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	<title>Ciné partout tout le temps &#187; Michelangelo Antonioni</title>
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	<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles</link>
	<description>Du cinéma absolument tout le temps et presque partout</description>
	<lastBuildDate>Tue, 19 Apr 2022 21:40:42 +0000</lastBuildDate>
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		<title>En noir et blanc : L’éclipse, de Michelangelo Antonioni (Italie, 1962)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/ennoiretblancleclipsedemichelangeloantonioniitalie1962-751</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classiques d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Michelangelo Antonioni]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Où&#160;?
  

    En vacances, en DVD zone 2 édité par StudioCanal (inégal : une très bonne analyse du film en bonus, mais des sous-titres dilettantes)
  

    Quand&#160;?
  

    Fin juin
  

    Avec qui&#160;?
  

 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
    <strong><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h25m11s115.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h25m11s115" width="360" height=    "202"/>Où&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    En vacances, en DVD zone 2 édité par StudioCanal (inégal : une très bonne analyse du film en bonus, mais des sous-titres dilettantes)
  </p>
<p>
    <strong>Quand&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Fin juin
  </p>
<p>
    <strong>Avec qui&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Seul
  </p>
<p>
    <strong>Et alors&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> est un film de transition dans la carrière d&#8217;Antonioni. Formellement, il conclut sa période de longs-métrages italiens et en noir et blanc, où l&#8217;on retrouve<br />
    <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-l-avventura-de-michelangelo-antonioni-italie-1960-54896289.html"><em><span><strong>L&#8217;avventura</strong></span></em></a><em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em> et <em><strong>La notte</strong></em>.<br />
    Thématiquement, il annonce la teneur de ses œuvres internationales et en couleur qui suivront : <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-12219564.html"><em><span><strong>Blow up</strong></span></em></a><em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em>, <em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17056130.html"><em><span><strong>Zabriskie point</strong></span></em></a>, <em><span><strong>&nbsp;</strong></span></em><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15493954.html"><em><span><strong>Profession reporter</strong></span></em></a>. Ce statut composite fait<br />
    que <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> est encore plus ambitieux et absolu que ses prédécesseurs ; et moins sidérant et cohérent que ses successeurs. En soi, c&#8217;est un objet cinématographique<br />
    d&#8217;une grande force et surtout d&#8217;une incroyable beauté, bien que sa première partie m’agace. Antonioni y bascule à mon sens du mauvais côté de la frontière floue qui sépare le cinéma contemplatif<br />
    entre films au regard profondément incisif, et poses aussi esthétiques que vaines. Les différentes saynètes de présentation de la vie de l&#8217;héroïne Vittoria (Monica Vitti) étirent leur examen d&#8217;un<br />
    présent bloqué, d&#8217;un quotidien banal, bien au-delà de ce que je suis disposé à accepter comme représentations statiques. Le propos d’Antonioni n&#8217;est pas défectueux, il n&#8217;est pas non plus<br />
    insuffisant. Il s’attarde simplement trop dessus, et ses cadrages soigneusement élaborés se retournent contre lui en n&#8217;inspirant pas grand-chose d&#8217;autre que leur caractère affecté et excessif.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h20m55s0.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h20m55s0" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    Malgré tout, dans ces séquences quelque chose de l&#8217;état d&#8217;esprit de Vittoria traverse l&#8217;écran et vient nous toucher et nous préparer à la suite. Nous ressentons avec force son étrangeté au monde,<br />
    qui est clairement l&#8217;expression de celle d&#8217;Antonioni lui-même. Vittoria est déphasée, elle ne sent pas à sa place dans le cadre que lui proposent son pays et ses concitoyens. La modernité de<br />
    leurs possessions (appartements, voitures) et de leurs conduites ne l’inspire pas. Minoritaire dans sa manière de voir au sein de son entourage, Vittoria est de surcroît incapable d&#8217;exprimer par<br />
    le langage ce qu&#8217;elle ressent ou désire (une tendance majeure de la suite de l&#8217;œuvre d&#8217;Antonioni), possiblement car ce moyen de communication a été complètement capturé par les tenants du camp<br />
    majoritaire, celui de la consommation reine et du matérialisme. Vittoria reste alors sans cesse en marge, du cadre et de l&#8217;action – ou plutôt de l&#8217;excitation, dont l&#8217;exemple le plus saisissant<br />
    est fourni par les scènes d&#8217;hystérie collective à la Bourse. Et lorsqu&#8217;elle s&#8217;essaye à marquer de son empreinte l&#8217;endroit et le moment où elle se trouve, à désaxer le monde selon ses envies –<br />
    telle son interprétation improvisée et candide d&#8217;une indigène kenyane (maquillage intégral et déguisement à l&#8217;appui) –, elle se fait sèchement tacler et renvoyer à son rôle de suiveuse auxiliaire<br />
