le contrôle que nous exerçons sur les événements est au mieux parcellaire, au pire une illusion trompeuse ; et où les bons moments sont à chérir car précaires. La seule chose certaine est la chute de la blague : la mort, que Carnahan regarde en face avec une franchise dont font preuve peu de films – et extrêmement peu de films hollywoodiens. Pas question d’en édulcorer la brutalité, d’inventer des raisonnements qui la justifieraient. Le parcours intérieur du <em><strong>Territoire des loups</strong></em> est un apprentissage, entamé dans la carcasse de l’avion et dont le superbe point d’orgue est le contraste entre les deux ultimes décès, l’un atroce et précipité et l’autre pressenti à temps pour l’accepter, le gérer. Prendre le temps de faire le point sur son existence, le bilan de ce qui a compté, pour ainsi ne pas subir complètement les derniers instants qui nous sont donnés. Sans débordement mélo ni héroïque mais dégageant une émotion sincère et profonde, le dénouement ainsi produit est un vrai tour de force, idéalement agencé, qui parvient même à réhabiliter certains des écarts antérieurs du récit. Et fait du <em><strong>Territoire des loups</strong></em> une de ces séries B qui se subliment et deviennent de grands films.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4236" title="loups-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/loups-3-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
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		<title>Tucker et Dale fightent le mal, d’Eli Craig (Canada-USA, 2010)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/tucker-et-dale-fightent-le-mal-d%e2%80%99eli-craig-canada-usa-2010-3961</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/tucker-et-dale-fightent-le-mal-d%e2%80%99eli-craig-canada-usa-2010-3961#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 21:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné indie]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles, dans une salle plutôt grande et remplie
Quand ?
Mercredi soir, à 19h
Avec qui ?
MonFrère
Et alors ?
Se pencher sur le parcours de ce Tucker et Dale fightent le mal jusqu’à son arrivée dans les salles françaises, c’est se risquer à se perdre dans un indémêlable dédale de revirements de fortune. Le film a commencé à sillonner [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3965" title="tucker-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-4.jpg" alt="" width="279" height="420" /></a>Où ?</strong></p>
<p>Au ciné-cité les Halles, dans une salle plutôt grande et remplie</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Mercredi soir, à 19h</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>MonFrère</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Se pencher sur le parcours de ce <em><strong>Tucker et Dale fightent le mal</strong></em> jusqu’à son arrivée dans les salles françaises, c’est se risquer à se perdre dans un indémêlable dédale de revirements de fortune. Le film a commencé à sillonner les festivals il y a deux ans presque jours pour jour (Sundance le 22 janvier 2010 est-il écrit sur la <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.imdb.com/title/tt1465522/releaseinfo" target="_blank">fiche IMDb</a></span>), puis a parcouru le monde de cette façon avant de s’échouer aux USA sur les réseaux de VoD l’été dernier, probablement faute d’un distributeur pour une sortie en salles. Quelques semaines plus tard il passe assez discrètement à <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.etrangefestival.com/index.php/2011/film/fr/317" target="_blank">l’Étrange Festival</a></span>, pour ce qui constitue sa première française. On peut supposer que c’est à cette occasion que les gens de chez Wild Bunch ont eu le coup de foudre les poussant à oser cette sortie ciné dont nous profitons aujourd’hui ; et à la mener avec panache (cent trente copies en France dont dix à Paris), car un film avec ce pedigree – un slasher sans stars, et sans succès préalable outre-Atlantique – se voit ordinairement cantonné aux salles spécialisées que sont le Publicis cinémas et l’Orient-Express. Brisant toutes les règles du marketing cinématographique, <em><strong>Tucker et Dale fightent le mal</strong></em> ravit ainsi les spectateurs du plus fréquentés des cinémas de France, le ciné-cité des Halles, et de nombreux autres trois ans après son tournage, et alors que ses têtes d’affiche Tyler Labine, Alan Tudyk et Katrina Bowden ont repris le cours de leurs carrières anonymes, enchaînant les tournages au cinéma et à la télévision (une dizaine chacun).