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	<title>Ciné partout tout le temps &#187; Navets</title>
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	<description>Du cinéma absolument tout le temps et presque partout</description>
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		<title>La bataille de la montagne du tigre, de Tsui Hark (Chine, 2014)</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 19:24:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extrême-Orient]]></category>
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		<category><![CDATA[propagande]]></category>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles
Quand ?
Mardi soir, à 19h30
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Pendant deux heures et quart sur les deux heures vingt qu’il dure – autant dire pendant longtemps –, La bataille de la montagne du tigre ne présente aucun intérêt. Distribué dans les salles françaises sur le seul nom prestigieux de son réalisateur, le film a été produit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8157" title="tigre-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-1.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au ciné-cité les Halles<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mardi soir, à 19h30<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pendant deux heures et quart sur les deux heures vingt qu’il dure – autant dire pendant longtemps –, <strong><em>La bataille de la montagne du tigre</em></strong> ne présente aucun intérêt. Distribué dans les salles françaises sur le seul nom prestigieux de son réalisateur, le film a été produit par la Chine pour son marché intérieur, sur la base d’un opéra de propagande composé lors de la Révolution Culturelle. Célébrant l’héroïsme de l’« Armée de Libération Populaire », et sa supériorité sur celle du Kuomintang, « l’autre » Chine (aujourd’hui retranchée à Taïwan), cet opéra se voit ici adapté une fois de plus au cinéma, avec les grands moyens et les gros sabots propres aux films de matraquage nationaliste et guerrier, quelle que soit leur provenance. Le manichéisme et la médiocrité des poncifs ne connaissent pas de frontières… De sorte que si vous avez déjà vu ne serait-ce qu’un film exaltant l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale (je prends les USA comme exemple car ils ont été le plus gros fournisseur de telles productions), vous avez pour ainsi dire déjà vu <strong><em>La bataille de la montagne du tigre</em></strong> – aux images de synthèse malhabiles et au jeu douteux des comédiens près (le cinéma de divertissement chinois n’a jamais été très regardant sur ces deux aspects).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8158" title="tigre-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-2.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>Comme John Ford, Howard Hawks et tant d’autres dans les années 1940, Tsui Hark sert de caution à cette entreprise d’édification en force des masses, où les vertus et talents des gentils n’ont d’égal que le soin maniaque, visant la jubilation du public comme à Guignol, mis à décimer les rangs ennemis quasiment un par un – la durée marathon du film vient en partie de cette détermination à nous montrer chaque impact éliminant un méchant. Le grimage caricatural de ces derniers, qui leur donne une allure à moitié bestiale et qui permet aux acteurs (dont Tony Leung Ka Fai) de s’en donner à cœur-joie, est presque à sauver ; presque, car la finalité idéologique et non pas ludique du geste – accentuer le contraste entre les méchants monstrueux et les gentils parfaits sous tous rapports – reste sans cesse trop évidente pour être ignorée. Pendant deux heures et quart Tsui Hark n’est qu’un simple exécutant, dont le rôle se limite à être le garant de l’efficacité du divertissement et de la limpidité de « l’instruction ». Il fait son boulot d’agent de la propagande, comme Zhang Yimou sur <strong><em>Hero</em></strong> ou le récent <strong><em>Coming home</em></strong>, glissant çà et là un plan singulier, tissant son habituel découpage parfait, mais toujours au service d’une œuvre sans intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8159" title="tigre-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/tigre-3.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a>Son seul acte de résistance ludique vient après la mention <em>« directed by Tsui Hark »</em> – mais quel acte. Il prend la forme d’une fin alternative, tellement renversante qu’elle nous ferait presque (encore) oublier les 135 minutes de purge que l’on vient de subir. La séquence en soi est déjà prodigieuse, avec une inventivité, une énergie, une audace, un aplomb soudain ressuscités et rappelant que Tsui Hark n’est pas l’un des seigneurs du cinéma d’action mondial pour rien. La manière dont la scène est propulsée dans le film, à la plus grande surprise du public et à contresens de la situation du récit à ce moment-là, est plus folle encore. C’est un geste méta qui tourne au sabotage par le cinéma, l’hommage à l’armée de Mao atteignant son paroxysme lorsque Hark le brise net avec sa digression jouissive, et affranchie de tout poids doctrinal pesant sur ses épaules. Hark s’amuse, nous épate, et nous glisse le message qu’il est toujours bien lui-même. Alors pour notre part on lui fait confiance, on passe à la trappe ce film contraint et on chérit son post-scriptum en espérant qu’il augure du meilleur pour la suite.</p>
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		<item>
		<title>Caprice, de Emmanuel Mouret (France, 2015)</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2015 18:02:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Navets]]></category>
		<category><![CDATA[et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[anais demoustier]]></category>
		<category><![CDATA[caprice]]></category>
		<category><![CDATA[emmanuel mouret]]></category>
		<category><![CDATA[france]]></category>
		<category><![CDATA[virginie efira]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au MK2 Quai de Seine
Quand ?