    et négligeable.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/eclipse-1.jpg" class="CtreTexte" alt="eclipse-1" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    Vittoria est une étrangère, une <em>stranger in a strange land</em> comme le titre du classique de la littérature de science-fiction écrit par Robert Heinlein l&#8217;année précédente. Mais c&#8217;est de<br />
    son créateur Antonioni qu&#8217;elle tient ce trait de caractère ; et à cet écueil de scénario, celui-ci apporte comme un soutien manifeste à Vittoria une solution sous forme de mise en scène. Ce qui<br />
    est à l&#8217;écran dans <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> est le champ de bataille, et la manière dont Antonioni le filme est son assaut visant à terrasser l&#8217;ennemi. Le noir et le blanc de la<br />
    photographie ne sont pas de simples couleurs ou teintes, mais des marqueurs symboliques du degré de considération du cinéaste envers ses différents personnages et actions. À tous ceux et celles<br />
    qui se complaisent dans la triste réalité palpable de la société obnubilée par l&#8217;argent et la propriété, dont les années 1960 sont le préambule, est attribué le noir de la pénombre et de<br />
    l’ignorance. Le blanc cristallin et éclatant est réservé au point de vue de Vittoria, par tous les moyens possibles : par l&#8217;éclairage des lieux bien sûr, mais aussi par la teinte qui leur est<br />
    donnée en propre, et par des moyens encore plus indirects comme le choix de cadrer très large, ou de manière à faire pénétrer dans le plan la lumière ardente du soleil méditerranéen. Comme<br />
    Vittoria, Antonioni cherche une solution pour altérer le monde ; et contrairement à son héroïne, lui a avec le cinéma une forme d&#8217;expression sur laquelle s&#8217;appuyer pour y réussir. La réalisation<br />
    de <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> est guidée par cette volonté que l&#8217;on peut nommer révolutionnaire (rappelons que huit ans plus tard, <em><strong>Zabriskie point</strong></em> sera un film<br />
    ouvertement révolutionnaire) ; et tous les procédés que le cinéma est en mesure de fournir pour nous faire voir différemment le monde sont des armes au service de cette révolution de l&#8217;esprit. Il<br />
    est normal que <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> fût le dernier long-métrage en noir et blanc d’Antonioni : à cette occasion, il a tiré tout ce qu&#8217;il y avait à tirer de cette façon de faire des<br />
    films. Il ne lui restait qu&#8217;à passer à la couleur, et à faire de même dans ce nouveau cadre.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h23m03s50.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h23m03s50" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    La seconde moitié de <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> fournit un support plus solide à cette force visuelle et symbolique. Antonioni y observe – «&nbsp;raconte&nbsp;» serait erroné, tant le<br />
    film est radicalement abstrait – le flirt entre Vittoria et Piero, un pur produit de son époque. Jeune trader aux dents longues, il transforme en énergie individuelle le chaos indescriptible qui<br />
    règne à la Bourse, et ne trouve rien à redire à la cruauté fondamentale des jeux de spéculation financière. Ainsi, lorsqu&#8217;un krach survient et ruine des milliers de petits épargnants, il n&#8217;a<br />
    qu&#8217;un haussement d&#8217;épaules indifférent à opposer à la question de Vittoria <em>«&nbsp;où vont les milliards qui sont perdus ?&nbsp;»</em>. Son attitude dans les relations sentimentales est basée<br />
    sur une même obsession du profit, du retour sur investissement. Le physique conquérant et le regard dur d&#8217;Alain Delon, qui interprète le rôle, sont des vecteurs parfaits de la psychologie<br />
    carnassière de Piero. Il attend du concret – des baisers, des caresses –, et il les attend à courte échéance. L&#8217;amour est pour lui une intimité physique, qui n&#8217;a que partiellement à voir avec<br />
    l&#8217;intimité spirituelle que recherche Vittoria. L&#8217;échec est donc inévitablement au bout du chemin entre elle et lui. Porté par la mise en scène et par les choix de récit d&#8217;Antonioni (son regard<br />
    sur les Bourses contemporaines est visionnaire), cet échec devient plus qu&#8217;individuel : général. <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em> n&#8217;est pas le drame de Vittoria et Piero, mais de toute une<br />
    société qui se laisse gagner par l&#8217;obscurité et l’obscurantisme. Jusqu’à disparaître&nbsp;? L&#8217;épilogue fait en tout cas s’éclipser les deux héros, aussi définitivement qu&#8217;Anna s’évaporait dans<br />
    <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em>. La caméra d&#8217;Antonioni ne capte plus que des bribes du monde, désarticulé et vide de toute humanité à l&#8217;exception de gens errant tels des figurants (ce<br />
    qu&#8217;ils sont effectivement, n&#8217;étant jamais apparus auparavant dans le film), des étrangers au monde à leur tour. Qu&#8217;en conclure ? L&#8217;impossibilité de résoudre ce mystère est peut-être sa raison<br />
    d&#8217;être ; le dernier assaut du cinéaste au sein de ce film contre un monde trop explicite qui exige que tout ait forcément une explication, une justification, une évidence souveraine.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h25m41s150.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h25m41s150" width="360" height="202"/>
  </p>
<div class="clear center"></div>
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		</item>
		<item>
		<title>L’avventura, de Michelangelo Antonioni (Italie, 1960)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/lavventurademichelangeloantonioniitalie1960-752</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Michelangelo Antonioni]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Où&#160;?
  

