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	<title>Ciné partout tout le temps &#187; Johnnie To</title>
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	<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles</link>
	<description>Du cinéma absolument tout le temps et presque partout</description>
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		<title>La vie sans principe, de Johnnie To (Hong Kong, 2011)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/la-vie-sans-principe-de-johnnie-to-hong-kong-2011-4803</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jul 2012 18:33:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extrême-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[Où ?
Au cinéma la Bastille
Quand ?
Vendredi soir, à 22h
Avec qui ?
Seul
Et alors ?
Par rapport aux habitudes passées du stakhanoviste qu’est Johnnie To, l’attente de trois ans entre Vengeance, son dernier long-métrage sorti en France, et cette Vie sans principe qui en est le successeur, n’est pas loin de passer pour aberrante. To nous avait accoutumés à compter plutôt en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4804" title="principe-1" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-1-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Où ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au cinéma la Bastille</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vendredi soir, à 22h</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec qui ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Seul</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et alors ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par rapport aux habitudes passées du stakhanoviste qu’est Johnnie To, l’attente de trois ans entre <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/ilssontrepartisdecannessansrien2vengeancedejohnnietohongkong2009-728" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Vengeance</strong></span></em></a>, son dernier long-métrage sorti en France, et cette <em><strong>Vie sans principe</strong></em> qui en est le successeur, n’est pas loin de passer pour aberrante. To nous avait accoutumés à compter plutôt en mois l’écart entre deux de ses films. Plusieurs raisons semblent s’être cumulées pour aboutir cette fois à un silence prolongé : une coupure réelle de deux ans, un film non montré chez nous, et presque un an d’attente entre la présentation au Festival de Venise 2011 de <em><strong>La vie sans principe</strong></em> et sa distribution – très limitée. To n’était-il qu’une mode passagère, et désormais périmée, sans raison ? Ou le fait que <em><strong>La vie sans principe</strong></em> le voit s’écarter du cadre où s’est faite sa renommée – les films de gangsters, vitrine du cinéma de Hong Kong – a-t-il provoqué un rejet réflexe et pas très fin ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4805" title="principe-2" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-2-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Il faut espérer que la réponse à ces deux questions est négative, car <em><strong>La vie sans principe</strong></em>, sans s’ajouter à la liste des chefs-d’œuvre du réalisateur, est un très beau morceau de cinéma. To et sa <em>creative team</em> (ainsi que sont crédités au générique les auteurs de son studio Milkyway) ont tissé une toile narrative riche et excitante, film choral à quatre personnages principaux et au scénario saupoudré d’éléments à la <em><strong>Rashomon</strong></em>. On va revoir selon le point de vue de chacun plusieurs des événements des deux journées couvertes par le récit, à la fin desquelles leur vie aura pris un nouveau tour radicalement différent. Au cours de ces quarante-huit heures, Teresa la conseillère bancaire, « Panthère » le voyou dévoué à sa triade, et le couple formé par l’inspecteur Cheung et sa fiancée (dont l’histoire est bien faiblarde comparée aux autres) se retrouvent tous directement impactés par les fluctuations délirantes des marchés financiers, qui les amèneront au bord du précipice. Les chemins détournés empruntés par le scénario pour en venir à ce point sont le fruit d’une inspiration très féconde et d’un plaisir gourmand du conte. <em><strong>La vie sans principe</strong></em> trouve le bon dosage entre la complicité avec le spectateur et la manipulation à son encontre, pour nous surprendre sans cesse tout en nous gardant dans le même camp que lui et ses héros.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-4.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4807" title="principe-4" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-4-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Comme toujours ou presque avec To, ce parti pris est celui des individus sans histoire et honnêtes contre les systèmes tentaculaires et écrasants. Ce dernier rôle était tenu d’ordinaire par les diverses factions de la mafia locale, qui laissent donc cette fois la place à la finance mondialisée (le film inclut un krach boursier dû à un énième soubresaut de la crise de la dette grecque) et échappant à tout contrôle. L’émergence de cette nouvelle force titanesque à la manœuvre justifie le geste du cinéaste de délaisser le film de gangsters. Les histoires de gendarmes et de voleurs se sont en effet elles-mêmes diluées dans les flux financiers et l’attrait pour l’argent facile : l’inspecteur Cheung est interrompu en plein travail par sa femme pour décider de l’achat d’un appartement hors de prix, Panthère s’avère être le dernier « frère » fidèle à l’esprit de la triade, quand tout le monde autour de lui s’est laissé attirer par des carrières plus lucratives. Avec le changement d’environnement opéré pour <em><strong>La vie sans principe</strong></em>, To prend acte de cette nouvelle donne.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-4806" title="principe-3" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/principe-3-299x200.jpg" alt="" width="299" height="200" /></a>Mais il ne se laisse certainement pas démonter par elle. Sa mise en scène reste toujours aussi virtuose et inventive, capable de créer du suspense dans n’importe quelle situation, sur une base même infime. <em><strong>La vie sans principe</strong></em> regorge de tels moments, à un ou deux protagonistes enfermés dans des bureaux aveugles et aux prises avec des ordinateurs ou autres objets inanimés, qui par la seule force des cadrages et du découpage font grimper notre rythme cardiaque et notre tension. To donne à son histoire la forme d’un thriller étouffant, et simultanément l’esprit d’une farce amorale et allègre. Une part des péripéties et des figures du récit sont ouvertement excessives, bouffonnes, tel Panthère, son QI déficient, ses tics incessants (après <a href="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/week-enddedoubles22williamfriedkinbugcruisingetjohnnietofulltimekillermaddetective-731" target="_self"><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>Mad detective</strong></span></em></a>, To offre une nouvelle fois à l’acteur Lau Ching-Wan l’occasion de jouer un rôle <em>borderline</em>, captivant et dont il fait des merveilles) ; mais aussi l’usurier ou encore l’agression dont ce dernier est victime. Cette part est suffisamment importante pour infléchir le ton général du film, le tirer vers la facétie qui est finalement tout ce que mérite cette finance devenue folle. La pirouette joyeuse qui conclut <em><strong>La vie sans principe</strong></em> est à considérer en ce sens : puisque toutes ces opérations complexes et brassant des millions ne sont pas beaucoup plus évoluées que des paris de casino, il n’y a pas de raison que leur issue soit forcément défavorable aux personnages.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Ils sont repartis de Cannes sans rien (2) : Vengeance, de Johnnie To (Hong Kong, 2009)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/ilssontrepartisdecannessansrien2vengeancedejohnnietohongkong2009-728</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/ilssontrepartisdecannessansrien2vengeancedejohnnietohongkong2009-728#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 May 2009 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[
    

