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	<title>Ciné partout tout le temps &#187; Christopher Nolan</title>
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	<description>Du cinéma absolument tout le temps et presque partout</description>
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		<title>Interstellar, de Christopher Nolan (USA, 2014)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/interstellar-de-christopher-nolan-usa-2014-7801</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Nov 2014 21:05:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur et SF]]></category>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au Max Linder Panorama, en 35mm (le format de tournage du film, réalisé sur pellicule et non en numérique)
Quand ?
Mardi matin férié, à 11h
Avec qui ?
MonFrère, mes parents, et mon compère de cinémathèque
Et alors ?
Christopher Nolan est un grand malade. Il souffre d’une obsession pathologique de la maîtrise ; d’un rejet pathologique de l’inexpliqué, du fait magique. Il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7803" title="stellar-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-2.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au Max Linder Panorama, en 35mm (le format de tournage du film, réalisé sur pellicule et non en numérique)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mardi matin férié, à 11h</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">MonFrère, mes parents, et mon compère de cinémathèque</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Christopher Nolan est un grand malade. Il souffre d’une obsession pathologique de la maîtrise ; d’un rejet pathologique de l’inexpliqué, du fait magique. Il est la version réelle et encore plus radicale du personnage de Colin Firth dans <em><strong>Magic in the moolight</strong></em>, le dernier film de Woody Allen sorti en même temps que <em><strong>Interstellar</strong></em>. Nolan est tout à fait conscient de son état : il a consacré un film entier, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/leprestigedechristophernolanusa2006-186" target="_self"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Le prestige</strong></em></span></a> (peut-être bien son plus beau), à son examen détaillé et honnête via le duel entre deux prestidigitateurs – profession également retenue par Allen pour sa démonstration dans <em><strong>Magic in the moolight</strong></em>. Puis, dans son film suivant, le fameux <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thedarkknightdechristophernolanusa2008-185" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Dark knight</strong></span></em></a>, Nolan a intégré l’antidote à son mal : le Joker, générateur spontané et incontrôlable de chaos. Mais ce même<em><strong> Dark knight</strong></em> a ouvert à Nolan les portes d’une prison dorée, dans laquelle il est retenu depuis. Le cinéaste a tous les droits et tous les pouvoirs à Hollywood, toutes les portes lui sont ouvertes et toutes les bourses déliées. Plus rien ne restreint l’expression de sa mégalomanie. Il peut se perdre dans l’édification de cathédrales démesurées, à la gloire de sa foi en un contrôle et une rationalité parfaits, gagnant jusqu’à l’achèvement de la mythologie de Batman (<a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/the-dark-knight-rises-de-christopher-nolan-usa-2012-4812" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>The dark knight rises</strong></span></em></a>, où tout ce que le Joker avait créé comme désordre est purgé), aux rêves (<a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/inceptiondechristophernolanusa2010-765" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Inception</strong></span></em></a>) et aux trous noirs (<em><strong>Interstellar</strong></em>).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7804" title="stellar-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-3.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>Les trois films sont écrasants, en termes de durée, de style, de narration. Nolan en est peut-être devenu lui-même conscient, car son nouveau long-métrage le montre désireux de changer le cap du paquebot monumental dont il est le capitaine. <em><strong>Interstellar</strong></em> est moins cadenassé que <em><strong>Inception</strong></em> – mais il est finalement toujours fermé sur lui-même. La volonté nette de Nolan d’ouvrir son cinéma à de nouveaux horizons, inhabituels pour lui, est en effet contrebalancée par son obstination à construire des récits-bouclés-avec-au-bout-la-résolution-d’une-énigme-car-voyez-vous-tout-a-une-explication-logique. Y compris la présence de trous noirs, ce qui donne une idée de l’orgueil du cinéaste et du fanatisme de son refus de la « suspension d’incrédulité », cette convention aussi vieille que le cinéma selon laquelle le spectateur est capable d’accepter l’irréalité de certaines choses qui lui sont montrées à l’écran. (Un exemple parmi des milliers : les kilomètres de rails sous la montagne de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/indiana-jones-et-le-temple-maudit-de-steven-spielberg-usa-1984-3931" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Indiana Jones et le temple maudit</strong></span></em></a>, qui permettent la séquence de la poursuite en wagonnets. Nolan, lui, nous montrerait la pose des rails, et les réunions des contremaîtres en justifiant le circuit).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette hypertrophie des connexions cartésiennes du cerveau est la marque de fabrique de Nolan. C’est aussi son boulet, car dans <em><strong>Interstellar</strong></em> le mystère s’évente très vite, sous l’effet combiné des indices peu discrets posés dans le film et des antécédents du réalisateur, qui nous font nous douter de quelque chose. On sait comment il fonctionne, on anticipe ses coups potentiels. Une ligne de fracture traverse du coup <em><strong>Interstellar</strong></em>, entre les moments où il se lance à l’aventure et quasiment toute la section médiane du récit, bridée, gâchée presque, par ce non-enjeu de la quête d’une explication (pourquoi ces trous noirs ?) qui ne fait guère de doute, et qui n’est pas beaucoup plus qu’un détail au regard de l’objectif d’ensemble. Ce détail détourne et consume, pour rien, une part non négligeable des ressources du film. Après le passage dans le trou de ver (qui relie deux galaxies en tordant l’espace-temps) et jusqu’au saut dans le trou noir (qui absorbe toute information, toute matière), les personnages deviennent tristement utilitaires, leurs péripéties une laborieuse succession d’étapes obligées pour refermer la boucle voulue par Nolan.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7802" title="stellar-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/stellar-1.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>L’exploration est mise en stand-by. Deux décisions de scénario sont symptomatiques de cette aspiration à rester en terrain connu : on ne suivra pas l’un des membres de la mission (Brand / Anne Hathaway) lorsqu’elle part vers la dernière planète, sur laquelle l’humanité s’établira peut-être. On reste avec Cooper / Matthew McConaughey, qui passe derrière l’horizon des événements du trou noir… ou plutôt qui rebondit dessus, puisqu’au lieu de faire le grand saut dans l’inconnu façon <em><strong>2001</strong></em> il revient sur ses pas, vers son foyer, vers lui-même. Cette force de rappel qui contrarie<em><strong> Interstellar</strong></em> est frustrante, car le film a beaucoup à offrir. Même sa partie « sacrifiée » comporte de stupéfiants éclairs de cinéma – visions de nouvelles planètes, révélations des visages de nouveaux personnages, ici une longue séquence en montage alterné entre deux galaxies, là une ellipse sur vingt-trois ans et le rattrapage en accéléré de ce qui a eu lieu dans l’intervalle. Dans ces moments Nolan se laisse aller à quelque chose de feuilletonnesque, d’un peu fou, hors normes ; l’émotion, l’excitation fendent alors temporairement l’armure. C’est encore plus le cas aux deux extrémités de <em><strong>Interstellar</strong></em>, quand rien ne trouble la marche en avant de l’histoire. L’exposition et l’ouverture finale du film sont très belles, parce que très simples, sans superflu.</p>