    En vacances, en DVD zone 2 (Éditions Montparnasse)
  

    Quand&#160;?
  

    Fin juin
  

    Avec qui&#160;?
  

    MaFemme
  

    Et alors&#160;?
  

   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
    <strong><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/avventura-1.jpg" class="CtreTexte" alt="avventura-1" width="360" height="202"/>Où&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    En vacances, en DVD zone 2 (Éditions Montparnasse)
  </p>
<p>
    <strong>Quand&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    Fin juin
  </p>
<p>
    <strong>Avec qui&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    MaFemme
  </p>
<p>
    <strong>Et alors&nbsp;?</strong>
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    Dans son excellente analyse de séquences du film présente sur le DVD, Olivier Assayas fait de <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> rien de moins que l&#8217;œuvre qui a <em>«&nbsp;projeté le cinéma<br />
    dans l&#8217;âge de la modernité&nbsp;»</em>. La raison ? La disparition soudaine, définitive et jamais expliquée à la demi-heure de film de celle qui en était jusqu&#8217;alors le personnage principal.<br />
    Anna, jeune femme issue d&#8217;une famille bourgeoise, était la fiancée de Sandro et la meilleure amie de Claudia. De seconds rôles de l&#8217;histoire d&#8217;Anna, ces derniers se retrouvent propulsés par<br />
    défaut sur le devant de la scène, sans que nous n&#8217;y soyons préparés ; ils n&#8217;ont aucun passé, aucun enjeu qui leur appartienne.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/avventura-2.jpg" class="CtreTexte" alt="avventura-2" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    Par cet acte, Antonioni rejette l&#8217;obligation faite jusque là au cinéma de présenter à son public une dramaturgie balisée de manière évidente. À la même époque les membres de la Nouvelle Vague<br />
    (<span>&nbsp;</span><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-13805718.html"><span>Resnais</span></a>,<br />
    <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-vivre-sa-vie-de-jean-luc-godard-france-1962--38026875.html"><span>Godard</span></a> surtout)<br />
    défrichaient eux aussi cette voie. Mais leur approche était plus globale, et leurs films tout entiers conçus dans un contexte émancipé tandis qu&#8217;Antonioni, encore tâtonnant, fait de cette rupture<br />
    entre les récits d&#8217;hier et le doute moderne un point – LE point – de scénario. Avec <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em>, le cinéma découvre explicitement la liberté absolue de l&#8217;art<br />
    contemporain, et l&#8217;angoissante incertitude qui l&#8217;accompagne comme son ombre. De là, Assayas digresse à raison sur l&#8217;état actuel du cinéma, revenu à une vision rétrograde et étriquée du besoin de<br />
    narration, qu&#8217;il compare à une attitude de <em>«&nbsp;flicage&nbsp;»</em> du spectateur. Lesquels spectateurs ne demandent malheureusement que ça, en tout cas cette immense majorité qui ne veut<br />
    pas de films <em>«&nbsp;prise de tête&nbsp;</em>», expression fourre-tout qui fait son chemin y compris au sein de publics intelligents et cultivés. On peut certes toujours faire des films<br />
    risqués comme <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> aujourd&#8217;hui, mais le plus souvent à condition de les faire seul dans son coin, sans argent. Ou alors ces longs-métrages aboutissent à des<br />
    accidents industriels, et leurs réalisateurs ne se voient plus jamais confier les mêmes moyens et la même liberté.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h33m58s245.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h33m58s245" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> démarre réellement lorsqu’Anna en disparaît. Une disparition orchestrée par Antonioni comme une manipulation consciente du spectateur, puisqu&#8217;il n&#8217;intègre à<br />
    sa mise en scène aucun élément potentiellement annonciateur du renversement à venir. Les scènes qui précèdent ne pourraient au contraire être plus communes, typiques d&#8217;une partie de transition<br />
    d&#8217;un film classique, où s’opère la liaison entre deux moments plus forts dramatiquement. Seul l&#8217;endroit de la disparition n&#8217;est pas anodin : cette île volcanique inquiétante et quasi inhabitée<br />
    est le premier d&#8217;une série de lieux dans lesquels l&#8217;être humain n&#8217;est pas, ou plus, le bienvenu. Un village fantôme (bien que de toute évidence entièrement sorti de terre seulement quelques<br />
    années plus tôt) au milieu de la Sicile, puis un immense palais soudain abandonné au petit matin par l&#8217;intégralité des fêtards qui l’occupaient de fond en comble la veille suivront. Ces visions<br />
    extraordinaires, profondément dérangeantes mettent en exergue le fait que le monde sensible n&#8217;est plus fiable – une certitude qu&#8217;Antonioni creusera de plus en plus dans ces longs-métrages<br />
    suivants (la fin de <em><span><strong><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-en-noir-et-blanc-l-eclipse-de-michelangelo-antonioni-italie-1962-54897851.html">L&#8217;éclipse</a></strong></span></em>, les déserts de <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17056130.html"><em><span><strong>Zabriskie point</strong></span></em></a> et <em><span><strong><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15493954.html">Profession reporter</a></strong></span></em>).
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h32m20s39.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h32m20s39" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    Cette violence de l&#8217;environnement naturel à l&#8217;encontre de l&#8217;homme, comparable à celle d&#8217;un organisme vivant confronté à l’intrusion d&#8217;un corps étranger, se retrouve de manière plus diffuse mais<br />
    constante dans l&#8217;utilisation qu&#8217;Antonioni fait de la Sicile où se déroule la suite du récit. Ce sont les paysages terriblement arides de l&#8217;île, faits de rocaille et de végétation décharnée, qui<br />
    l&#8217;intéressent et nourrissent son inspiration, sa vision. L&#8217;opposition est physique, entre les corps et les paysages, bien plus que sociale entre la pauvreté des locaux et le style de vie<br />