Dimanche soir, à 22h
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Caprice ne se contente pas de se dérouler dans le 7è arrondissement de Paris, le plus bourgeois de la capitale, il est également investi par son esprit. Comme les résidents de ce quartier, Emmanuel Mouret et son film se montrent pétris de bonnes manières, tout ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8118" title="caprice-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-2.jpg" alt="" width="512" height="341" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au MK2 Quai de Seine</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dimanche soir, à 22h</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Caprice </strong></em>ne se contente pas de se dérouler dans le 7è arrondissement de Paris, le plus bourgeois de la capitale, il est également investi par son esprit. Comme les résidents de ce quartier, Emmanuel Mouret et son film se montrent pétris de bonnes manières, tout ce qu’il y a de plus sages et polis. Un rêve pour le voisinage, mais un cauchemar pour les velléités de cinéma. En effet la politesse s’accorde malheureusement très mal avec la comédie, laquelle a besoin d’étincelles, de folie, de dérapages pour s’embraser et exister. De fait, les quelques bonnes idées burlesques affleurant à la surface du marivaudage sentimental narré dans <em><strong>Caprice</strong></em> sont inévitablement avortées avant de pouvoir pleinement s’exprimer. On a à peine le temps de commencer à sourire d’une facétie de dialogue, de cadrage ou de montage que la parenthèse se referme – pas question de dépasser les bornes, ni de perdre sa contenance. Les maîtres du burlesque « aristocratique », Lubitsch en tête, ne se privaient pourtant pas de provoquer des scandales, de commettre des choses « qui ne se font pas ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8119" title="caprice-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-3.jpg" alt="" width="512" height="341" /></a>Dans une telle atmosphère de pince-fesses (comme le film nous en impose plusieurs) le drame pourrait mieux se déployer, car la tragédie consiste souvent en cela finalement : un vernis de perfection qui craque, un cadre stable qui se brise. Mais le drame en puissance est lui aussi sans cesse muselé dès qu’il se présente, surtout dans le dernier acte où tout pourrait véritablement tourner à l’aigre, dès lors que l’interrogation lancinante « suis-je véritablement avec la bonne personne ? » se fait plus insistante dans l’esprit des protagonistes. Mais non, ces derniers ne haussent jamais la voix, restent sans cesse maîtres d’eux-mêmes, et s’arrangent pour préserver leur confort, leur situation. La question de ce qui fait et défait les couples – le hasard et les choix, le cœur et la raison – n’est jamais traitée que superficiellement. Tel qu’il est mené, <em><strong>Caprice</strong></em> a quelque chose du manuel de savoir-vivre à l’usage des gens de la bonne société, pour être sûrs de ne pas perdre leurs acquis. Cinématographiquement, cela le rend <em>« monotone, sage, plat, ennuyeux »</em> ; ces mots, Mouret les emploie lui-même à propos d’un manuscrit écrit par le personnage qu’il interprète. Je les trouve tellement de circonstance pour parler de son film, comme une mise en abyme, que je les lui emprunte.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8117" title="caprice-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/caprice-1.jpg" alt="" width="512" height="341" /></a>Il reste un qualificatif à ajouter à cette liste, c’est celui de film de vieux, bien que les personnages aient à peine la quarantaine. Cela ne les empêche pas d’abhorrer les jeunes (c’est-à-dire la tranche d’âge ayant juste dix, quinze ans de moins qu’eux), qui leur rappellent au mauvais souvenir de quand eux-mêmes galéraient, avec un logement minuscule et pas de situation établie, alors que maintenant ils sont riches, intégrés, confortablement installés dans le 7è arrondissement ; et qui suscitent une tentation sexuelle à même de vous faire tout perdre. Notez que ces jeunes, les gens du 7è sont tout de même bien contents de les trouver pour faire leurs courses quand la domestique démissionne du jour au lendemain, ou pour réécrire clandestinement un manuscrit minable et en faire une pièce de théâtre à succès. Leur utilité n’est pas remise en cause, mais ce serait mieux s’ils savaient se tenir à la place utilitaire qui est la leur, et ne pas attendre que l’on s’intéresse sérieusement à leurs états d’âme ou à leurs aspirations.</p>
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		<item>
		<title>Good kill, de Andrew Niccol (USA, 2014)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/good-kill-de-andrew-niccol-usa-2014-8106</link>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2015 11:27:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné indie]]></category>
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		<category><![CDATA[american sniper]]></category>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles
Quand ?