<p style="text-align: justify;">Nolan tire dans les deux cas le fil d’une idée forte : l’humanité demain sur une Terre surexploitée, à bout, puis l’humanité après-demain, dans l’espace, faisant face à de nouveaux défis, de nouvelles capacités, de nouveaux étonnements (le « paradoxe des jumeaux », vécu par Cooper vis-à-vis de sa descendance proche et lointaine). Cette dernière partie voit Nolan faire preuve d’optimisme pour la première fois de sa carrière, en laissant à ses personnages un avenir au-delà du film qui ne soit pas condamné, mais bien porteur d’espoir. Avant cela, d’autres sentiments inédits chez le réalisateur s’étaient insérés dans <em><strong>Interstellar</strong></em> : de l’humour avec le robot TARS, du romantisme avec la relation entre Cooper et sa fille Murphy, une localisation dans de grands espaces ruraux en rupture avec le cinéma traditionnellement urbain de Nolan. Devant le premier acte du film, aux champs de maïs à perte de vue, aux effrayantes et prodigieuses tempêtes de poussière, aux bases secrètes tapies au fin fond de la campagne, on se croit plutôt chez Shyamalan (<em><strong>Signes</strong></em>, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/forwhoevermightremainwhenitisoverphenomenesredem-nightshyamalanetdiaryofthedeaddegeorgeromero-689" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Phénomènes</strong></span></em></a>) ou Spielberg (<em><strong>Rencontres du 3è type</strong></em>). Des cinéastes qui s’intéressent moins à l’autopsie d’un mystère qu’au déploiement de ses potentialités narratives et émotionnelles. Spielberg, d’ailleurs, était initialement le réalisateur prévu pour <em><strong>Interstellar</strong></em>. Et lui n’avait pas l’intention de dérouter son film pour légitimer le pourquoi et le comment des trous noirs, comme on peut le lire <a href="http://www.slashfilm.com/interstellar-script-differences/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">ici</span></a>.</p>
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		<title>The dark knight rises, de Christopher Nolan (USA, 2012)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/the-dark-knight-rises-de-christopher-nolan-usa-2012-4812</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jul 2012 20:16:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[Navets]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
A l’UGC Normandie
Quand ?
Mardi soir, à 21h30
Avec qui ?
MonFrère
Et alors ?
[Warning, spoilers ahead]
« You either die a hero, or live long enough to see yourself become the villain ». Par la magie malveillante des nécessités commerciales d’Hollywood, le Batman de Christopher Nolan aura finalement connu les deux destins mis en opposition par cette réplique qui était au cœur de The [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4816" title="rises-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-4.jpg" alt="" width="384" height="304" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A l’UGC Normandie</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mardi soir, à 21h30</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">MonFrère</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>[Warning, spoilers ahead]</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« You either die a hero, or live long enough to see yourself become the villain »</em>. Par la magie malveillante des nécessités commerciales d’Hollywood, le Batman de Christopher Nolan aura finalement connu les deux destins mis en opposition par cette réplique qui était au cœur de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thedarkknightdechristophernolanusa2008-185" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>The dark knight</strong></span></em></a>. Le dénouement de ce dernier le faisait mourir symboliquement, en le condamnant à devenir un paria aux yeux du monde car la cause qu’il défendait exigeait un tel sacrifice de sa part. À l’époque, face à cette scène d’une noirceur exceptionnellement définitive pour un film de ce calibre, l’hypothèse d’une suite apportée aux aventures du Chevalier Noir paraissait tout sauf viable. La loi du marché en a décidé autrement, et voilà Batman ressuscité avec comme prétexte l’arrivée dans le quartier d’une nouvelle racaille mégalomaniaque, le molosse masqué Bane, et comme mandat véritable la réalisation du même carton au box-office que son prédécesseur.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4813" title="rises-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-1-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Il est envisageable que cette mission soit à l’origine du premier des deux gros accrocs de <em><strong>The dark knight rises</strong></em> – son absence presque totale de prise de risque. Personne n’aurait pu prévoir le succès colossal du précédent volet, à commencer par Nolan lui-même qui avait fait son film les coudées franches, l’esprit libre de toute arrière-pensée, uniquement concentré sur l’aboutissement de l’histoire qu’il avait en tête. Propulsé sans l’avoir ambitionné dans la minuscule liste des rois de l’<em>entertainment</em>, des réalisateurs de blockbusters ultra-rentables, il se voit contraint de réitérer un coup qui n’a rien de rééditable. D’ailleurs, une part du film est passée à louvoyer avec cette attente écrasante et les lourdes responsabilités qu’elle implique. Hormis dans la grande distribution de mandales finale, Nolan cherche constamment des solutions pour faire de Batman / Bruce Wayne un second rôle de son propre film, un spectre qui en parcourt les marges car il n’a plus sa place en son centre. Il n’est pas le seul à se voir déclassé de la sorte, d’autres piliers de longue date de l’intrigue – Alfred, Gordon – sont eux aussi intentionnellement mis sur la touche. Nolan regarde ouvertement ailleurs, comme si dans son esprit il tournait non pas une conclusion mais déjà un épisode de transition ou un <em>reboot</em>. Pour cette raison, et même s&#8217;ils semblent déjà  dans un autre film, plus jeune, plus cool, les petits nouveaux joués par Joseph Gordon-Levitt et Anne Hathaway sont ce qu’il y a de mieux à l&#8217;écran…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-6.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4818" title="rises-6" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-6-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>…mais ils souffrent autant que le reste des carences considérables du scénario. Car pour remplir son obligation de résultat, c&#8217;est sans scrupule (ou sous le coup de l&#8217;affolement) que Nolan s’en est remis aux recettes les plus piteuses. Les deux premiers films carburaient à un mélange excellent fait de surprises et de suspense ? <em><strong>The dark knight rises</strong></em> le bazarde et à la place se remplit à ras-bord de la piquette du hard discount des films d’action, où trous béants dans la narration – à retrouver <a href="http://www.madmoizelle.com/the-dark-knight-rises-incoherences-116910#.UA_exiHpcfs.twitter" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">ici</span></a> – et clichés de bas étage (le plan faussement machiavélique et réellement con, la bombe nucléaire qui tombe entre les mauvaises mains, le monologue du méchant qui laisse au gentil le temps de se refaire, le compte à rebours qui accélère ou ralentit, ce genre de chose) s’accumulent jusqu’à l’indigestion. L’image de marque de la série, qui reposait sur son ancrage dans une réalité sérieuse et son peu de goût pour les ficelles <em>cheap</em>, s’en trouve passablement abîmée.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4815" title="rises-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-3.jpg" alt="" width="384" height="272" /></a>Plus généralement, cela fait mal au cœur de voir que la suite de <em><strong>The dark knight </strong></em> n’est par bien des aspects – ses scènes d’action sans génie, ses personnages sans envergure, ses enjeux quelconques – qu’un blockbuster bourrin et sommaire comme les autres ; comme <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/the-avengers-de-joss-whedon-usa-2012-4405#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Avengers</strong></span></em></a>. La comparaison ne vient pas de nulle part. Les deux films phares de l’été partagent un état d’esprit (manichéen, avec les bons contre les méchants ; le Joker qui brouillait les lignes est de l’histoire ancienne), un contexte (la menace vient de l’étranger), une propension au surarmement et, de bien triste manière, un dernier acte globalement identique. Un boulevard tracé par le même bulldozer, avec bataille rangée dans Manhattan, destruction massive de buildings, succession de sauvetages providentiels d’un héros par un autre à la dernière seconde, et <em>climax</em> consistant en un vrai-faux sacrifice d’un personnage pour écarter une arme absolue. Déjà que les sujets originaux sont en passe de devenir une espèce endémique à Hollywood, si en plus les studios concurrents mettent en commun leur photocopieuse à scripts, l’imagination s&#8217;y conjuguera bientôt définitivement au passé.