    bourgeois des deux héros Sandro et Claudia. Cette seconde option, plus classique et par exemple exploitée sur le mode satirique par <em><span><strong><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-35278752.html">Casanova 70</a></strong></span></em>, n&#8217;existe que dans deux scènes : l&#8217;entretien avec le pharmacien, et le cauchemar éveillé<br />
    de Claudia qui se retrouve scrutée par tous les hommes d&#8217;un village telle une bête sauvage, ou une proie.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/avventura-3.jpg" class="CtreTexte" alt="avventura-3" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    J&#8217;ai évoqué plus haut la correspondance entre <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> et les premières œuvres de la Nouvelle Vague. Un se rapproche plus particulièrement du film d&#8217;Antonioni :<br />
    <em><span><strong><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-14739174.html">A bout de souffle</a></strong></span></em> de Godard. Tous deux<br />
    baignent dans une ambiance préfigurant la libération des mœurs ; dans <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> il semble ainsi que tout le monde se séduit, se frôle, s&#8217;embrasse, se dénude sans que<br />
    l&#8217;éventuelle présence de spectateurs extérieurs ne représente une gêne. Surtout, <em><strong>A bout de souffle</strong></em> et <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> font preuve d&#8217;une même<br />
    insolente liberté par rapport au genre qui les héberge. <em><strong>A bout de souffle</strong></em> est un polar délaissant tous les codes du polar, <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> une<br />
    enquête sans aucun élément se rapportant concrètement à une investigation. Les deux films s’éloignent cependant dans ce qu&#8217;ils tirent de cet acte inaugural de rébellion, puisque Godard comprime<br />
    son récit jusqu&#8217;à sembler sauter d&#8217;ellipse en ellipse, comme pour prendre le genre de vitesse ; alors que de son côté Antonioni s&#8217;étire dans le présent jusqu&#8217;à stopper le passage du temps. Ce<br />
    sens du mouvement, de l&#8217;accélération et de la rupture inhérent à l&#8217;homme et prépondérant chez Godard, Antonioni le conteste. Là encore son intuition est en faveur de la nature, à l’immuabilité et<br />
    la résistance insurmontables par l&#8217;homme.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h35m21s73.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h35m21s73" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    Dans ce contexte, Sandro et Claudia ne peuvent avoir d&#8217;ambition forte quant à leur existence où à la marque qu&#8217;ils laisseront sur le monde. Leur quête d&#8217;Anna apparaît très vite comme rien de plus<br />
    qu&#8217;un prétexte, une <em>avventura</em> génératrice d&#8217;une raison d&#8217;être ensemble et de la dose d&#8217;adrénaline permettant de savourer l&#8217;instant présent. Le film joue savamment du malaise qui entoure<br />
    le couple, et du paradoxe qui régit son fonctionnement : l&#8217;excitation de l&#8217;enquête en elle-même soude Sandro et Claudia, mais son but réel (retrouver l&#8217;absente) le met en danger. Tout du moins<br />
    tant que les deux personnages n&#8217;ont pas remplacé la première force qui les pousse l&#8217;un vers l&#8217;autre par une autre, bien plus durable – l&#8217;amour véritable. La fin de<br />
    <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em>, mutique et secrète comme il se doit pour un film d&#8217;Antonioni, peut ainsi être vue comme l&#8217;expression de l’abandon à un tel amour, via le repentir de Sandro<br />
    et le pardon de Claudia après que le premier a trompé la seconde. Dans un monde où les individus peuvent s’effacer aussi brutalement et irrévocablement qu&#8217;Anna, une «&nbsp;petite&nbsp;»<br />
    disparition telle que l&#8217;infidélité de Sandro est finalement bien peu grave. Telle était d’ailleurs la crainte de Claudia, relayée par la mise en scène (qui reprend tous les effets de la partie<br />
    sur l’île) de sa quête affolée de son amant introuvable, avant qu’elle ne le trouve dans les bras d’une autre&nbsp;: que Sandro se soit volatilisé, sans raison ni espoir de le revoir.
  </p>
<p>
    Ce léger rai d’optimisme final du cinéaste ne sera plus de mise dans ses films postérieurs – dès <em><strong>L&#8217;éclipse</strong></em>, le sauvetage par l&#8217;amour devient une éventualité chimérique.
  </p>
<p>
    <img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/360x202/1/12/92/62/images-14/vlcsnap-2010-08-03-23h31m50s4.png" class="CtreTexte" alt="vlcsnap-2010-08-03-23h31m50s4" width="360" height="202"/>
  </p>
<p>
    En plus de l&#8217;intervention d&#8217;Olivier Assayas citée plus haut, le DVD des Editions Montparnasse regroupe dans ses suppléments des documents d&#8217;archives intéressants. On y trouve les récits de la<br />
    rencontre entre Antonioni et sa muse/compagne Monica Vitti (ils tourneront quatre films ensemble) ; de la vision d&#8217;Antonioni des rapports entre acteurs et réalisateur (ils sont ses outils, lui<br />
    seul est le cerveau du film) ; de l&#8217;idée de départ de <em><strong>L&#8217;avventura</strong></em> ; et du passage cauchemardesque du film au Festival de Cannes, où il fut sifflé et moqué par cette<br />
    frange du public qui depuis plus d&#8217;un demi-siècle hue année après année les œuvres téméraires qui viennent bouleverser le cours du cinéma.
  </p>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Zabriskie point, de Michelangelo Antonioni (USA, 1969)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/zabriskiepointdemichelangeloantonioniusa1969-753</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/zabriskiepointdemichelangeloantonioniusa1969-753#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 24 Feb 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Michelangelo Antonioni]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  Au cinéma Le Champo, dans la petite rue du même nom (Champollion) où s’entassent 3 excellentes salles d’art et d’essai sur 50 mètres