Jeudi soir
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Au moins, on ne se fait pas longtemps d’illusions à propos des mauvaises visées de Good kill. Dès la première séquence, le personnage principal – évitons de l’appeler un héros, puisqu’il est tout le contraire – Tom Egan (Ethan Hawke) se lamente de son affectation en tant que pilote [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-11.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8107" title="kill-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-11-397x200.jpg" alt="" width="397" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au ciné-cité les Halles</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jeudi soir</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au moins, on ne se fait pas longtemps d’illusions à propos des mauvaises visées de <em><strong>Good kill</strong></em>. Dès la première séquence, le personnage principal – évitons de l’appeler un héros, puisqu’il est tout le contraire – Tom Egan (Ethan Hawke) se lamente de son affectation en tant que pilote de drone, car elle le prive de faire la guerre « pour de vrai », à bord d’un avion de chasse comme cela était le cas auparavant. La scène suivante montre le supérieur de Tom, Jack Johns (Bruce Greenwood), enfoncer le clou dans un discours de bienvenue à de nouvelles recrues. Il y évoque les voix qui dénigrent cette nouvelle stratégie militaire comme étant <em>« une guerre de tapettes »</em>, ne le réfutant pas mais rétorquant que c’est comme ça que les choses se déroulent désormais. Voilà l’enjeu auquel se restreint d’entrée <em><strong>Good kill </strong></em>: le seul vrai souci avec les drones serait que leur utilisation sape la virilité des bons soldats des États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-22.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8108" title="kill-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-22.jpg" alt="" width="512" height="342" /></a>La géopolitique et la morale peuvent aller voir ailleurs, ce qui compte avant tout est la résolution de la crise intime frappant le couple américain modèle formé par Tom et son épouse Molly (January Jones). À l’autre bout du film, la conclusion laborieusement amenée (si seulement il s’agissait de la seule chose laborieuse) en fil rouge du récit apporte la solution à ce problème tel qu’il a été diagnostiqué. Il suffisait d’y penser : pour regagner ses couilles, Tom détourne un drone à son usage personnel et s’en sert pour annihiler un taliban violeur – employant donc ses couilles aux pires fins possibles. La misère absolue de cette dialectique fait encore descendre d’un cran Andrew Niccol, déjà tombé bien bas il y a quelques années avec <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/time-out-d%E2%80%99andrew-niccol-usa-2011-3660#hide" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Time out</strong></span></em></a>. Le scénariste de <em><strong>Bienvenue à Gattaca</strong></em> et réalisateur de <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/simonedeandrewniccolusa2002-321#hide" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Simone</strong></span></em></a> et <em><strong>Lord of war</strong></em> n’est plus qu’un souvenir appartenant à un passé révolu, il a été remplacé par une ombre embarrassante et impuissante.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-31.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8109" title="kill-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-31.jpg" alt="" width="512" height="342" /></a>Au milieu de <em><strong>Good kill</strong></em>, prenant peut-être lui-même conscience de la maigreur famélique de son propos, Niccol y accole une intrigue complémentaire sur les méchants de la CIA devenant donneurs d’ordre des bons soldats, leur faisant exécuter des méchants talibans y compris si cela implique des victimes collatérales civiles dans des proportions inqualifiables. Mais ce sujet autrement plus judicieux et intéressant est gangréné par le même mal qui frappait <em><strong>Time out</strong></em>. Je cite du coup la phrase que j’avais écrite à cette occasion : <em>« à force de simplifier, Niccol réduit son propos à un exposé de collégien enfonçant des portes ouvertes à coups de monologues élémentaires mis dans la bouche des personnages »</em>. Loin (tellement que cela en devient gênant) des qualités démontrées par <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/american-sniper-de-clint-eastwood-usa-2014-8034#hide" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>American sniper</strong></span></em></a> ou la dernière saison de <em><strong>Homeland</strong></em> sur cette question de la guerre moderne, <em><strong>Good kill</strong></em> est ingrat et décharné, sans allant et sans idées.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-8110" title="kill-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/kill-4-383x200.jpg" alt="" width="383" height="200" /></a>Il est surtout viscéralement républicain, tendance radicale, tranchant dans le vif de chaque sujet pour une réponse binaire. L’Amérique représente le Bien, ses ennemis le Mal ; à l’intérieur de ses frontières, l’État est une entité nuisible et la lumière vient des initiatives individuelles ; les hommes sont des chasseurs virils et les femmes sont douces (le seul soldat à émettre des réserves explicites envers les ordres de la CIA est ainsi de sexe féminin)… Cette partialité grossière dont fait preuve le film lui porte le coup de grâce, et nous fait nous demander tristement ce qu’il est advenu du Andrew Niccol d’antan. Celui qui n’aurait pas laissé passer sans rien en faire les deux éléments furieusement cinématographiques amenés par le sujet des drones : l’invention de facto de machines permettant de se téléporter un autre point du globe (ces containers posés les uns à côté des autres sur une base militaire et qui vous envoient au choix en Afghanistan, en Irak, au Yémen, etc.), et le fait que sur les écrans de contrôle l’image de l’impact soit invariablement une image manquante. On voit le monde avant la frappe, les dégâts après, mais jamais l’entre-deux.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Cinquante nuances de Grey, de Sam Taylor-Johnson (USA, 2015)</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2015 20:54:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Navets]]></category>
		<category><![CDATA[the rest of them]]></category>
		<category><![CDATA[cinguante nuances de grey]]></category>
		<category><![CDATA[dakota johnson]]></category>
		<category><![CDATA[el james]]></category>
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		<category><![CDATA[sam taylor-johnson]]></category>
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		<category><![CDATA[usa]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles, dans l’une des trois grandes salles
Quand ?
Dimanche soir il y a huit jours, à 19h30
Avec qui ?
MaBinôme, excédée
Et alors ?