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-5.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4817" title="rises-5" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-5-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>L’autre sérieuse désillusion touche le propos de fond du film, ou plutôt son absence. La promesse faite d’une tempête révolutionnaire renversant le système capitaliste, de la même manière que le Joker saccageait son pendant sécuritaire, n’était que du vent. Le thème est à peine plus traité dans le film pris dans son intégralité que dans sa <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/%E2%80%A6-2012-rises-3803#hide" target="_self"><span style="text-decoration: underline;">bande-annonce</span></a>, c’est dire. Bien loin de la pensée personnelle approfondie et murie de longue date qui nourrissait <em><strong>The dark knight</strong></em>, Nolan joue cette fois les opportunistes, humant l’air du temps (la crise financière, les inégalités qui explosent et avec elles la grogne populaire plus ou moins bien orientée) et bâclant à la va-vite un ersatz de réflexion à son sujet. La révolte qui balaye la structure économique et politique de Gotham City (ville qui est devenue un décor inerte) est elle-même prestement balayée, par une longue ellipse qui nous amène directement à la contre-révolution. Ce genre d’effet choc sur le moment et toc à plus long terme est le mode d’expression privilégié de Nolan dans <em><strong>The dark knight rises</strong></em>. Un autre exemple est le <em>twist</em> brutal qu’il s’autorise pour remplacer en un claquement de doigts Bane, soudain jeté comme une vieille chaussette, par un autre méchant, jusque là inactif et dont la motivation se résume à une banale vengeance. Cela donne un film qui ne fonctionne que par l’assommage répété du spectateur<sup><a href="#sdfootnote1sym"><sup>[1]</sup></a></sup>, dans le but de nous faire oublier que la « résurrection » de Batman après <em><strong>The dark knight</strong></em> a engendré un zombie cinématographique, un produit dont le corps bouge encore mais qui a perdu son âme.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#sdfootnote1anc"></a><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4814" title="rises-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/rises-2-400x166.jpg" alt="" width="400" height="166" /></a>[1] Technique que le Joker décryptait dans <em><strong>The 	dark knight </strong></em>: <em>« The 	victim gets all fuzzy, and doesn’t understand the next question »</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>The dark knight, de Christopher Nolan (USA, 2008)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thedarkknightdechristophernolanusa2008-185</link>
		<comments>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thedarkknightdechristophernolanusa2008-185#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Jul 2012 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au Mann Theater de Santa Monica
Quand ?
Samedi matin, le lendemain de la sortie (toutes les séances de la veille au soir étaient complètes quand nous nous sommes pointés au ciné à 19h)
Avec qui ?
Ma femme, et une &#8211; petite &#8211; salle pleine de spectateurs enthousiastes qui ont applaudi à plusieurs reprises pendant le film, ainsi qu&#8217;à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><strong>Où ?</strong><br />
Au Mann Theater de Santa Monica</p>
<p><strong>Quand ?</strong><br />
Samedi matin, le lendemain de la sortie (toutes les séances de la veille au soir étaient complètes quand nous nous sommes pointés au ciné à 19h)</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong><br />
Ma femme, et une &#8211; petite &#8211; salle pleine de spectateurs enthousiastes qui ont applaudi à plusieurs reprises pendant le film, ainsi qu&#8217;à la fin. Pour info, le film a battu le record absolu de recettes pour un 1er week-end (155 millions de dollars en 3 jours), et culmine toujours à une moyenne de 9.7/10 sur <a href="http://www.imdb.com">imdb</a>, avec presque 50 000 votes</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p><strong><em>The dark knight</em></strong> est un film monstre. De mémoire d&#8217;amateur de films de super-héros, c&#8217;est le premier à ne pas annoncer dans son titre le nom de son personnage principal &#8211; Batman. C&#8217;est aussi le premier à ne pas proposer de séquence décrivant la déchéance du méchant depuis un statut d&#8217;humain normal à celui de monstruosité déchaînée (j&#8217;y reviendrai). Pour conclure cette introduction, signalons aussi que <strong><em>The dark knight</em></strong> dure 2h32, soit notablement plus que ce qui est d&#8217;ordinaire de mise pour ce genre de film.</p>
<div>
<p><img class="CtreTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/18960311.jpg" alt="" width="299" height="199" />Mais il faut alors ajouter que si <strong><em>The dark knight</em></strong> suivait les règles de ses semblables, il durerait quatre heures. <strong><em>The dark knight</em></strong> n&#8217;est pas un train confortablement placé sur des rails assurant un voyage contenant sa dose de sensations fortes mais restant tout de même très calibré. <strong><em>The dark knight</em></strong> est un déraillement de ce train, un processus inaltérable et en constante accélération d&#8217;érosion des valeurs, d&#8217;implosion des fondamentaux. Il se passe dans le film plus de péripéties, de conflits moraux, de retournements de situations que dans l&#8217;immense majorité de ses prédécesseurs et concurrents ; pour la simple et bonne raison que ni les personnages, ni les spectateurs n&#8217;ont de prise sur ces événements. Dès lors, au lieu d&#8217;assister à chaque fois à la mise en place d&#8217;un enjeu, à son exécution puis sa résolution comme cela serait le cas dans un récit classique, <strong><em>The dark knight</em></strong> ne nous montre (nous inflige ?) qu&#8217;une suite démentielle d&#8217;exécutions, jamais introduites ni conclues. Une application sans garde-fou ni retenue de l&#8217;éventualité d&#8217;un chaos absolu, tel que décrit par la tagline américaine du film : <em>Welcome to a world without rules</em>.</p>
</div>
<p style="text-align: justify;"><img class="GcheTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/200x300/1/12/92/62/images-5/18960324.jpg" alt="" width="200" height="300" />Le catalyseur de ce chaos est le personnage du Joker, connu du grand public pour<br />
l&#8217;interprétation bouffonne qu&#8217;en a donnée Jack Nicholson dans le tout premier film <strong><em>Batman</em></strong>, réalisé par Tim Burton il y a presque 20 ans. L&#8217;importance relative de cette précédente personnification et de celle effectuée dans <strong><em>The dark knight</em></strong> par feu Heath Ledger &#8211; mort d&#8217;une overdose juste après le tournage, à 29 ans &#8211; est comparable à l&#8217;écart entre une fête de village corrézien et le Nouvel An à Times Square. Avec le feu vert d&#8217;un réalisateur qui lui a de toute évidence laissé carte blanche (voir son dialogue où il se présente à la mafia de Gotham City, transformé en un phénoménal one-man-show dans une zone grise entre le grotesque, la terreur, l&#8217;exubérance et une profonde tristesse intime), Heath Ledger a composé un personnage pour lequel les qualificatifs manquent &#8211; hormis celui de génial.</p>