Où&#160;?
  

    Au ciné-cité les Halles
  

    &#160;
  

    Quand&#160;?
  

    Mardi soir, à 22h30
  

    &#160;
  

    Avec qui&#160;?
  

    Seul
  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
    <b><br />
<img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/250x341/1/12/92/62/images-7/vengeance-3.jpg" class="GcheTexte" width="250" height="341"/><br />
Où&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Au ciné-cité les Halles
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    <b>Quand&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Mardi soir, à 22h30
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    <b>Avec qui&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Seul
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    <b>Et alors&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    J&#8217;avais déjà signalé à l&#8217;occasion de la sortie de son film <em><span><b><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17895018.html">Mad<br />
    detective</a></b></span></em>, il y a un peu plus d&#8217;un an, qu&#8217;après avoir atteint le summum de son art avec <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-19091690.html"><em><span><b>Election</b></span></em></a> et <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-11551703.html"><em><span><b>Exilé</b></span></em></a> le défi auquel Johnnie To devait maintenant faire<br />
    face était celui du renouvellement, de l&#8217;ouverture à de nouveaux horizons, à de nouvelles prises de risques. <em><b>Mad detective</b></em> était une première étape dans cette direction,<br />
    <em><b>Vengeance</b></em> en constitue une deuxième un poil moins brillante mais qui reste dans l&#8217;ensemble une réussite. Dans les deux cas, le vent du changement arrive sous les traits d&#8217;un<br />
    personnage improbable ; c&#8217;était le flic voyant des fantômes dans <em><b>Mad detective</b></em>, c&#8217;est ici un étranger, un <em>«&nbsp;Blanc&nbsp;»</em> (en miroir du «&nbsp;Chinois&nbsp;»<br />
    générique dans les pays occidentaux) venu venger la mort de ses petits-enfants. Le «&nbsp;Blanc&nbsp;», c&#8217;est Johnny Hallyday, fantôme du <em><b>Samouraï</b></em> de Melville &#8211; même nom de<br />
    famille, Costello, même chapeau, même mutisme -, un cinéaste et un film qui hantent visiblement Johnnie To comme John Woo avant lui.
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<p>
    Ce casting a tout d&#8217;un joli coup &#8211; il a assurément permis à To d&#8217;être le seul semi-novice de la sélection cannoise cette année (<em><b>Election</b></em> était passé hors compétition), et<br />
    d&#8217;obtenir pour <em><b>Vengeance</b></em> une distribution en France sans commune mesure avec celle de ses précédents films. Mais la présence de Johnny Hallyday au cœur de l&#8217;univers du réalisateur<br />
    apporte bien plus que ces simples distinctions annexes. Elle fournit à Johnnie To un moyen de poursuivre plus avant son exploration, démarrée avec <em><b>Exilé</b></em>, en dehors des frontières<br />
    de cet univers qu&#8217;il a mis en place&nbsp;; en dehors de ce cercle infini de luttes entre triades, de contrats, de fusillades urbaines. Si ces éléments sont toujours présents dans<br />
    <em><b>Vengeance</b></em>, ils apparaissent désormais comme poreux à l&#8217;influence du monde extérieur, à la possibilité d&#8217;une autre voie. <em><b>Exilé</b></em> tâtait déjà ce terrain inconnu, avec<br />
    ses scènes de repas joyeux suspendant le temps avant ou après une fusillade décidée par d&#8217;autres. <em><b>Vengeance</b></em> étire ce qui n&#8217;était que des parenthèses, et qui remplit désormais<br />
    l&#8217;étonnante première moitié du récit. Costello est un étranger&nbsp;; il ne sait donc pas immédiatement comment contacter des tueurs, puis comment retrouver la trace de ses cibles. De plus,<br />
    Costello est français, et chef cuisinier&nbsp;; les plaisirs de la table lui importent donc presque autant que son désir de vengeance, d&#8217;où la préparation pour ses nouveaux associés d&#8217;un déjeuner<br />