Cinquante nuances de Grey n’est pas uniquement un navet, c’est aussi et surtout un film désagréable – voire détestable, nul besoin de retenir ses coups – à tous les niveaux. À mesure que la séance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7991" title="greyy-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-3.jpg" alt="" width="448" height="296" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au ciné-cité les Halles, dans l’une des trois grandes salles</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dimanche soir il y a huit jours, à 19h30</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">MaBinôme, excédée</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> n’est pas uniquement un navet, c’est aussi et surtout un film désagréable – voire détestable, nul besoin de retenir ses coups – à tous les niveaux. À mesure que la séance avance, son secret se révèle progressivement : personne ne croit à ce qui se passe dans le récit, sur l’écran, et personne ne fait même semblant d’y croire. Cela vaut tout le long de la chaîne allant de l’amont du film (la romancière improvisée E.L. James) à son aval (les spectateurs), en passant par ceux qui ont œuvré dessus, réalisatrice, comédiens, compositeur (Danny Elfman cachetonne comme peu d’autres ont osé le faire). <em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> n’a rien de vrai, de franc à donner, et le public ne lui demande rien de tel. Le cinéma de divertissement de masse atteint ici un nouveau zéro absolu, conséquence de son étranglement par un cynisme qui fait disparaître tout le reste – et sans même l’excuse (déjà moyennement recevable) de l’ironie, maniée par les franchises James Bond ou Marvel.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7992" title="greyy-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-4.jpg" alt="" width="424" height="282" /></a>Comme ces derniers <em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> n’a plus grand-chose à voir avec un film, et tire plutôt vers le véhicule marketing pour nous vendre tout autre chose – pêle-mêle dans le cas présent, le CD de la bande originale, des sex toys estampillés 50 nuances, des ordinateurs Apple et même des Audi (!). L’implication au premier degré des gens qui font le film est inexistante. C’est le premier point sur lequel l’opposition avec un autre long-métrage sorti récemment, <em><strong>Une nouvelle amie</strong></em> de François Ozon, s’affiche nettement. Dans <em><strong>Une nouvelle amie</strong></em>, l’implication du réalisateur et de toute sa troupe, devant et derrière la caméra, est évidente. Ils croient en ce qu’ils racontent, le message qu’ils portent est important pour eux. Et cela compte, lorsque l’on fait un film qui traite des rapports amoureux, et de comment on s’accomplit à travers eux en tant que personne, dans sa vie intime. Sur ce thème fondamental, <em><strong>Une nouvelle amie</strong></em> est aussi précieux que <em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> est mauvais.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7989" title="greyy-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-1-400x169.jpg" alt="" width="400" height="169" /></a>Prenons la considération – ou son absence – du fantasme du personnage masculin dans les deux cas. Le travestissement de David / Romain Duris est un sujet véritablement considéré et développé chez Ozon, dont l’un des buts (atteints) est de faire ravaler au public bas de plafond ses rires gras à la première apparition de son protagoniste habillé en femme. Ozon, Duris sont indéfectiblement avec David, et leur sincérité soutenue par leur talent fait que le spectateur finit par être lui aussi avec David, à souffrir et espérer avec lui. Pour leur part, E.L. James, Sam Taylor-Johnson, Jamie Dornan (son interprète en carton) se contrefichent des tendances BDSM de Christian Grey, traitées comme un gadget ridicule et jamais pris au sérieux. On reste au ras des pâquerettes, façon double page de mauvais magazine féminin débitant les clichés superficiels et ne visant qu’à émoustiller éphémèrement la ménagère. Ce en quoi la boucle est bouclée, puisque c’est probablement en lisant de tels articles que James s’est mise en tête de coucher sur le papier sa <em>fan fiction</em> explicitant platement et tristement les enjeux de <strong><em>Twilight</em> </strong>(vampire = sexe sauvage et dangereux, quelle révélation).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7990" title="greyy-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/greyy-2-400x169.jpg" alt="" width="400" height="169" /></a>Simple émoustillement éphémère, sans conséquence ni bouleversement véritable, car le modèle de société de <em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> est puritain et conservateur. Conservateur car le prince charmant d’Ana, héroïne roturière, est un prince au sens propre conformiste contemporain ; un businessman milliardaire draguant à coups de tours en hélicoptère et de résidences aux allures de palais. Puritain car la différence de Christian est vue comme une déviance, une maladie face à laquelle Ana serait investie de la mission de ramener cette brebis égarée dans le troupeau des croyants en l&#8217;amour guimauve et bienséant. Au moins <strong><em>Twilight</em></strong> pouvait-il se réfugier derrière une bonne excuse narrative : si Bella se faisait mordre par Edward, elle en mourait. Pas de <em>safe word</em> pour elle, l’enjeu dramatique était là. Celui de <em><strong>Cinquante nuances de Grey</strong></em> aurait pu (car le film ne s’y attaque jamais) être qu’en définitive, Ana et Christian s’aiment pour la mauvaise raison – chacun veut à tout prix changer l&#8217;autre. Au contraire d’<em><strong>Une nouvelle amie</strong></em>, une fois de plus, puisque là chacun aime l’autre pour ce qu’il est, et ne veut pour rien au monde le voir transiger, capituler. Leur bonheur commun est le fruit du soutien mutuel qu’ils se portent, sans souci du qu’en-dira-t-on et des normes exiguës. La société rêvée par Ozon est progressiste, ceux qui l’habitent sont libres, loin de la prison gardée par Ana, Christian et leurs tristes semblables.</p>
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		<title>White god, de Kornel Mundruczo (Hongrie, 2014)</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Dec 2014 22:36:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Où ?