<p style="text-align: justify;">Ni méchant de bande dessinée (trop humain), ni méchant de théâtre miroir de nos défauts (trop inhumain) ; ni rôle de composition (trop crédible), ni personnage rendant possible une identification (trop bizarre) ; ni homme ni femme même (un travestissement dont le résultat troublant ne prête aucunement à rire), le Joker selon Ledger reste de bout en bout une énigme. La liste des mises en application de celle-ci au sein de <strong><em>The dark knight</em></strong> est longue, grâce à l&#8217;inspiration de tous les participants au film. Heath Ledger lui-même bien sûr (on passe le film à ne pas le reconnaître sans pour autant sentir que l&#8217;on est face à un acteur délibérément surmaquillé ; et sa trouvaille du tic de passer sa langue sur les cicatrices qui ouvrent ses joues depuis la commissure de ses lèvres en un geste mi-sensuel mi-repoussant est un coup de maître) ; mais aussi la costumière Lindy Hemming, qui a terni à dessein la couleur pourpre du costume du Joker ; Christopher Nolan en tant que scénariste, qui ne donne jamais de réponse quant à la genèse du personnage (est-il né défiguré et déséquilibré ? est-il une victime ? s&#8217;est-il délibérément auto-mutilé ? qu&#8217;es-ce qui serait le pire ?) ; et Christopher Nolan metteur en scène, qui fait finalement apparaître assez peu le Joker à l&#8217;écran par rapport à sa prédominance sur le destin de tous les autres protagonistes.</p>
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<p><img class="CtreTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/18960314.jpg" alt="" width="299" height="199" />Tel un Dieu omniscient et immatériel, le Joker vient en effet introduire chaque nouvelle séquence « de jeu » &#8211; un homme important de la ville va être exécuté ; un hôpital va être détruit ; et ainsi de suite&#8230; &#8211; avant de laisser agir l&#8217;affolement, la panique, la méfiance et la haine. Après trois premiers quarts d&#8217;heure trop tranquilles qui voient Batman gagner la bataille contre la mafia avec une complicité avec ses alliés, une débauche de gadgets et d&#8217;astuces souriantes et un flegme énervants à force de perfection, la chute dans la terreur et l&#8217;imprévu est brutale. Les cadavres s&#8217;empilent, la mort frappant indifféremment rôles anonymes et importants, la destruction s&#8217;étend, la gangrène du mal envahit tout le monde. D&#8217;une rare intelligence, qui n&#8217;a d&#8217;égale que sa cruauté, le scénario de <strong><em>The dark knight</em></strong> divise les personnages en deux catégories. Face aux nouvelles règles mises en place du jour au lendemain par le Joker, ceux qui n&#8217;ont qu&#8217;une seule facette et sont incapables de s&#8217;adapter en subissent les conséquences tragiques ; ceux qui sont multiples (Batman, le procureur intègre Harvey Dent) voient leur côté obscur prendre irrésistiblement le dessus, jusqu&#8217;à devenir tous deux aussi mauvais que le Joker lui-même. Le destin tragique qui attend Dent ne surprendra pas les fans du <em>comic book</em>. Celui du héros chauve-souris confirme les doutes émis dès l&#8217;ouverture du récit quant à ses méthodes et à la manière dont il échappe à tout contrôle extérieur ; rien ne prémunit donc Gotham City contre un retournement brutal de sa loyauté et de son intégrité&#8230;</p>
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<p><img class="CtreTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/18955156.jpg" alt="" width="299" height="199" />Le cas de Batman n&#8217;est qu&#8217;un exemple parmi d&#8217;autres du constat terrible qui sert de fondement au film : dans sa bataille perpétuelle avec le Bien, le Mal l&#8217;emporte toujours. Parce que l&#8217;on ne fait jamais le Bien malgré soi, mais que c&#8217;est souvent le cas pour le Mal. Non pas par une volonté consciente des gens, mais par la vitesse de propagation du Mal et par l&#8217;étendue de ses effets et des efforts à fournir pour les compenser positivement. Les deux dernières séquences &#8211; qui font par ailleurs éclater pour de bon toute logique scénaristique classique &#8211; ont pour seul but d&#8217;en faire la démonstration. Tout d&#8217;abord par un cas d&#8217;étude socio-politique au suspense saisissant et qui mêle avec brio les débats conflictuels de la rétention illimitée des criminels contre leur réinsertion et de la démocratie totale contre l&#8217;émergence d&#8217;une élite éclairée ; puis par un épilogue qui nous frappe de plein fouet par sa concision, son énergie désespérée, son absence de résolution des conflits ouverts et son pessimisme sans détour quant aux sacrifices que doit accepter de subir Batman, passé de « chevalier blanc » à « dark knight » pour obtenir une victoire &#8211; toute temporaire &#8211; sur le Joker.</p>
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<p><img class="CtreTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/18960313.jpg" alt="" width="299" height="199" />Trois ans après avoir remis sur pied la franchise avec un très honorable <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/batman-begins-de-christopher-nolan-usa-2005-4790" target="_self"><strong><em>Batman begins</em></strong></a>, Nolan en rend donc toute pérennisation impossible en apportant une fin violente à tous ses arcs scénaristiques &#8211; il n&#8217;y a qu&#8217;à voir ce qui est fait du personnage d&#8217;Harvey Dent / Double Face, intégralement (et parfaitement) exploité en une heure là où un réalisateur moins scrupuleux l&#8217;aurait gardé pour un troisième volet. Mais cette conclusion définitive et nihiliste, Nolan nous l&#8217;apporte enrobée d&#8217;un emballage somptueux, comme une dernière soirée grandiose et insurpassable avant l&#8217;apocalypse. La lumière est somptueusement crépusculaire, la mise en scène est débordante d&#8217;idées (les scènes de braquages ou d&#8217;attentats, filmées avec l&#8217;ardeur et le réalisme des polars des années 70), le montage tient un rythme infernal cent cinquante minutes durant (avec pour point d&#8217;orgue un triple montage alterné de folie lorsque le Joker cible trois victimes potentielles en même temps), et les scènes d&#8217;action sont un modèle de démesure sachant faire bon usage des moyens illimités mis à disposition.</p>
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<p><img class="CtreTexte aligncenter" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/18960317.jpg" alt="" width="299" height="199" />Après cet aparté sur les qualités de blockbuster de <strong><em>The dark knight</em></strong>, revenons sur ce que le film dit en profondeur, et sur comment il se place dans l&#8217;instant charnière traversé aujourd&#8217;hui par le cinéma américain &#8211; et toute la société de ce pays avec lui. Depuis bientôt un an, on assiste à un déferlement de longs-métrages (<strong><em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15966097.html">I</a><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15966097.html">nto the wild</a></em></strong>, <strong><em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-16623347.html">No country for old men</a></em></strong>, <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-16126700.html"><strong><em>Cloverfield</em></strong></a>, <strong><em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-21122973.html">Phénomènes</a></em></strong>, <strong><em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-14956424.html">Je suis une légende</a></em></strong>, <em><strong><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-19380626.html">Iron man</a></strong></em>, <strong><em>Hancock</em></strong>, <strong><em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-19832565.html">Indiana Jones 4</a></em></strong>&#8230;) prenant acte sous des formes diverses de la mise à mal des valeurs véhiculées par les USA depuis soixante ans, et du chaos qui s&#8217;entrouvre sous nos pieds, avec ses symptômes que sont le fanatisme religieux, la pénurie de pétrôle, le réchauffement climatique ou l&#8217;excès de l&#8217;impérialisme triomphant en Irak. La rupture fondamentale concerne ce que ces films font de ce constat. Une partie (les quatre derniers cités, entre autres) choisit une tactique réactionnaire, stérile, qui consiste à rejeter en bloc les répercussions profondes de ces maux et à se replier sur des systèmes de pensée obsolètes et extrémistes dans leur aveuglément. Les autres, plus réalistes et plus courageux, ne proposent pas d&#8217;issue illusoire mais déroulent le fil du scénario catastrophe sans détourner les yeux. De tous ces oracles pessimistes, <strong><em>The dark knight</em></strong> est à ce jour celui qui nous approche le plus près de la réalité du gouffre et de son caractère imminent. Qui aurait cru ça du blockbuster phare de l&#8217;été ?</p>