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3963" title="tucker-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Du protocole qui régit l’arrivée en France de tout film d’horreur américain de série B, <em><strong>Tucker et Dale fightent le mal</strong></em> a tout de même gardé l’obligation de se voir attribuer un titre préjudiciable, traduction bizarre de son nom original <em>Tucker &amp; Dale vs. Evil</em>. Tucker et Dale sont deux <em>hillbillies</em>, des péquenauds du nord de l’Amérique (ceux du sud sont les <em>rednecks</em>). Ils sont un peu gauches, pas toujours très futés, mais ont bon fond et ne veulent de mal à personne. Ils vont passer des vacances dans une maison délabrée et perdue au fond des bois dans les Appalaches qu’ils viennent d’acheter pour la retaper. Au même moment vient au même endroit une bande d’étudiants riches et beaux, de ces <em>college kids</em> des grandes villes qui sont habituellement, naturellement, les victimes expiatoires et pures dans ce type de contexte. Ici, non. <em><strong>Tucker &amp; Dale </strong></em>repose sur un renversement complet des rôles, avec comme technique pour le mettre en œuvre l’adjonction à chaque situation archétypale du genre d’un contrechamp venant redéfinir qui est innocent et qui est malintentionné. Un seul exemple, pour ne pas trop gâcher la découverte de l’inspiration abondante du film : un homme défiguré qui court à travers les bois tronçonneuse allumée à la main et en hurlant peut tout simplement avoir eu la mauvaise surprise de scier un tronc d’arbre dans lequel était caché un nid d’abeilles.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3964" title="tucker-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-3-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Les <em>hillbillies</em> sont les gentils, héritiers des grands maladroits à la Buster Keaton ou Gaston Lagaffe. Et les <em>college kids</em> sont les méchants, aveuglés par leurs préjugés à l’encontre des premiers, leur complexe de supériorité, leur paranoïa enragée qui les pousse à répondre par le mal à… rien du tout. C’est plus ou moins l’unique idée du film, mais elle est suffisamment géniale pour hisser celui-ci vers les sommets accessibles à une série B. Ce concept du contrechamp est une mine d’or burlesque – la scène de la tronçonneuse n’est qu’une parmi beaucoup d’autres, toutes diablement efficaces grâce au sens du tempo comique et de l’excès que démontre le réalisateur novice Eli Craig. C’est aussi une assise sociologique solide et incisive, qui révèle avec une crudité et une cruauté inhabituelles – et saines – le racisme anti-pauvres qui habite les riches. La motivation derrière les agissements ahuris et sauvages des <em>college kids</em> est aussi élémentaire que ça : ils ont peur de ceux qu’ils ne connaissent pas, leur style de vie, leur attitude, leur altérité. La démesure des proportions prises par les conséquences de ce rejet haineux dans <em><strong>Tucker &amp; Dale</strong></em> est assez stupéfiante. Craig pousse la chasse à la bêtise humaine un cran plus loin encore qu’un autre Eli (Roth) avec un autre premier film, <em><span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cabin-fever-de-eli-roth-usa-2002-1947#hide" target="_self">Cabin fever</a></strong></span></em>, et on ne peut que l’en féliciter. Sa charge est jubilatoire, animée par un souffle parfaitement insolent en même temps qu’elle remplit pleinement sa fonction de générateur d’éclats de rire et de gore. Certes, le film patine un peu dans son dernier tiers, et s&#8217;égare dans une séquence finale superflue. Mais ce ne sont là que des détails, jusqu&#8217;au bout les fondamentaux restent bons. Rien ne vient empêcher <em><strong>Tucker &amp; Dale</strong></em> d&#8217;être l&#8217;excellente surprise de ce début d&#8217;année, et rien ne doit venir vous empêcher de vous ruer dans les nombreuses salles qui le passent.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3962" title="tucker-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tucker-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