A Cannes (le film sort en salles le 3 décembre)
Quand ?
Fin mai

Avec qui ?
Mes compères d&#8217;Accréds
Et alors ?
&#8230;mon avis est à lire ici :
http://www.accreds.fr/2014/05/26/white-god-et-le-probleme-du-cinema-dhorreur-a-cannes.html
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/feher-11.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7833" title="feher-11" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/feher-11-400x197.jpg" alt="" width="400" height="197" /></a>Où ?</strong></p>
<p>A Cannes (le film sort en salles le 3 décembre)</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Fin mai<span style="text-decoration: underline;"><br />
</span></p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Mes compères d&#8217;<a href="http://www.accreds.fr" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Accréds</span></a></p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p>&#8230;mon avis est à lire ici :</p>
<p><a href="http://www.accreds.fr/2014/05/26/white-god-et-le-probleme-du-cinema-dhorreur-a-cannes.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">http://www.accreds.fr/2014/05/26/white-god-et-le-probleme-du-cinema-dhorreur-a-cannes.html</span></a></p>
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		<title>Lucy, de Luc Besson (France, 2014)</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Aug 2014 10:02:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles
Quand ?
Mardi soir, à 22h
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Il y a une éternité (du temps du Minitel), Luc Besson faisait des films bons, originaux et qui cartonnaient au box-office – Nikita, Léon, Le cinquième élément. Puis il a pris la grosse tête, a voulu jouer au cinéaste d’art et essai, et s’est ramassé avec deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7652" title="lucy-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-1.jpg" alt="" width="512" height="342" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au ciné-cité les Halles</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mardi soir, à 22h</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une éternité (du temps du Minitel), Luc Besson faisait des films bons, originaux et qui cartonnaient au box-office – <em><strong>Nikita</strong></em>, <em><strong>Léon</strong></em>, <em><strong>Le cinquième élément</strong></em>. Puis il a pris la grosse tête, a voulu jouer au cinéaste d’art et essai, et s’est ramassé avec deux films « d’auteur » embarrassants, <em><strong>Jeanne d’Arc</strong></em> et <em><strong>Angel-A</strong></em>. Vexé, Besson est parti bouder dans sa chambre, comme le petit garçon qu’il n’a jamais cessé d’être. Il a délaissé toute ambition artistique pour s’orienter exclusivement vers le business : les studios de la Cité du cinéma, la machine à produits dérivés <em><strong>Arthur et les Minimoys</strong></em>, la production de grosses bouses bien rentables via sa société EuropaCorp. Le succès monstrueux d’une d’entre elles, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/taken%C2%A0de-pierre-morel-france-2008-5339#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Taken</strong></span></em></a>, a pris tout le monde par surprise, Besson y compris, et a changé la donne : soudain le marché américain s’offrait de lui-même, sans aucun effort à fournir pour en forcer la porte. Alors Besson est revenu à la réalisation, mais selon une pure logique d’entrepreneur. <em><strong>The lady</strong></em>, <em><strong>Malavita</strong></em>, et aujourd’hui <em><strong>Lucy</strong></em> sont des projets capitalistiques à visée internationale, qui se donnent l’assurance de fonctionner partout (comme le Coca-Cola) en s’étant dégagés de toute spécificité ou exigence de qualité : <em>pitch</em> simplissime, plagiat d’idées à tout-va, écriture et mise en scène d’une totale désinvolture. Dorénavant Luc Besson fait des films mauvais, photocopiés et qui cartonnent au box-office.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7654" title="lucy-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-3.jpg" alt="" width="512" height="270" /></a>Il faut au moins lui reconnaître cette valeur : Besson est peut-être le seul aujourd’hui à pouvoir tenir tête à l’hydre Disney-Marvel-Pixar sur le terrain du divertissement de masse à succès. <em><strong>Lucy</strong></em> remplit les salles, aux USA autant qu’en France, sans s’appuyer sur des licences préexistantes et avec une puissance de feu commerciale bien plus réduite. Pour cela, bravo, mais pour cela uniquement. Car les moyens employés pour accomplir cette prouesse sont d’une bassesse absolue, affligeante. Certes, <em><strong>Lucy</strong></em> se situe très légèrement au-dessus du zéro absolu atteint par l’entreprise Besson qu&#8217;est <em><strong>Taken</strong></em>. Il est moins long, plus diversifié dans ses centres d’intérêt, et accueille plus de talent (Scarlett Johansson réussit à ne pas être emportée par le fond). Cela le rend moins nul, mais plus frustrant, avec la même cause pour les deux phénomènes : c’est un film plus personnel pour Besson. Il y a mis plus de lui-même – à vrai dire il y a mis tout lui-même, 100% de ses personnalités. La surcharge et les contradictions que cela provoque sont fatales à <em><strong>Lucy</strong></em>. Besson a 100% de contrôle sur son film, tout en ayant atteint le stade où il n’en a absolument plus rien à f…aire de rendre une copie pleine de ratures et de taches de gras. Plus personne n’est en position de lui faire la moindre remarque sur des choses aussi consternantes que les inserts d’extraits de documentaires animaliers, la conférence donnée par le personnage de Morgan Freeman, ou la scène où Lucy « révèle » à d’éminents scientifiques le « vrai » sens de la vie, débitant des platitudes tout droit sorties d’une dissertation de lycéen exalté mais peu inspiré.