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		<title>Batman begins, de Christopher Nolan (USA, 2005)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/batman-begins-de-christopher-nolan-usa-2005-4790</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jul 2012 23:14:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbusters déviants]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
A la maison, en DVD
Quand ?
Mardi soir
Avec qui ?
MaBinôme
Et alors ?
La décision de confier à Christopher Nolan le reboot de la franchise Batman, laissée dans un état de mort clinique après son double viol par Joel Schumacher (Batman forever, Batman &#38; Robin), si elle a aujourd’hui tout du coup de maître, reste une énigme. A l’époque, du haut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4794" title="begins-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-4-354x200.jpg" alt="" width="354" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A la maison, en DVD</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mardi soir</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">MaBinôme</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La décision de confier à Christopher Nolan le <em>reboot</em> de la franchise Batman, laissée dans un état de mort clinique après son double viol par Joel Schumacher (<em><strong>Batman forever</strong></em>, <em><strong>Batman &amp; Robin</strong></em>), si elle a aujourd’hui tout du coup de maître, reste une énigme. A l’époque, du haut de ses 34 ans le réalisateur anglais n’avait en effet à son actif que deux thrillers cérébraux fauchés, <em><strong>Follower</strong></em> et <em><strong>Memento</strong></em>, et un troisième, plus fortuné mais tout aussi rugueux – le remake réussi du film norvégien<em><strong> Insomnia</strong></em>, valant ticket d’entrée validé pour Hollywood. Soit les pontes de la Warner qui ont fait appel à Nolan (qui venait d’abandonner un projet de <em>biopic</em> d’Howard Hughes) sur ces bases étaient audacieux et de bon goût – on peut rêver –, soit ils misaient tout sur l’étoile montante choisie pour revêtir le costume du justicier, Christian Bale. Résultat, malgré son incapacité notoire, et toujours pas corrigée, à mettre en boîte une scène d’action lisible, Nolan est devenu avec le succès de <em><strong>Batman begins</strong></em> une figure majeure du blockbuster… d’action. Le malentendu, qui s’est ensuite perpétué avec le fantastique <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thedarkknightdechristophernolanusa2008-185" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>The dark knight</strong></span></em></a> et le raté <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/inceptiondechristophernolanusa2010-765" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Inception</strong></span></em></a>, a percé une autre voie pour cette catégorie de films, plus adulte, ambitieuse et sombre, sans vaines gesticulations ; voie que bien peu ont suivi, car elle comporte évidemment plus de risques et moins de garanties de rentabilité immédiate.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4792" title="begins-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a>Le mélange d’audace et de maturité, érigé en principe de base du scénario, est ce qui frappe le plus dans <em><strong>Batman begins</strong></em> – et garde toute sa force à chaque nouvelle vision. Sans observer le moindre round d’observation, Nolan nous lance immédiatement dans le feu de l’action, aux côtés d’un Bruce Wayne égaré physiquement et moralement dans un environnement étranger, à la beauté homérique et hostile. Cette épreuve initiatique va façonner en profondeur le devenir héroïque du personnage, autant que notre expérience de la suite du film, une fois que celui-ci aura rejoint Gotham City et la lutte de Batman contre la vermine. Même sur ces terres plus attendues, le récit reste imprégné de la volonté de nous fragiliser, nous garder dans un état d’instabilité et d’incertitude permanent. Sans aller aussi loin dans la manipulation de la narration que pour les scripts tortueux de <em><strong>Memento</strong></em> et du <em><strong>Prestige</strong></em>, Nolan reste toutefois dans ce même esprit, adapté aux exigences d’un projet visant un large public. Il gère avec beaucoup de maîtrise la balance entre les informations qu’il dévoile et celles qu’il tait, et avec une précision impressionnante le timing. Tout est minuté à la manière d’un casse conçu par un cerveau du crime, avec pour résultat un film au rythme haletant, sans la moindre baisse de régime, qui nous remue comme un otage ignorant tout de ce qui l’attend à chaque tournant.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4791" title="begins-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-1-298x200.jpg" alt="" width="298" height="200" /></a>Le syndrome de Stockholm marche à plein car pour accomplir son forfait, Nolan s’en remet à des recettes d’intrigue éprouvées, héritées de décennies de films noirs : une machination complexe, à tiroirs, des ennemis qui ne se révèlent qu’au fur et à mesure, un faisceau d’alliances et d’allégeances entre les protagonistes en évolution permanente. Comme dans tout bon film noir digne de ce nom, la ville qui couve les individus tient un rôle fondamental, à mille lieues de faire simplement tapisserie en arrière-plan. Sa géographie pilote le récit, son humeur altère le comportement des personnages, son apparence, à la fois ténébreuse et majestueuse, dense et élancée, fixe un cadre émotionnel des plus volatils. Gotham City accole en effet les contraires (la nécrose des Narrows, la morgue des voies rapides ou de la Wayne Tower) avec la même brutalité fascinante et rebutante que le New York du<em> </em><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/le-bucher-des-vanites-de-brian-de-palma-usa-1990-3337" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;">Bûcher des vanités</span></em></a> de Tom Wolfe. Dans un tel contexte, les frontières morales entre le Bien et le Mal deviennent à leur tour bien minces, les argumentaires et les solutions des uns pouvant être repris par les autres avec un minimum de modifications effectives pour un renversement idéologique maximum. L’univers clos de Gotham City est un miroir grossissant qui renvoie de notre société une image troublée, en revenant au cœur de la problématique attachée à Batman (et plus généralement à la figure du super-héros) : le pouvoir individuel et les responsabilités et restrictions qu’il implique, la ligné ténue entre justice et vengeance.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4793" title="BBFC-27" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/begins-3-400x200.jpg" alt="" width="400" height="200" /></a>Pessimiste farouche, Nolan ne dévie pas de sa ligne simplement parce qu’on lui a mis une franchise entre les mains. Son Batman est fidèle au cahier des charges : épique (soutenus par la musique de Hans Zimmer, les plans donnant des frissons sont présents en nombre) et disposant de tout son attirail de gadgets, à l’origine et au look réinventés avec verve. Mais, à l’instar des héros maudits des autres films de Nolan, il se plie au credo de celui-ci ; qui est que lorsque vos intentions, aussi bonnes soient-elles, vous poussent à des actes mauvais, il n’y a plus de retour possible. Alors le seul moyen de ne pas rester piégé pour toujours dans ces limbes moraux (<em><strong>Memento</strong></em>) est dans la mort (<em><strong>Insomnia</strong></em>, <em><strong>Le prestige</strong></em>). Ce propos sera fouillé plus radicalement dans la suite grandiose qu’est <em><strong>The dark knight</strong></em>. L’existence de ce dernier fait désormais passer <em><strong>Batman begins</strong></em> pour l’esquisse au fusain d’un tableau de maître à venir, sur cet aspect comme sur pas mal d’autres : le charisme des <em>bad guys</em> humains et monstrueux à la fois (Ra’s al Ghul et Scarecrow sont des petits joueurs comparés au Joker et à Double Face), la parabole politique, la démesure des scènes de démolition. Mais après tout, il est des esquisses qui gagnent le droit d’être elles-mêmes exposées dans les musées à côté de l’œuvre définitive.</p>
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		</item>
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		<title>Inception, de Christopher Nolan (USA, 2010)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/inceptiondechristophernolanusa2010-765</link>
		<comments>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/inceptiondechristophernolanusa2010-765#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>