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		<title>La traque facilitée</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-traque-facilitee-3909</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 19:36:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonus dvd]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[L’un des deux très bons films d’horreur français sortis en 2011 (cf. le top de l’année), La traque, est désormais disponible en DVD et Blu-Ray d’un excellent niveau technique et sur lesquels on trouve de plus un making-of remarquable. Cela fait deux bonnes raisons de plus pour tous les adeptes du genre de se procurer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’un des deux très bons films d’horreur français sortis en 2011 (cf. <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/2011-ends%e2%80%a6-3788" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">le top de l’année</span></a>), <em><strong>La traque</strong></em>, est désormais disponible en DVD et Blu-Ray d’un excellent niveau technique et sur lesquels on trouve de plus un making-of remarquable. Cela fait deux bonnes raisons de plus pour tous les adeptes du genre de se procurer l’une ou l’autre des versions – la raison première étant évidemment la sortie absolument saccagée du film en salles, ainsi que je l’expliquais à l’époque dans ma <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-traque-de-antoine-blossier-france-2010-2910#hide" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">critique</span></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-21.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3911" title="traque-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-21-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Le making-of est à voir après le film, en raison de sa structure riche en spoilers : il suit le déroulement du récit séquence après séquence, depuis la première apparition du monstre jusqu’au final, et décryptant à chaque fois la fabrication des effets spéciaux et leur intégration à l’image. Le résultat est captivant car riche en détails, en raison de la décision de montrer le travail des équipes sur la durée. C’est ainsi un processus complet que l’on suit, fait de problèmes initiaux à surmonter (dans le cas présent, essentiellement un budget très serré), de reculs suite à la poursuite de fausses bonnes idées, de retouches de dernière minute. Rien n&#8217;est considéré comme mineur, ou comme acquis, par ce making-of qui met au premier plan des métiers d&#8217;ordinaire rejetés dans l’anonymat d’un fugace passage à l’arrière-plan d’images de tournage : artisans créateurs de marionnettes, cascadeurs, allumeurs (et extincteurs !) de feux…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-11.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3910" title="traque-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-11-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Ce document est également bon car il affirme que l’important n&#8217;est pas l’effet spécial en soi (sa complexité, sa magnificence technologique) mais la valeur ajoutée qu&#8217;il apporte au film. Il n’y a pas de honte à recourir au système D (les vérins récupérés du stock de l’atelier et bricolés pour réaliser l’accident de voiture), à des choses très simples (comme celles qu’explique le directeur de la photographie Pierre Aïm pour ses éclairages) ou mêmes à des tricheries imparfaites (à découvrir par vous-mêmes pour ne pas risquer de gâcher quoi que ce soit !), si une fois intégré à tout le reste cela donne une scène qui fonctionne. Et dans <em><strong>La traque</strong></em>, les scènes fonctionnent.</p>
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		<title>Dementia 13, de Francis Ford Coppola (USA, 1963)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/dementia-13-de-francis-ford-coppola-usa-1963-3240</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 19:49:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné indie]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Ford Coppola]]></category>
		<category><![CDATA[Navets]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
A la maison, en DVD édité par Wild Side
Quand ?