    &#160;
  

  Quand&#160;?

    &#160;
  
Mardi dernier, en reprise en copie neuve

    &#160;
  

  Avec qui&#160;?
  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  Au cinéma Le Champo, dans la petite rue du même nom (Champollion) où s’entassent 3 excellentes salles d’art et d’essai sur 50 mètres</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Quand&nbsp;?</strong></p>
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    &nbsp;
  </div>
<p>Mardi dernier, en reprise en copie neuve</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong><br />
  Ma femme, et une vingtaine de personnes regroupées dans une salle arrangée de telle sorte que l’on a le sentiment d’être dans le salon de quelqu’un&nbsp;: petite, peu de pente, une porte donnant<br />
  presque directement sur l’extérieur et l’autre sur la cabine de projection.</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Comme toujours dans les films du maître italien, l’ampleur et l’acuité du génie déployé frappent après la projection plus que pendant. Les scénarios conçus et mis en images par Antonioni sont en<br />
    effet de longs parcours mystérieux, dont le sens n&#8217;émerge réellement qu’au bout du chemin. Unique en son genre, le tour de force ne cesse d’impressionner œuvre après œuvre.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="298" height="132" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/298x132/1/12/92/62/images-2/zabriskie-4.jpg" class="CtreTexte" alt="zabriskie-4.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Dans <strong><em>Zabriskie point</em></strong>, Antonioni observe l&#8217;Amérique dans laquelle il vient d’arriver comme il observait Londres dans <strong><em><a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-12219564.html" target="_blank"><u>Blow-up</u></a>&nbsp;</em></strong>: avec un grand sens de l’adaptation. Bien qu’approchant la<br />
    soixantaine, il parvient dans un film comme dans l’autre à se nourrir à la perfection des lieux, des époques, des bouillonnements culturels «&nbsp;de jeunes&nbsp;» pour en tirer la toile de fond<br />
    de ses récits. Et bien qu’elle tienne en seulement quelques scènes avant que l’intrigue proprement dite ne s’enclenche, la description de cet arrière-plan ne manque ni de soin&nbsp;ni<br />
    d’authenticité. L’affrontement entre les 2 propositions de civilisation qui s’opposaient alors aux USA (à gauche, les émeutes étudiantes, la quête d’un absolu de liberté et d’égalité&nbsp;; à<br />
    droite, la répression policière musclée, la spéculation immobilière, la publicité tous azimuts) a ainsi rarement été synthétisé de manière aussi méthodique et claire que dans le 1er acte de<br />
    <strong><em>Zabriskie point</em></strong>.
  </p>
<div align="justify">
<div align="center">
<p><img width="299" height="195" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x195/1/12/92/62/images-2/zabriskie-1.jpg" class="CtreTexte" alt="zabriskie-1.jpg"/></p></div>
<p>Au milieu de ces luttes, Antonioni se focalise sur 2 individus qui ne sont impliqués que par procuration&nbsp;: l’ami d’un émeutier, qui prend la fuite dans le désert après s’être vu accusé<br />
    à tort du meurtre d’un policier&nbsp;; et la secrétaire intérimaire d’un promoteur immobilier, chargée de traverser ce même désert en voiture pour assister une réunion. Il et Elle sont 2 gravures<br />
    de mode, affolantes de sex-appeal, qui vont vivre – et nous faire vivre – une lente et irrépressible montée du désir physique et sexuel à l&#8217;état pur, loin des luttes sociétales, dans ce désert<br />
    plus torride qu’aride qui fascine visiblement le cinéaste. Tout se passe comme si ce dernier, après avoir été témoin de l’état de l’Amérique, secouait la tête de dépit et détournait le regard<br />
    vers l’antithèse de ce déballage d’idées et de coups, vers son épure contraire. Que la fuite du héros se fasse en avion n’est en ce sens qu’un prétexte, pour effectuer de grands et hypnotiques<br />