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		<description><![CDATA[

    Où&#160;?
  

    Au Max Linder Panorama
  

    Quand&#160;?
  

    Vendredi soir, à 19h
  

    Avec qui&#160;?
  

    Mon amie cinéphile
  

    Et alors&#160;?
  

   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</p>
<p>
    <strong><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-14/inception-6.jpg" class="CtreTexte" alt="inception-6" width="300" height="199"/>Où&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Au Max Linder Panorama
  </p>
<p>
    <strong>Quand&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Vendredi soir, à 19h
  </p>
<p>
    <strong>Avec qui&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Mon amie cinéphile
  </p>
<p>
    <strong>Et alors&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    Quand il n’est pas en service commandé pour la Warner à réaliser des <em><strong>Batman</strong></em> qui assoient l’excellence de la franchise et remplissent les caisses du studio, Christopher<br />
    Nolan aime porter sur l’écran des tours de passe-passe cérébraux virtuoses et déstabilisants&nbsp;: <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-22447103.html"><em><span><strong>Memento</strong></span></em></a>, <em><span><strong><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-13717340.html">Le prestige</a></strong></span></em>, <em><strong>Insomnia</strong></em> même qui est un remake mais trouve naturellement sa<br />
    place dans cette thématique. <em><strong>Inception</strong></em> est arrivé précédé de la promesse d’être <span>le</span> film cérébral ultime de son auteur,<br />
    une œuvre qui allait à la fois nous torturer les méninges et nous en mettre plein la vue – puisque suite au succès gigantesque de <em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-21393118.html"><em><span><strong>The dark knight</strong></span></em></a>, la Warner a cette fois laissé carte blanche à Nolan pour faire son numéro de prestidigitateur avec un budget<br />
    illimité plutôt qu’en catimini. Il devait certainement y avoir en bas du contrat des clauses écrites en petits caractères de nature à transformer un deal de rêve en pacte faustien, car<br />
    <em><strong>Inception</strong></em> n’est pas le film personnel à 200 millions de dollars que l’on attendait&nbsp;; c’est un <em>blockbuster</em> très cher et très clinquant comme les autres.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-14/inception-5.jpg" class="CtreTexte" alt="inception-5" width="300" height="199"/>
  </p>
<p>
    Comme c’est fréquemment le cas, les plus grands maux viennent du scénario. L’imagination, la complexité, et toute autre forme d’ambition sont absentes de celui<br />
    d’<em><strong>Inception</strong></em> – ce qui ne manque pas de surprendre de la part de Nolan, dont les scripts font habituellement partie des plus subtils et féconds du milieu hollywoodien. La<br />
    réduction à peau de chagrin des protagonistes, des enjeux et des ramifications de l’histoire d’<em><strong>Inception</strong></em> prend dès lors (peut-être à tort) des airs de censure, imposée<br />
    par le studio ou par Nolan lui-même, dans le but d’assurer l’investissement réalisé. Tout est composé et agencé pour ne perdre absolument aucun spectateur en route, par ce même mécanisme de<br />
    nivellement par le bas des ambitions et des risques qui sape la majorité de la production venant de Los Angeles. La première heure est ainsi un modèle de frustration&nbsp;: s’y déverse un flot<br />
    ininterrompu de baratin à consonance technologique par lequel les personnages s’expliquent les uns aux autres (avec en réalité comme seule finalité de s’adresser au public) comment fonctionne<br />
    leur entreprise d’intrusion dans les rêves, et quelles règles la circonscrivent. La démarche est artificielle et anti-cinématographique, elle transforme les personnages en notices parlantes et<br />
    ôte tout allant au film. <em><strong>Inception</strong></em> fait tout le contraire de ce qu’il faut faire, et que d’autres films récents traitant de mondes irréels où tout est possible<br />
    (<em><strong>Matrix</strong></em>, <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-summer-wars-de-mamoru-hosada-japon-2009-53408979.html"><em><span><strong>Summer wars</strong></span></em></a><em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em>) faisaient&nbsp;: faire vivre ces<br />
    mondes et non les expliquer. La vision de Paris se repliant sur soi-même abondamment exploitée dans la bande-annonce et l’affiche du film est une exception, une arnaque presque tant elle diffère<br />
    du reste.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-14/inception-2.jpg" class="CtreTexte" alt="inception-2" width="300" height="199"/>
  </p>
<p>
    Une fois la mission, le mode opératoire et les obstacles exposés sous toutes les coutures, <em><strong>Inception</strong></em> poursuit son programme a minima en ne parlant que de ces choses-là.<br />
    Il rajoute bien en chemin de nouvelles entraves, et de nouvelles solutions pour les surmonter, mais cela ne fait que générer de nouveaux tunnels de dialogues à n’en plus finir et ne détourne en<br />
    rien le film de sa lénifiante linéarité. Tout comme l’équipe de braqueurs de rêves ne fait que son travail, avec gravité et rigidité, <em><strong>Inception</strong></em> se contente de mener à<br />
    bon port ses très faibles enjeux de départ, sans la moindre étincelle de folie, d’imprévu. Cette indigence vaut pour le scénario – aucun <em>twist</em>, aucune révélation, aucune trahison… –<br />
    comme pour le spectacle et sa mise en scène. La quasi-totalité de l’action du film se résume à des fusillades sans fin, basiques à tous points de vue. <em><strong>Inception</strong></em> ne<br />
    projette pas le <em>blockbuster</em> dans le futur mais le ramène vingt ans en arrière, quand ceux-ci n’étaient rien de plus que des dragsters rutilants et surarmés mais incapables d’aller bien<br />
    loin ni de prendre le moindre virage. Le niveau de rêve se déroulant dans l’hôtel fait bande à part, mais le concept de se battre en apesanteur ou en marchant sur les murs et au plafond n’a quand<br />
    même rien de vraiment neuf, et une fois encore la seule véritable image forte (les corps inanimés attachés les uns aux autres en un seul «&nbsp;paquet&nbsp;» flottant dans les airs) avait été<br />
    opportunément éventée en amont de la sortie du film.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-14/inception-4.jpg" class="CtreTexte" alt="inception-4" width="300" height="199"/>
  </p>
<p>
    De toute manière, même cette séquence n’échappe pas à son lot d’explications et de commentaires qui plombent tout. Et elle souffre comme les autres du mal fondamental du film, qui expurge le<br />
    monde des songes de toute émotion, de toute illusion, de toute chimère (hormis pour en faire des gadgets qui amusent la galerie&nbsp;: le coup de l’escalier infini).<br />
    <em><strong>Inception</strong></em> est froid, pauvre, cadenassé de partout au lieu d’être ouvert et aventureux. Au milieu de cet océan de palabres et de fusillades, les quelques bonnes idées qui<br />
    apparaissent fugacement confirment que Nolan est purement et simplement passé à côté de son film rêvé. Ces idées concernent principalement le héros Cobb (DiCaprio, dans un rôle presque photocopié<br />
    de <em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-shutter-island-de-martin-scorsese-usa-2009-45887251.html"><em><span><strong>Shutter<br />
    Island</strong></span></em></a> – tares incluses). Il est de toute manière le seul personnage à ne pas être rejeté dans le décor par sa transparence, une déception de plus car parmi les seconds<br />
    couteaux Ellen Page, Joseph Gordon-Levitt ou Cillian Murphy semblaient d’attaque pour en découdre avec des rôles autrement plus complexes. Pour en revenir à Coob, le dérangement de son<br />
    subconscient par les réminiscences de son épouse disparue (elle surgit tel un virus dans un programme informatique), sa tentative de créer une prison de souvenirs précis dans laquelle l’enfermer<br />
    étaient des pistes originales, singulières, visuellement engageantes. Elles restent sous-exploitées, étouffées par le trivial récit principal. Et le vertige émotionnel et mental qui venait briser<br />
    l’écrin faussement parfait de <em><strong>Memento</strong></em> ou du <em><strong>Prestige</strong></em>, et ainsi leur donner toute leur valeur, reste dans <em><strong>Inception</strong></em><br />
    désespérément absent.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-14/inception-3.jpg" class="CtreTexte" alt="inception-3" width="300" height="199"/>
  </p>
<div class="clear center"></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Memento, de Christopher Nolan (USA, 2000)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/mementodechristophernolanusa2000-183</link>
		<comments>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/mementodechristophernolanusa2000-183#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>