Un mardi soir, mi-juin
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Le premier vrai long-métrage de Coppola est aussi le premier plagiat massif de Psychose, très rapidement après sa sortie (trois ans à peine) et bien longtemps avant les suites « officielles » et bien plus intéressées qu’intéressantes des années 80. Comme éléments à charge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/dementia-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3241" title="dementia-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/dementia-1-355x200.jpg" alt="" width="355" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>A la maison, en DVD édité par Wild Side</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Un mardi soir, mi-juin</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Seul</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier vrai long-métrage de Coppola est aussi le premier plagiat massif de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/l%E2%80%99ancien-cinema-terrasse-par-le-nouveau-psychose-de-alfred-hitchcock-usa-1960-3163#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Psychose</strong></span></em></a>, très rapidement après sa sortie (trois ans à peine) et bien longtemps avant les suites « officielles » et bien plus intéressées qu’intéressantes des années 80. Comme éléments à charge pour soutenir cette accusation on trouve, pêle-mêle : un générique agressif dans l’image et la bande-son, un cadavre et ses affaires jetés au fond de l&#8217;eau pour les faire disparaître, une visite de la chbre d&#8217;une morte transformée en un mémorial morbide, une opposition entre des individus contemporains et une vieille demeure immense et inquiétante, un personnage de docteur dont l’unique intérêt est d&#8217;expliciter pour les spectateurs étourdis la tambouille psychologique qui sert de fond de sauce au récit, un autre personnage de jeune homme séduisant et bien sous tous rapports mais fondamentalement déséquilibré&#8230; Et puis, bien sûr, un renversement imprévu qui sectionne le scénario en deux parties n&#8217;ayant rien à voir dans leurs enjeux et dans leurs protagonistes centraux. Malheureusement, si le caractère mystérieux de la première des deux parties rend celle-ci à peu près valable, la seconde ne s&#8217;élève elle jamais, faute de temps et de moyens suffisants (<em><strong>Dementia 13</strong></em> a été tourné avec les mêmes acteurs, les mêmes décors, et ce qui restait comme budget non utilisé de <em><strong>The young racers</strong></em>, film de Roger Corman sur lequel Coppola travaillait en tant qu’assistant). Le résultat a finalement surtout une valeur historique : c’est un des premiers exemples de <em>slasher</em> fauché et peu inspiré qui tente de compenser par une fuite en avant gore. Un des premiers slashers/nanars, en somme.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/dementia-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-3242" title="dementia-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/dementia-2-355x200.jpg" alt="" width="355" height="200" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La traque, de Antoine Blossier (France, 2010)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-traque-de-antoine-blossier-france-2010-2910</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Jul 2011 15:22:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>
		<category><![CDATA[et les autres]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au Montparnos, seul cinéma parisien à projeter le film
Quand ?
Jeudi après-midi, à 15h
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Présenté à l&#8217;Étrange Festival et à Gérardmer, sorti directement mais avec succès sur le marché DVD aux USA, et distribué en France dans une combinaison de salles ridiculement réduite – un seul écran à Paris donc, et trente autres par ailleurs – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2913" title="traque-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-3-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>Au Montparnos, seul cinéma parisien à projeter le film</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Jeudi après-midi, à 15h</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Seul</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Présenté à l&#8217;Étrange Festival et à Gérardmer, sorti directement mais avec succès sur le marché DVD aux USA, et distribué en France dans une combinaison de salles ridiculement réduite – un seul écran à Paris donc, et trente autres par ailleurs – au cœur de la saison estivale, la plus dure de toutes pour qui n&#8217;est pas un blockbuster authentifié : <em><strong>La traque</strong></em> suit pas à pas le parcours de (non-)diffusion démoralisant mais typique d&#8217;un film d&#8217;horreur étranger. Sauf qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un long-métrage français, dont on aurait donc pu croire qu&#8217;il bénéficierait d&#8217;un traitement de faveur minimum dans son pays d&#8217;origine. Perdu ; et cette nouvelle étape dans l&#8217;envoi par le fond du cinéma de genre français (en début d&#8217;année <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/propriete-interdite-de-helene-angel-france-2011-1162" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Propriété interdite</strong></span></em></a> avait encore eu droit aux honneurs de salles d&#8217;importance tel le ciné-cité les Halles, même si ça n&#8217;avait pas duré) fait craindre pour ceux qui oseront encore venir par la suite.