    plans aériens sur un espace vierge de trace humaine ou s’autoriser un pastiche décalé de <strong><em>La mort aux trousses</em></strong>.</p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="211" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x211/1/12/92/62/images-2/zabriskie-2.jpg" class="CtreTexte" alt="zabriskie-2.jpg"/></p></div>
<p>Dans ce lieu hors du temps, hors du monde, la fusion des corps et des émotions plutôt que leur affrontement stérile devient possible. On assiste même à la fusion de tous les corps,<br />
    puisqu’une scène de sexe classique et attendue entre 2 personnes devient au fil du montage une orgie onirique et irréelle – don peut d’ailleurs penser que David Lynch s’est inspiré pour sa propre<br />
    scène de sexe dans le désert de <strong><em>Lost highway</em></strong>. Cette séquence de <strong><em>Zabriskie point</em></strong> est une preuve de plus du grand réalisateur qu’était Antonioni.<br />
    Elle pourrait être ridicule, elle est tout simplement belle et enivrante&nbsp;: moment fragile, en suspens, qui touche du doigt un absolu de jouissance intemporelle, passée, présente et à venir –<br />
    et qui comme toutes les plus belles scènes signées Antonioni (le jeu de tennis sans balle de <strong><em>Blow-up</em></strong>, le plan-séquence de <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15493954.html" target="_blank"><strong><em><u>Profession&nbsp;: reporter</u></em></strong></a>) représente qui plus est une réussite<br />
    atteignable uniquement par le cinéma à son plus pur.</p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="180" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x180/1/12/92/62/images-2/zabriskie-3.jpg" class="CtreTexte" alt="zabriskie-3.jpg"/></p></div>
<p>Mais cette épiphanie est éphémère. La société revient inexorablement dans le champ, sous la forme d’un contrôle anodin de police, puis rappelle à elle ses membres égarés pour les replonger<br />
    dans les brutales oppositions collectives. Comme dans le <strong><em>Profession : reporter</em></strong> qui suivra, la fin du récit, inexorable et douloureux retour sur terre après l’envol au 7è<br />
    ciel, décrit la victoire de l&#8217;ordre du plus grand nombre sur la rébellion de quelques individus. Mais dans le même temps, et de façon encore plus frontale ici que dans le film à venir (Antonioni<br />
    est alors en pleine période maoïste), il appelle de tous ses vœux la révolution. L’explosion absolue de tous les signes extérieurs de richesse de la société de consommation et de l&#8217;argent-roi sur<br />
    laquelle s’achève <strong><em>Zabriskie point</em></strong>, ainsi que le profond apaisement que cette dévastation génère, sont sur ce point on ne peut plus explicites. Et comme pour<br />
    <strong><em>Blow-up</em></strong>, comme pour <strong><em>Profession&nbsp;: reporter</em></strong>, force est de constater 40 ans plus tard qu’Antonioni a une nouvelle été visionnaire&nbsp;: le<br />
    consumérisme a gagné, mais l’espoir d’une autre voie n’en a pas été éradiqué pour autant.
  </div>
<div align="justify"></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Profession : reporter, de Michelangelo Antonioni (Italie – Angleterre, 1972)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/professionreporterdemichelangeloantonioniitalie%e2%80%93angleterre1972-754</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/professionreporterdemichelangeloantonioniitalie%e2%80%93angleterre1972-754#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Jan 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Classiques d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Michelangelo Antonioni]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  Chez moi, en DVD (l’édition identique zone 1 / zone 2 de Columbia)

    &#160;
  

  Quand&#160;?

    &#160;
  
Juste après Noël

    &#160;
  

  Avec qui&#160;?

    &#160;
  
Ma femme

    &#160;
  

  Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  Chez moi, en DVD (l’édition identique zone 1 / zone 2 de Columbia)</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Quand&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Juste après Noël</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Ma femme</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Les 20 premières minutes de <strong><em>Profession&nbsp;: reporter</em></strong>, situées en plein cœur du désert saharien, sont stupéfiantes. Par l’aridité de sa mise en scène, son inhumanité<br />
    presque (échanges verbaux réduits au plus strict minimum, personnages écrasés dans le décor, caméra qui ne s’attache pas exclusivement à eux mais les observe comme une partie d’un tout plus<br />
    vaste), Antonioni rend palpable la disparition progressive de l’identité, de l’existence même d’une personne – et donc la possibilité du changement d’identité du reporter David Locke (Jack<br />
    Nicholson) qui, à la suite de ce qui semble être la déconvenue professionnelle de trop, décide de devenir M. Robertson, l’homme mort d’une crise cardiaque dans la chambre d’hôtel contiguë à la<br />
    sienne.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-2/prepo-4.jpg" class="CtreTexte" alt="prepo-4.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Cette permutation comporte une grande part d’humour grinçant. Par un renversement malin du stéréotype habituel, elle se déroule en pays noir, où ce sont 2 blancs qui se ressemblent vaguement et<br />
    deviennent du coup interchangeables aux yeux des locaux. Plus cynique et troublante, la part d’introspection mise dans le film par Antonioni&nbsp;: à son image, Locke est un cinéaste reporter<br />
    cherchant à transmettre la vérité sur les hommes par la captation sur pellicule de leurs luttes et de leurs idéaux. Dans son commentaire audio, Nicholson rapporte plusieurs anecdotes confirmant<br />
    l’existence d’un tel transfert entre le réalisateur et son personnage, transfert difficile à oublier quand Locke rejette son existence pour devenir&#8230; trafiquant d&#8217;armes, le métier de<br />
    «&nbsp;l’homme d’affaires&nbsp;» Robertson.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-2/prepo-5.jpg" class="CtreTexte" alt="prepo-5.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Le sentiment dominant est qu’Antonioni met à l&#8217;écran sa part obscure, ses inavouables tentations de renoncement. Mais une fois revenu dans le monde occidental, le changement s’avère en réalité<br />
    impossible. Les proches de Locke s&#8217;accrochent à lui, ou plutôt (ce qui est bien plus pervers) à ce qu&#8217;il produisait : ses reportages, ses interviews, qu’ils visionnent en permanence en lieu et<br />
    place d’objets qui leur rappelleraient la personne Locke et non sa fonction. L’être humain n&#8217;existe plus en tant que tel, il se doit d’être une source de quelque chose d’utile, de concret.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-2/prepo-2.jpg" class="CtreTexte" alt="prepo-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    La même infortune s’attaque à Locke dans sa peau de trafiquant d’armes. La fin tragique qu’il rencontre ne vient pas du fait qu’il ait usurpé l’identité de Robertson, mais de la fonction attachée<br />
    à l’image de ce dernier – les hommes qui le poursuivent ne cherchent pas à tuer «&nbsp;Locke&nbsp;» ou «&nbsp;Robertson&nbsp;», ils sont là pour se débarrasser du «&nbsp;trafiquant<br />
    d’armes&nbsp;», de même que les anciennes connaissances de Locke veulent retrouver le «&nbsp;reporter&nbsp;». Dans la continuité logique d’un film où les lieux traversés par les personnages<br />
    (l’église à Munich, les maisons construites par Gaudi à Barcelone) ont autant, si ce n’est plus, d’importance que les personnages eux-mêmes et leurs actions, la dernière séquence de<br />
    <strong><em>Profession&nbsp;: reporter</em></strong> fait écho à la 1ère en revenant dans le désert – andalou cette fois-ci. Ce retour au point de départ, fait des mêmes maisons à la blancheur<br />
    éclatante, des mêmes autochtones indifférents, écrase Locke sous la sensation d&#8217;inutilité de toute cette quête, et de l&#8217;inéluctabilité du destin. L’interprétation de Nicholson, hagard et<br />
    hypnotique, l’exprime à la perfection. Tout comme le plan-séquence final mythique, dont les 7 minutes sont rendues interminables par l’opposition entre la lenteur sereine de la caméra et le drame<br />
    humain qui se joue pour partie hors champ. Drame déprécié par la mise en scène d’Antonioni, qui parachève là ce qu’il n’a cessé de nous susurrer tout au long de <strong><em>Profession&nbsp;:<br />
    reporter</em></strong>&nbsp;par ses mouvements de caméra s’attardant sur les à-côtés de l’intrigue : l’anonymat, l’insignifiance, l’éclipse (titre d’un autre film du cinéaste) nous guettent en<br />
    permanence, malgré nos efforts désespérés pour les rejeter à bonne distance.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-2/prepo-6.jpg" class="CtreTexte" alt="prepo-6.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    À la fin de son commentaire audio, Jack Nicholson dévoile l’astuce technique située au cœur de ce morceau de bravoure. Avant cela, ses souvenirs de tournage, ses anecdotes sur Antonioni (point<br />
    que j’ai déjà évoqué plus haut) et ses digressions autour des thèmes brassés par le film, dont une le mène jusqu’aux écrits de Tocqueville, donnent la très agréable sensation de regarder le film<br />
    à ses côtés, entre amis. On sent l’acteur toujours aussi impressionné, 35 ans après, par l’aventure unique que lui a fait vivre un grand cinéaste. L’autre piste de commentaires, qui fait<br />
    intervenir le scénariste Mark Peploe, est moins intéressante. Seule l’écoute du premier 1/4 d’heure, où est racontée la genèse peu banale du film, mérite le détour.
  </p>
<div align="justify"></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Blow up : vers la sagesse ou la folie ? , de Michelangelo Antonioni (Italie/Angleterre, 1967)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/blowupverslasagesseoulafoliedemichelangeloantonioniitalieangleterre1967-755</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/blowupverslasagesseoulafoliedemichelangeloantonioniitalieangleterre1967-755#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 05 Sep 2007 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festivals (films primés...)]]></category>
		<category><![CDATA[Michelangelo Antonioni]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  À la filmothèque du Quartier Latin, dans la salle bleue cette fois. Le cinéma projette le film chaque jour depuis le mois d’août, en hommage au réalisateur récemment disparu.