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		<description><![CDATA[

    Où&#160;?
  

    A la maison, en DVD enregistré à partir d&#8217;une K7 vidéo
  

    Quand&#160;?
  

    Samedi soir
  

    Avec qui&#160;?
  

    Ma femme
  

    Et alors&#160;?
 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div></div>
<p>
    <b>Où&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    A la maison, en DVD enregistré à partir d&#8217;une K7 vidéo
  </p>
<p>
    <b>Quand&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Samedi soir
  </p>
<p>
    <b>Avec qui&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Ma femme
  </p>
<p>
    <b>Et alors&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    A posteriori, la persistance de certains thèmes dans l&#8217;œuvre de Christopher Nolan impressionne. Le réalisateur de <em><b><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-21393118.html">The dark knight</a></b></em> n&#8217;a pas attendu ce dernier film pour traiter des questions de justice et de vengeance, et pour<br />
    parasiter ses récits par l&#8217;introduction de personnages vivant par et pour le mensonge. Le tueur interprété par Robin Williams dans le remake d&#8217;<em><b>Insomnia</b></em>, le Joker du <em><b>Dark<br />
    knight</b></em>, les magiciens truqueurs du <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-13717340.html"><em><span><b>Prestige</b></span></em></a> ont tous en commun cette obsession perverse de la duperie, de l&#8217;abus de la confiance de ceux qui les écoutent pour mieux les leurrer<br />
    et les perdre. Plutôt que de les dénoncer, les scénarios de Nolan ont comme objectif d&#8217;observer avec neutralité les effets destructeurs de ces mensonges lorsque rien ne vient se mettre en travers<br />
    de leur chemin.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x194/1/12/92/62/images-5/memento-1.jpg" class="CtreTexte" width="299" height="194"/></p>
<p>
    Dans <em><b>Memento</b></em>, le 2è film de Nolan et le coup d&#8217;éclat qui l&#8217;a révélé en un éclair aux yeux de tous, cet effet est encore plus exacerbé. Il pourrait difficilement en être autrement,<br />
    avec un synopsis dont le personnage central, Leonard, est atteint du syndrome de perte de la mémoire à court terme &#8211; il oublie complètement tout ce qui lui arrive, tout ce qu&#8217;il fait, tous les<br />
    gens qu&#8217;il rencontre, quelques minutes après les faits. Malgré le système sophistiqué de tatouages, polaroïds et post-it qu&#8217;il a mis en place, Leonard se retrouve bien évidemment à la merci de la<br />
    mauvaise foi de ses interlocuteurs, prêts à faire dévier sa quête de vengeance (retrouver l&#8217;homme qui a violé et tué sa femme) pour leur profit personnel. Les fondations du récit sont donc<br />
    particulièrement sophistiquées, pour ne pas dire alambiquées&nbsp;; mais Nolan les fait fonctionner en leur adjoignant un déroulé scénaristique et une mise en scène tout aussi complexes,<br />
    permettant au film de trouver un point d&#8217;équilibre.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x224/1/12/92/62/images-5/memento-2.jpg" class="CtreTexte" width="299" height="224"/></p>
<p>
    L&#8217;histoire de <em><b>Memento</b></em> est coupée en 2&nbsp;parties, qui progressent en montage alterné tout au long du film et fusionnent dans la séquence finale. Une partie racontée<br />
    chronologiquement, filmée en noir et blanc&nbsp;; et l&#8217;autre en couleurs, mais qui se déroule à rebours, chaque scène précédant dans le temps celle que l&#8217;on vient de voir. Soutenue par un montage<br />
    nerveux et par des acteurs en permanence sur la corde raide, l&#8217;excitation ludique de ce dispositif est évidente, qui force le spectateur à rester aux aguets et à construire lui-même le fil<br />
    logique du récit plutôt qu&#8217;à laisser nourrir passivement son temps de cerveau disponible. Elle se double d&#8217;une étude de caractères étonnamment convaincante par rapport à sa construction en<br />
    pointillés&nbsp;: Leonard et ses 2 soutiens &#8211; et menteurs potentiels &#8211; forment un trio captivant, au sein duquel les loyautés se brisent et se reforment en permanence, et dont les enjeux se<br />
    cristallisent autour du problème de la justice rendue par et pour soi-même. Comme cela s&#8217;est répété sans cesse chez Nolan depuis, <em><b>Memento</b></em> a pour point névralgique cet instant -<br />
    dont les conséquences tragiques sont exacerbées à l&#8217;extrême &#8211; où l&#8217;idéal trompeur de justice individuelle et efficace se dévoile pour ce qu&#8217;il est réellement&nbsp;: un désir impulsif et brutal de<br />
    vengeance, et surtout l&#8217;étincelle d&#8217;un cycle de violence aveugle au déclin incertain. Grâce à cette profondeur soudaine, le final de <em><b>Memento</b></em> est bien plus qu&#8217;un banal et éphémère<br />
    coup de théâtre&nbsp;; il maintient le film vivace en nous longtemps après le visionnage, soit le même tour de force que celui que Nolan réussira à nouveau avec <em><b>Le prestige</b></em>.
  </p>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La sortie de la semaine, et celle de l&#8217;année</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/lasortiedelasemaineetcelledelannee-184</link>
		<comments>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/lasortiedelasemaineetcelledelannee-184#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 1969 22:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Le hasard a voulu que je voie avant leur sortie en salles les 2 films à voir ce mercredi : l&#8217;italien Gomorra, Grand Prix du Jury au dernier festival de Cannes, et le Dark
    Knight de Christopher Nolan, l&#8217;un des tous meilleurs films de l&#8217;année, et sûrement le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
    Le hasard a voulu que je voie avant leur sortie en salles les 2 films à voir ce mercredi : l&#8217;italien <b><em>Gomorra</em></b>, Grand Prix du Jury au dernier festival de Cannes, et le <b><em>Dark<br />
    Knight</em></b> de Christopher Nolan, l&#8217;un des tous meilleurs films de l&#8217;année, et sûrement le meilleur film de superhéros jamais fait. Allez-y. Dans votre ville ou sur votre lieu de vacances.<br />
    C&#8217;est un chef-d&#8217;oeuvre, même si le mot n&#8217;a pas été lâché dans ma critique le temps d&#8217;avoir le recul nécessaire (maintenant c&#8217;est bon).</p>
<p>    Bref, tout cela pour dire que les critiques de ces 2 films (maintenant un peu loin dans l&#8217;historique de ce blog) sont accessibles en cliquant sur les 2 photos ci-dessous :</p>
<div>
      <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-21393118.html"><br />
<img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/darknight-1.jpg" class="CtreTexte" width="299" height="199"/><br />
</a></p>
<p>      <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-21218022.html"><br />
<img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-5/gomorra-1-copie-1.jpg" class="CtreTexte" width="299" height="199"/><br />
</a>
    </div>
</p></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le prestige, de Christopher Nolan (USA, 2006)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/leprestigedechristophernolanusa2006-186</link>
		<comments>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/leprestigedechristophernolanusa2006-186#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 1969 22:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?