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7653" title="lucy-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/lucy-2.jpg" alt="" width="512" height="300" /></a>Chaque illumination de <em><strong>Lucy</strong></em> (une bonne idée, une scène réussie) est presque immédiatement gâchée, disloquée, laissée à l’état de promesse sabotée. Les quelques fois où Johansson est laissée seule à l’écran forment l’essentiel de ces beaux moments ; et la quête solitaire qui est la sienne est ce vers quoi le scénario aurait naturellement dû tendre. Mais Besson est incapable de s’effacer derrière son héroïne, il est à la fois trop calculateur et trop égocentrique pour cela. Calculateur comme le producteur accro par le gain qu’il est devenu, qui greffe au film des scènes d’action EuropaCorp, vues et revues et toujours aussi médiocres (courses de voitures dans Paris, arts martiaux) ; des motifs pompés partout, facilement recopiables et identifiables (<a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/cyclepalmesd%E2%80%99orlespalmesd%E2%80%99ordepuiselephant-599" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Old boy</strong></span></em></a>, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/thematrixdixansapres-980#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Matrix</strong></span></em></a>, <em><strong>Akira</strong></em>, <em><strong>2001</strong></em> tant qu’à faire) ; et le recours à la vengeance comme moteur narratif, rance et ici tout à fait inepte. Égocentrique, Besson l’a toujours été, et dans <em><strong>Lucy</strong></em> comme dans ses autres films on lit en lui comme dans un livre ouvert. On découvre un esprit ne jurant que la technologie et la quantité, et délaissant complètement l’immatériel et le qualitatif. Ce qui compte, c’est d’atteindre à tout prix les 100%, niveau auquel l’homme égalera enfin… l’ordinateur. Et tout en poursuivant ce but exclusif, Besson trouve le moyen de nous affirmer sérieusement, et d’un air critique, que le monde va mal parce que nous sommes obnubilés par <em>« le pouvoir et l’argent »</em>. C’est d’un cynisme insupportable, ou d’un aveuglement confondant – ou peut-être bien les deux à la fois.</p>
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		<title>La Belle et la Bête, de Christophe Gans (France, 2013)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-belle-et-la-bete-de-christophe-gans-france-2013-7360</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Feb 2014 14:01:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles
Quand ?
Lundi soir, à 22h30
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
 
…mon avis est à lire ici :
http://www.accreds.fr/2014/02/19/la-belle-et-la-bete-regne-en-maitre-sur-le-nanar.html
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/belle-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-7361" title="belle-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/belle-2-379x200.jpg" alt="" width="379" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p>Au ciné-cité les Halles</p>
<p><strong>Quand ?</strong></p>
<p>Lundi soir, à 22h30</p>
<p><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p>Seul</p>
<p><strong>Et alors ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>…mon avis est à lire ici :</p>
<p><a href="http://www.accreds.fr/2014/02/19/la-belle-et-la-bete-regne-en-maitre-sur-le-nanar.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">http://www.accreds.fr/2014/02/19/la-belle-et-la-bete-regne-en-maitre-sur-le-nanar.html</span></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert (France, 2013)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/yves-saint-laurent-de-jalil-lespert-france-2013-7295</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Jan 2014 18:29:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au MK2 Bilbiothèque
Quand ?
Le mercredi soir de la sortie, à 22h
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
…mon avis est à lire ici :
http://www.accreds.fr/2014/01/10/yves-saint-laurent-de-jalil-lespert.html
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/ysl-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7296" title="ysl-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/ysl-2.jpg" alt="" width="448" height="252" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au MK2 Bilbiothèque</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le mercredi soir de la sortie, à 22h</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">…mon avis est à lire ici :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.accreds.fr/2014/01/10/yves-saint-laurent-de-jalil-lespert.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">http://www.accreds.fr/2014/01/10/yves-saint-laurent-de-jalil-lespert.html</span></a></p>
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		<item>
		<title>La vie rêvée de Walter Mitty, de Ben Stiller (USA, 2013)</title>
		<link>https://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-vie-revee-de-walter-mitty-de-ben-stiller-usa-2013-7288</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jan 2014 18:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Où ?
Au ciné-cité les Halles
Quand ?