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2911" title="traque-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Le plus triste dans l&#8217;histoire est que <em><strong>La traque</strong></em> n&#8217;a vraiment pas à rougir face à ses homologues anglo-saxons, sur les terres desquels il vient exercer. Le choix de Neil Marshall comme cinéaste cité pour dire tout le bien qu&#8217;il pense du film sur l&#8217;affiche de celui-ci est très judicieux : assez loin de l&#8217;horreur à la française, volontiers cérébrale et complexe dans ses tenants et aboutissants, <em><strong>La traque </strong></em>s&#8217;inscrit en effet dans la lignée viscérale et abrupte dont <em><strong>The descent</strong></em>, le chef d&#8217;œuvre de Marshall, est un des plus récents joyaux. Antoine Blossier, le réalisateur débutant de <em><strong>La traque</strong></em>, a repris à son compte la plupart des éléments à la base de la réussite de <em><strong>The descent</strong></em> – et la bonne nouvelle est qu&#8217;il en fait un usage également percutant. Un lieu unique, vaste mais sans issue, un milieu naturel profondément inhospitalier, une poignée de personnages (six au total) mis sous pression et y réagissant de manière convulsive et animale ; et sur la forme, l&#8217;instauration d&#8217;une atmosphère crépusculaire, aux confins de l&#8217;inhumain. Les dialogues sont réduits au plus strict nécessaire à la bonne exposition et progression du récit, laissant les bruits stridents et tonitruants en tous genres saturer l&#8217;espace sonore. De même, la faculté de vision des personnages et du spectateur est rapidement enrayée par la densité de la forêt puis par la tombée de la nuit, et il ne nous parvient alors plus que des bribes d&#8217;apparitions, formant un tableau jamais complet de la situation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2912" title="traque-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/traque-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Sur l&#8217;auditif comme sur le visuel, Blossier a donc tout bon dans l&#8217;art de créer la peur. Sa mise en scène, au départ un peu hésitante (avec un léger abus de la caméra tremblotante) s&#8217;affirme elle aussi progressivement jusqu&#8217;à atteindre dans le dernier tiers un style quasi subjectif particulièrement puissant. La montée en régime du tempo de l&#8217;action, puis son maintien, sont eux aussi solides alors même que c&#8217;est le point sur lequel achoppent le plus souvent les films d&#8217;horreur. La phase d&#8217;introduction, forcément lente, ne paraît jamais vaine ou étirée inutilement ; et une fois les hostilités lancées, la notion même de temps mort est abolie. <em><strong>La traque</strong></em> passe d&#8217;un <em>climax</em> au suivant sans attendre, et trouve à chaque fois un moyen – qui ne recourt pas à une quelconque forme de triche vis-à-vis du public, c&#8217;est important de le préciser – de rendre le nouveau palier plus virulent, plus sanglant, plus terrifiant que tout ce qui a précédé. À part la conclusion qui aurait mérité d&#8217;être mieux définie (mais la voie sèche choisie par Blossier vaut mieux que les interminables diarrhées verbales auxquelles on a trop souvent droit), on trouve bien peu de choses à reprocher au scénario. Y compris dans ses fondations, où une juste dose de <em><strong>Isolation</strong></em>, autre perle horrifique britannique récente, est mélangée à la formule de <em><strong>The descent</strong></em> : le danger mortel immédiat que présentent les créatures à affronter est redoublé par un péril à plus long terme, d&#8217;origine humaine, qui permet d&#8217;ouvrir l&#8217;horizon du film à la fois vers le passé et l&#8217;avenir. Pour toutes ces bonnes raisons, en ces lendemains de fête nationale, faites une bonne action patriotique : allez voir <em><strong>La traque</strong></em>.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Bedevilled (Blood island), de Jang Cheol-soo (Corée, 2010)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/bedevilled-blood-island-de-jang-cheol-soo-coree-2010-2034</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/bedevilled-blood-island-de-jang-cheol-soo-coree-2010-2034#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 May 2011 09:03:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extrême-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Slashers !!]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
A la maison, en DVD zone 2
Quand ?