    &#160;
  
À Rodez, en DVD zone 2

    &#160;
  
Quand&#160;?

    &#160;
  
Pendant le pont de la Toussaint

    &#160;
  

  Avec qui&#160;?
  Ma fiancée, qui l’avait déjà vu, et sa famille (qui, de manière amusante, a servi d’exemple [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>À Rodez, en DVD zone 2</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong>Quand&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Pendant le pont de la Toussaint</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong><br />
  Ma fiancée, qui l’avait déjà vu, et sa famille (qui, de manière amusante, a servi d’exemple grandeur nature de ce que le film avance – j’y reviens à la fin de ma chronique)</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    D’abord, un mot rapide sur les suppléments&nbsp;: rachitiques, à l’opposé de ce qu’on avait pu trouver sur les galettes d’<strong><em>Insomnia</em></strong> et de <strong><em>Batman<br />
    begins</em></strong>, les précédents films de Nolan. De ces 20 petites minutes d’embryons de modules sur les différents aspects du film, on retiendra tout de même une<br />
    phrase&nbsp;:<strong><em><br /></em></strong>
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-42.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-42.jpg"/></p>
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-43.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-43.jpg"/></p>
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-44.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-44.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    <strong><em><br />
    Le Prestige</em></strong> démarre réellement au bout d’une vingtaine de minutes, quand après avoir attiré le spectateur dans sa toile en faisant se chevaucher plusieurs flash-blacks et en<br />
    présentant les personnages par l&#8217;intermédiaire de leurs tours de magie charmeurs, Nolan intercale une scène qui change brutalement notre perception. Il s’agit de l&#8217;explication d&#8217;un de ces tours,<br />
    dans lequel l&#8217;illusion consiste à masquer au public qu&#8217;un sacrifice a réellement lieu – un leitmotiv qui reviendra de manière de plus en plus pressante et tragique au fil du récit. Nolan nous<br />
    fait ainsi brutalement quitter notre siège de spectateur pour nous faire pénétrer dans les coulisses, qui sont loin d&#8217;être reluisantes vu comme l&#8217;omnipotence des deux rivaux lors de leurs<br />
    représentations leur fait perdre tout sens de la mesure.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-2.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    <br />
    La très bonne idée du scénario est de mettre sur la route des deux hommes la révolution apportée par l&#8217;électricité, qui va leur permettre de pousser leur duel un cran plus loin. Nolan passe alors<br />
    habilement le cap de la science-fiction quasi-réaliste façon <em>Ligue des gentlemen extraordinaires</em> (le comic, pas le film), en ne la traitant ni au rabais ni de manière trop délirante.<br />
    <strong><em>Le Prestige</em></strong> y gagne en opulence à la fois scénaristique et visuelle, devenant un magnifique objet de cinéma. Le script parvient à allier la création d&#8217;un univers<br />
    provoquant fascination et confusion – et auquel la mise en images (lumière, cadrages, décors…) donne superbement vie – et un drame solidement charpenté autour de ses deux personnages principaux.<br />
    Comme lors de ses films précédents, Nolan tire le meilleur de son casting : Hugh Jackman et Christian Bale sont parfaits de tiraillements et de mystères, et la cascade de seconds rôles qui les<br />
    entourent (on y retrouve même David Bowie !) enrichit le film sans qu&#8217;aucun d&#8217;entre eux ne tombe dans le cabotinage.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-1.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Coécrit avec son frère Jonathan, <strong><em>Le Prestige</em></strong> est le film le plus personnel de son auteur. Le thème de la relation ambiguë et complexe que des frères peuvent partager est<br />
    ainsi omniprésente, et sous-tend tout le drame. Surtout, sous prétexte de dévoiler l&#8217;envers du décor de la magie, Nolan parle en réalité de son propre métier. Il pousse la démystification jusqu’à<br />
    construire son film selon les principes d’un tour de magie tels qu’ils sont expliqués <em>dans</em> le film. Il faut 3 parties pour duper le spectateur&nbsp;: la mise en place, le tour, et le<br />
    «&nbsp;prestige&nbsp;», le rebondissement prétendument magique. Le scénario suit avec application ce schéma, tout en démontant en parallèle sa construction – ce n’est pas un hasard si la dernière<br />
    réplique est <em>«&nbsp;You want to be fooled&nbsp;»</em> («&nbsp;Vous [les spectateurs] voulez être dupés&nbsp;»). Malgré cette explication de texte en temps réel, les spectateurs qui voyaient<br />
    le film pour la 1ère fois samedi dernier avec ma fiancée et moi ont eu du mal à accepter l’explication «&nbsp;rationnelle&nbsp;» – dans l’univers du film, s’entend – et forcément déceptive qui se<br />
    cache derrière le pseudo coup de théâtre qui emballe <strong><em>Le Prestige</em></strong>. Ils voulaient être dupés, croire à la magie.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62//prestige-3.jpg" class="CtreTexte" alt="prestige-3.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    En plus de cette dépendance envers l&#8217;illusion du public qu&#8217;il faut sans cesse combler, Nolan évoque les ficelles peu ragoûtantes qui permettent d&#8217;y parvenir, l’obsession de la carrière et de la<br />
    gloire… et porte sur lui-même et ses semblables un regard extrêmement lucide et troublant. En creusant un peu (et en revoyant le film), il devient évident qu’à travers ses 2 héros Nolan oppose le<br />
    cinéma d’auteur, aux ambitions artistiques et intimes, d’où il vient, et sa Némésis commerciale, divertissement superficiel et sans âme qui se nourrit des créations des artistes talentueux et qui<br />
    parviennent à toucher le public. Le duel à mort entre les 2 opposants matérialisé par <strong><em>Le Prestige</em></strong> se retrouve à tous les niveaux, dans une mise en abyme sans<br />
    fin&nbsp;des méthodes de l’industrie : plagiats de scénarios, débauchages d’assistants, utilisation inavouée de doublures, création en série de clones. Par son insertion dans le film et tout ce<br />
    qu’elle implique, cette dernière idée est, quand on y repense, la plus géniale de toutes – l’équivalent fantastique du soldat vomissant au sens propre la société du spectacle dans<br />
    <strong><em>Mémoires de nos pères</em></strong>.
  </p>
<div align="justify"></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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