Jeudi matin il y a huit jours, à 11h30
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
À l’ombre des cinéastes au standing et à la valeur officiellement reconnus, la carrière de réalisateur menée par Ben Stiller en filigrane de son occupation principale d’acteur était jusqu’à présent un précieux trésor. La rareté s’y doublait de grandes qualités, essentiellement dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7289" title="mitty-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-1.jpg" alt="" width="448" height="362" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au ciné-cité les Halles</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jeudi matin il y a huit jours, à 11h30</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À l’ombre des cinéastes au standing et à la valeur officiellement reconnus, la carrière de réalisateur menée par Ben Stiller en filigrane de son occupation principale d’acteur était jusqu’à présent un précieux trésor. La rareté s’y doublait de grandes qualités, essentiellement dans ses deux dernières créations <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/zoolanderdebenstillerusa2001-441#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Zoolander</strong></span></em></a> (2001) et <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/tonnerresouslestropiquesdebenstillerusa2008-465#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Tonnerre sous les tropiques</strong></span></em></a> (2008) : furie comique affranchie de toute retenue, narration éparpillée façon puzzle jusqu’à flirter – avec bonheur – avec le ‘méta’, castings brillamment assemblés. Avec <em><strong>…Walter Mitty</strong></em>, il ne nous reste que la rareté. Le film est sans saveur, un coup pour rien que l’on va ruminer d’autant plus que la session de rattrapage de Ben Stiller réalisateur sera pour dans dieu sait combien de temps. Stiller n’est pas seul en cause, loin de là. <em><strong>…Walter Mitty</strong></em>, remake d’un film de 1947 avec Danny Kaye (au titre légèrement différent, <em><strong>La vie secrète de Walter Mitty</strong></em>), est un de ces projets maudits qui traînent des années durant à Hollywood, et que les studios se refilent au gré des dates d’expirations des droits. <em><strong>…Walter Mitty</strong></em> a passé deux décennies dans ce <em>development hell</em>, selon l’expression consacrée, et est passé entre les mains de presque tout ce que Los Angeles compte d’acteurs comiques (Jim Carrey, Owen Wilson, Mike Myers, Sacha Baron Cohen…) et de réalisateurs à l’aise avec l’aventure et les effets spéciaux – Ron Howard, Steven Spielberg, Gore Verbinski. C’est ce denier qui devait collaborer avec Stiller (avant de partir finalement faire <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/the-lone-ranger-de-gore-verbinski-usa-2013-6743" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Lone Ranger</strong></span></em></a>), et qui a laissé l’acteur se charger en plus de la mise en scène. Le hic, c’est que Ben Stiller n’a jamais prouvé être à l’aise avec l’aventure et les effets spéciaux. Son vrai talent se trouve dans l’écriture, la réalisation relevant ensuite plus de l’illustration. Ce qui amène au second hic : ce n’est pas lui qui a écrit le scénario.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7290" title="mitty-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-2.jpg" alt="" width="448" height="336" /></a>Il est cantonné à la tâche de porter à l’écran cette histoire gentillette si l’on veut être sympa, fade si non, et dans tous les cas tout à fait formatée. Elle n’offre aucune prise au dérangement, aux dérapages, à l’imprévu. Exit donc le rire mordant et détonant, ce qui en soi est déjà du gâchis lorsque l’on est Stiller et que l’on a enrôlé à ses côtés Kristen Wiig. Les intentions de <em><strong>…Walter Mitty</strong></em> sont limpides : il s’agit de remplacer ce rire au deuxième degré par une émotion au premier degré. Elles sont également sincères, et même justes, mais leur concrétisation pose problème. Parce que les idées et les compétences lui manquent pour le travail qu’on lui a confié, Stiller fait le même choix par défaut que quantité d’autres avant lui – il se cale sur l’air du temps et suit les courants dominants. Soit, aujourd’hui, la publicité et son imagerie déformant la vie pour nous la vendre sous une forme factice et doucereuse. La première partie de <em><strong>…Walter Mitty</strong></em> (déprécié ou invisible au quotidien, Walter s’évade dans des fantasmes épiques) imite les tics nerveux des pubs Coca-Cola Zero et consorts qui nous vendent le « rêve » d’être un héros au quotidien ; la seconde (Walter part sur les traces d’un photoreporter, du Groenland à l’Everest) reproduit les clichés des pubs pour smartphones / boissons énergisantes / matériel de ski / forfaits mobiles 4G sur la grande aventure en des terres lointaines et inexplorées, source miraculeuse d’un accomplissement personnel qui serait inaccessible autrement. Ça marche un peu lorsque le choix musical attaché à ces clips pour une-vie-plus-intense-que-la-vie est suffisamment fort pour transcender la pauvreté du propos : <em><strong>Wake up </strong></em>d’Arcade fire, <em><strong>Space oddity</strong></em> de David Bowie. Sinon, ça ne marche pas du tout. Et pendant ce temps la vraie vie est retirée du tableau, alors que c’est là que les choses se produisent véritablement – voir la jolie scène, toute simple, où Walter fait du skateboard avec le fils de celle dont il est amoureux.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7291" title="mitty-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/mitty-3.jpg" alt="" width="448" height="237" /></a></p>
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		<title>Les aventures de Robin des Bois, de Michael Curtiz &amp; William Keighley (USA, 1938)</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Oct 2013 21:43:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classiques]]></category>
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		<description><![CDATA[Où ?