Vendredi soir
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Aujourd’hui dans le cinéma, avec un prix au festival du film fantastique de Gérardmer et une pleine poignée de sélections et récompenses par ailleurs, t’as plus rien. En tout cas, certainement pas l’assurance d’une distribution en salles. Après Moon l’an dernier, c’est au tour de Bedevilled [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a rel="attachment wp-att-2040" href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?attachment_id=2040"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2040" title="bedevilled-5" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/bedevilled-5-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>A la maison, en DVD zone 2</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Vendredi soir</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Seul</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui dans le cinéma, avec un prix au festival du film fantastique de Gérardmer et une pleine poignée de sélections et récompenses par ailleurs, t’as plus rien. En tout cas, certainement pas l’assurance d’une distribution en salles. Après <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?p=670" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Moon</strong></span></em></a> l’an dernier, c’est au tour de <em><strong>Bedevilled</strong></em> de subir la disgrâce d’un aiguillage direct vers les rayonnages de DVD. <em><strong>Bedevilled</strong></em> a pourtant remporté le Grand Prix à Gérardmer, et avant cela était passé par la Semaine de la Critique cannoise en 2010, où il avait été remarqué et apprécié. Mais la loi du marché est intraitable. Les <em>slashers</em> (hors grosses machines hollywoodiennes), ça marche plus que moyennement ; les films coréens, idem. Alors vous imaginez, un <em>slasher</em> coréen… Il y en a qui se croient vraiment tout permis. En plus, <em><strong>Bedevilled</strong></em> est de ces <em>slashers</em> réfléchis, qui ne recherchent ni une complicité émancipatrice avec le spectateur ni un accomplissement visuel dans la mise en scène de la violence. Le déferlement de celle-ci sur le film intervient tardivement, presque à contrecœur, en réponse à l’impossibilité définitive de trouver une autre issue. C’est une violence amère, sombre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-2038" href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?attachment_id=2038"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2038" title="bedevilled-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/bedevilled-3-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>S’embarrassant visiblement assez peu de respecter cette identité que possède le film, le distributeur l’a affublé d’une jaquette sensationnaliste et rebaptisé d’un titre navrant de nanar américain. Les quelques uns d’entre vous qui comme moi guettiez la sortie au cinéma de <em><strong>Bedevilled</strong></em>, il vous faut donc en réalité aller chercher <em><strong>Blood island</strong></em> dans une boutique de DVD. Ce premier long-métrage (d’un ancien assistant de Kim Ki-duk) mérite assurément que l’on se donne un tel mal pour le voir – même s’il s’égare sur une mauvaise piste vers la fin. Avant cela, pendant longtemps la maîtrise, les bonnes idées, l’énergie, l’intelligence dans la composition des personnages et les bouleversements du récit sont totales. Le scénario ne progresse jamais plus de dix minutes en ligne droite avant de nous embarquer sans prévenir sur une toute autre voie. Il démarre à Séoul, au cœur de la vie grouillante, stressante, dangereuse parfois de la capitale ; mais une fois son héroïne Hae-won mise à pied à son travail après un <em>burnout</em> sévère, il bifurque en direction d’une île quasiment coupée du monde et de la modernité, où Hae-won venait en vacances chez son grand-père quand elle était enfant mais où elle n’a plus mis les pieds depuis quinze ans. Elle y retrouve Bok-nam, son amie d’alors qui elle n’a pas eu l’opportunité de partir et est désormais une des neuf derniers habitants de l’endroit.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-2041" href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?attachment_id=2041"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2041" title="bedevilled-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/bedevilled-21-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>L’île est le contraire d’un paradis perdu. Les maux éprouvés lors du prologue urbain – avilissement causé par le travail, domination masculine avec son expression extrême qu’est le viol, pression du groupe visant à maintenir l’ordre établi et à étrangler les initiatives individuelles – s’y expriment tous, et sous une forme plus virulente encore. A Séoul, les garde-fous et lois mis en place par la société ne sont