    &#160;
  

  Quand&#160;?

    &#160;
  
Hier soir

    &#160;
  

  Avec qui&#160;?

 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  À la filmothèque du Quartier Latin, dans la salle bleue cette fois. Le cinéma projette le film chaque jour depuis le mois d’août, en hommage au réalisateur récemment disparu.</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong></p>
<p>  Quand&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Hier soir</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong></p>
<p>  Avec qui&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Ma fiancée</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong></p>
<p>  Et alors ?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    <strong><em>Blow up</em></strong>, Palme d’or en 1967, appartient à une catégorie de films que j’affectionne particulièrement&nbsp;(cf. <u>une autre Palme d’or récente</u>) : ceux dont le récit<br />
    est tout entier contenu sur une durée limitée, sans pour autant tomber dans le fantasme trompeur du temps réel. Ici, 24 heures de la vie d’un photographe <em>hype</em> du Londres <em>hype</em><br />
    des années 60 vont suffire à mettre à bas ses certitudes et son rapport au monde. Le choix du métier de Thomas (David Hemmings) n’a rien d’anodin. Le photographe constitue la représentation<br />
    visuelle la plus forte qui soit de notre société vivant dans le culte de l’apparence et – justement – de la représentation. En ne regardant le monde qu’à travers les yeux et l’appareil de Thomas,<br />
    <strong><em>Blow up</em></strong> est donc tout entier une mise en abyme, non pas concrète (du type un film dans le film) mais philosophique&nbsp;: Antonioni capte dans une caméra les faits et<br />
    gestes d’un homme qui cherche à capter l’essence du monde dans une caméra.
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Pour accentuer le trouble généré, Antonioni filme ses scènes comme des tableaux, à la composition plus esthétique que naturelle. Le résultat est visuellement enchanteur, une suite de toiles d’une<br />
    grande richesse. Thématiquement, cette stylisation interpelle&nbsp;: le cinéaste piège-t-il Thomas dans son propre jeu, ou bien désire-t-il dire la grandeur de l’art, capable de sublimer<br />
    l’existence ? La problématique de <strong><em>Blow up</em></strong> et de son héros est là, dans cette incertitude entre la déliquescence et l’élévation, la folie et la sagesse. Antipathique sans<br />
    être pour autant mauvais, Thomas mène une vie matérialiste, complètement vide sur le plan spirituel&nbsp;; il ne conçoit son rapport aux choses et aux êtres que par la qualité des photos qu’elles<br />
    peuvent lui apporter. On le voit ainsi aimer ou bien humilier les femmes via son appareil, ou encore déclarer que Londres ne l’intéresse plus – pour cause, il est sur le point de finir un recueil<br />
    de clichés couvrant sous tous ses aspects la ville, qu’il a vampirisée sans jamais réellement l’habiter.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62//blowup-1.jpg" class="CtreTexte" alt="blowup-1.jpg"/></p></div>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    La dernière photographie de ce projet va tout remettre en cause. Certes, elle établit tout d’abord la toute-puissance du photographe, qui découvre par des agrandissements successifs que cette<br />
    scène anodine (un couple dans un parc) cache en son sein une scène de crime. Mais elle ouvre ensuite un gouffre sous les pieds de Thomas, ramené à sa vacuité par le surgissement concret et<br />
    inattendu de la mort. Face à la gravité de la situation, la réaction de celui-ci est tragiquement veule. Il esquive dans un premier temps la confrontation en se réfugiant parmi ses compagnons<br />
    d’aphasie voulue, dans un concert où les reliques offertes par le groupe importent plus que la musique ou dans une soirée où tout le monde s’abandonne dans la drogue. Finalement, il ne l’accepte<br />
    au lever du jour que muni de son substitut d’âme&nbsp;: son appareil photo. Mais le «&nbsp;rendez-vous&nbsp;» achoppe et la scène qui suit, devenue culte (une partie de tennis sans balle ni<br />
    raquettes), clôt le récit en laissant sans réponse la question cruciale&nbsp;: Thomas a-t-il quitté le règne de l’apparence pour atteindre la sagesse, ou bien y a-t-il plongé jusqu’à la<br />
    folie&nbsp;?
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    &nbsp;
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    Antonioni laisse à chaque spectateur le soin de trouver sa propre réponse, puisque le parcours de Thomas n’est là que pour refléter le notre, confronté aux mêmes doutes et tentations. En<br />
    repensant a posteriori à <strong><em>Blow up</em></strong>, on se rend compte qu’une voie de secours possible&nbsp;y est tracée : l’expression artistique. Le cinéaste l’expose via les nombreux<br />
    média qui foisonnent dans le <em>swinging London</em> de cette époque, des musiques en plein essor (la bande-son jazz de Herbie Hancock, le rock) aux performances corporelles (le mime, mais aussi<br />
    le sexe libre et sans tabous). À vous d’en tirer le meilleur parti, semblait-il – et semble-t-il toujours – nous dire.
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<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62//blowup-2.jpg" class="CtreTexte" alt="blowup-2.jpg"/></p></div>
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