À la maison
Quand ?
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Seul
Et alors ?
Un film peut-il en tuer un autre ? Symboliquement bien sûr, non pas en en détruisant toute copie existante mais en trouvant une autre manière de faire en sorte que son visionnage soit quasiment impossible – en rendant cette expérience insupportable. C’est le cas, en ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7018" title="hood-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-2.jpg" alt="" width="434" height="272" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À la maison</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dimanche soir il y a dix jours</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un film peut-il en tuer un autre ? Symboliquement bien sûr, non pas en en détruisant toute copie existante mais en trouvant une autre manière de faire en sorte que son visionnage soit quasiment impossible – en rendant cette expérience insupportable. C’est le cas, en ce qui me concerne, pour ces <em><strong>Aventures de Robin des Bois</strong></em> version 1938, celles du trio Errol Flynn – Olivia de Havilland – Michael Curtiz (mis par le studio à la place du réalisateur initialement choisi, William Keighley, en cours de tournage pour cause de mécontentement au vu des rushes). Le film compte pourtant parmi les grands classiques d’Hollywood, mais pour moi il a surtout été un long moment de comique involontaire, parfois même embarrassant. La faute en incombe à deux comédies tout à fait volontaires, conçues longtemps après <em><strong>Robin des Bois</strong></em> et qui sapent irréparablement les fondations de celui-ci. <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/monty-python%C2%A0-sacre-graal%C2%A0-de-terry-gilliam-terry-jones-angleterre-1975-1955#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Monty Python : Sacré Graal !</strong></span></em></a> d’une part, <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/oss117lecaireniddespionsdemichelhazanaviciusfrance2006-125#hide" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>OSS 117 : Le Caire, nid d’espions</strong></span></em></a> de l’autre affichent aussi crûment que cruellement le ridicule consommé de <em><strong>Robin des Bois</strong></em>, ne lui laissant aucune chance de se remettre de cette attaque menée sur deux fronts.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7017" title="hood-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-1.jpg" alt="" width="450" height="337" /></a>La charge d’<em><strong>OSS 117</strong></em> est une opération de précision, légère dans son exécution mais causant néanmoins des dégâts considérables. Tel Luke Skywalker à bord de son X-Wing envoyant son missile exactement dans le cœur de l’Étoile Noire, le film d’Hazanavicius cible l’élément-clé de <em><strong>Robin des Bois </strong></em>: son acteur principal Errol Flynn. Pour concevoir son personnage d’espion inopérant, Jean Dujardin a repris les deux principales mimiques du Robin des Bois incarné par Flynn et les a poussées à l’extrême, au-delà du raisonnable, dans le risible – d’autant plus nettement qu’OSS 117 n’a aucune réussite ou faculté concrète à faire valoir pour nous faire oublier ses frasques. Dujardin a tellement bien réussi son coup qu’il est aujourd’hui très difficile de regarder le sourire rutilant, ou le rire à gorge déployée (si fort que la tête bascule en arrière) de Flynn sans trouver caricatural cet étalage de triomphalisme en toutes circonstances. [Notons qu’en face le cabotinage confondant de Claude Rains en Prince John n’a besoin de personne pour atteindre les confins du ridicule, façon méchant de série Z].</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-3.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-7019" title="hood-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/hood-3.png" alt="" width="448" height="336" /></a>En prime le Robin des Bois de Flynn, et sa troupe avec lui, n’en fait finalement pas beaucoup plus que l’OSS 117 de Dujardin. On nous répète à longueur de temps ses exploits et ses talents, sans en voir nous-mêmes la couleur – c’est plutôt la nullité de l’opposition qui saute aux yeux. Ce décalage entre les actes et leur récit est pris pour cible avec beaucoup de mordant dans <em><strong>Sacré Graal !</strong></em>, où le personnage de Sir… Robin est suivi en permanence par un ménestrel chantant sa gloire sur la base de prouesses grandement enjolivées voire totalement fantaisistes. C’est loin d’être le seul outrage commis par les Monty Python envers <em><strong>Robin des Bois</strong></em>, film qu’ils décortiquent comme on arrache une à une les pattes d’une mouche. Duel sur un tronc d’arbre servant de pont au-dessus d’une rivière, bataille sauvage en plein château stoppée net d’un instant à l’autre, débordements de liesse dans les scènes de banquets et d’enthousiasme dans les allégeances, tout y passe et tout trépasse. Ce n’est pas de la méchanceté mais de l’acuité, doublée d’un génie comique à même de transformer les gags en révélateur incontestable des béances du sujet moqué. Ainsi ruiné dans ses aspects divertissants, et dépourvu du moindre contenu sérieux pour compenser (résonne encore à mes oreilles la phrase du Roi Richard dans l’épilogue, <em><strong>« je bannis de mon royaume toute forme d’injustice »</strong></em>), l’accusé <em><strong>Robin des Bois</strong></em> est donc coupable ; mais son visionnage vous en conviendra mieux que moi.</p>
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