peut-être qu’un vernis un peu hypocrite, mais qui impose au moins un minimum de retenue. Par exemple les policiers ne peuvent empêcher pas les criminels que Hae-won a vus à l’œuvre de menacer celle-ci, mais leur présence évite une agression physique. Sur l’île, la loi du plus fort règne sans partage, sans voix dissonante dans les parages. <em><strong>Bedevilled</strong></em> fait évidemment penser à la référence du genre qu’est <em><strong>Délivrance</strong></em>, dans sa déclinaison méthodique du fonctionnement d’une structure humaine fondée uniquement sur la sauvagerie. Pendant une grande part du film, les codes qui régissent la vie sur l’île restent inébranlables, et ce quelle que soit l’ignominie et la brutalité des actes commis. Ceux-ci vont en s’empirant, couvrant un à un les tabous humains les plus éprouvants sans que se développe en face une alternative, l’espoir d’une échappatoire. Si ce terrifiant cauchemar éveillé donne lieu à un film puissant et non à une purge sordide et gratuitement provocatrice, c’est grâce à la faculté du réalisateur Jang Cheol-soo à tourner à son avantage ces deux aspects potentiellement rebutants, l’inertie narrative et le profond dérèglement moral. Ce second point est traité par la distance que Jang parvient à instaurer vis-à-vis des personnages, dont aucun n’est tout à fait innocent même si tous ne sont pas également coupables. Sans filtre manichéen pour détacher nettement les victimes des bourreaux, mais porté par la froide neutralité de son point de vue, <em><strong>Bedevilled</strong></em> prend une ampleur bien plus vaste. Son regard s&#8217;applique à l’espèce humaine, observée avec un fatalisme d&#8217;autant plus percutant qu&#8217;il n&#8217;use d&#8217;aucun raccourci facile pour déplacer les protagonistes et cristalliser les conflits.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-2036" href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?attachment_id=2036"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2036" title="bedevilled-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/bedevilled-1-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Quant au caractère relativement figé de l&#8217;intrigue, jusqu&#8217;à son explosion sous forme de bain de sang s&#8217;entend, il est sans gravité car Jang introduit de la fiction en quantité par une autre voie, celle de la mise en scène. Celle-ci ne se départit jamais d&#8217;une dureté chirurgicale dans ses cadres coupés au cordeau, tout en abondant en ruptures de ton si tranchantes que leur effet est à la fois immédiat et durable. La brusque transition entre Séoul et l&#8217;île, la différence de teint de peau entre la citadine Hae-won (blafarde) et les insulaires (ambrés), le contraste lumineux extrême entre les scènes diurnes et nocturnes, sont autant de choses qui contribuent à faire de <em><strong>Bedevilled</strong></em> un conte fantasmagorique moderne, situé aux confins de la réalité. Le talent filmique de Jang s&#8217;exprime aussi de manière plus localisée, lors de séquences à suspense rendues irrespirables par sa maîtrise du découpage et de l&#8217;étirement du temps dans ces moments de forte tension. Le film peut alors se passer presque entièrement de dialogues, ayant pour lui le langage des images et du montage dans son expression la plus souveraine. Le point d&#8217;orgue de cette démonstration de force cinématographique est le déchaînement implacable et sanguinaire des représailles d&#8217;une des deux héroïnes après toutes ces années d&#8217;avilissement. Dix minutes de <em>slasher</em> intégral qui sont aussi dix minutes de cinéma magistral (car trouvant, une fois de plus, la distance idéale par rapport à son sujet) et dix minutes au plus profond du plus effroyable des enfers.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-2039" href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/?attachment_id=2039"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2039" title="bedevilled-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/bedevilled-4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Les regrets affluent en masse une fois ce <em>climax</em> passé. Car pour conclure son histoire Jang s&#8217;engage alors de façon exclusive sur la voie de la violence graphique ; ce qui a pour double effet néfaste d&#8217;affaiblir cette violence – dont l&#8217;assise est de plus en plus fragile, et qui finit par flirter avec le grand-guignol – et de mettre un terme précipité aux autres pistes abordées par ailleurs. L&#8217;étude psychologique des personnages s&#8217;en trouve tronquée alors qu&#8217;elle était pleine de promesses. Et <em><strong>Bedevilled</strong></em> nous laisse contre toute attente sur notre faim, après avoir réalisé un quasi sans-faute pendant si longtemps.</p>
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