    exquis, fait à partir de mets achetés par sa fille avant le drame et accompagné d&#8217;un bon vin.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-7/vengeance-1.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="199"/></p>
<p>
    Cette ambiance de report à plus tard des affrontements, dans lesquels les héros s&#8217;engagent avec résignation plutôt qu&#8217;un engouement délirant, reste une source de perturbation des codes y compris<br />
    une fois que le ballet de coups de feu et de traquenards s&#8217;engage. La première des fusillades qui se succèdent en est le meilleur exemple, puisqu&#8217;elle renvoie ses participants dos à dos sur tous<br />
    les plans&nbsp;: même nombre de tireurs &#8211; à un près &#8211; dans chaque camp, loin des déséquilibres habituels&nbsp;; même ancrage dans le monde réel, qui humanise l&#8217;ensemble des adversaires (le trio<br />
    auquel s&#8217;associe Costello intercepte le trio ennemi alors qu&#8217;ils se rendent à un pique-nique avec leurs familles)&nbsp;; même impuissance devant les conditions géographiques &#8211; la densité de la<br />
    forêt &#8211; et météo, lorsque les passages des bancs de nuages devant la Lune enlèvent toute visibilité. La séquence, longue et pleine de renversements de fortune, s&#8217;achève sur un match nul &#8211; et dans<br />
    la scène suivante, on apprend, superbe basculement scénaristique, que les deux trios obéissent en temps normal au même boss.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x199/1/12/92/62/images-7/vengeance-2.jpg" class="CtreTexte" width="300" height="199"/></p>
<p>
    Une autre trouvaille aussi risquée que payante est celle de l&#8217;amnésie qui foudroie Costello avant qu&#8217;il ait achevé sa quête de vengeance. Bien que fortement empruntée à <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-22447103.html"><em><span><b>Memento</b></span></em></a>, l&#8217;idée a le grand mérite de sortir l&#8217;histoire<br />
    de <em><b>Vengeance</b></em> de l&#8217;ombre de celle d&#8217;<em><b>Exilé</b></em> (où l&#8217;on retrouve des lieux, des personnages, des situations, des destins tragiques très similaires&nbsp;; raison pour<br />
    laquelle les fans du cinéaste apprécieront peut-être moins ce nouvel opus que le feront des néophytes) et de la faire s&#8217;achever dans un dernier acte osant crânement vider de leur sens les enjeux<br />
    qui prévalaient jusque là. Jamais encore Johnnie To n&#8217;avait osé bousculer de la sorte un de ces scénarios en plein vol ; il peut s&#8217;en féliciter, car cette audace mène <em><b>Vengeance</b></em><br />
    vers une fin en apothéose. Car quel but peut-on trouver à des représailles accomplies de manière purement mécanique, sans souvenir des raisons qui la motivaient au départ&nbsp;? C&#8217;est là l&#8217;état<br />
    dans lequel se trouve Costello au moment de se lancer dans l&#8217;ultime face-à-face, celui avec l&#8217;homme qui a ordonné le carnage de sa famille. Cette scène d&#8217;action finale, moins sublime que d&#8217;autres<br />
    créées par Johnnie To (dans <em><b>Exilé</b></em>, ou <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-20314813.html"><em><span><b>Sparrow</b></span></em></a>), recèle tout de même son lot de belles idées formelles, telle celle des <em>stickers</em> collés sur les habits de la cible pour la<br />
    repérer au milieu de ses hommes de main. Surtout, elle boucle à merveille un récit hautement déceptif et amer, d&#8217;une vengeance d&#8217;abord initiée à contrecœur&nbsp;; dont la majorité des victimes<br />
    auront été des hommes ni bons ni mauvais mais simplement sur le mauvais contrat au mauvais moment&nbsp;; et qui se conclut sur une énième tuerie n&#8217;impactant nullement son principal protagoniste,<br />
    réduit quoiqu&#8217;il arrive pour le restant de ses jours à l&#8217;état d&#8217;enfant rieur et innocent au milieu d&#8217;autres enfants. Une fin belle, mais aussi complexe et amorale, cousine de celle de <em><b>Mad<br />
    detective&nbsp;</b></em>: là aussi le héros y faisait le ménage dans un conflit qui n&#8217;est plus le sien, avant de se replier dans son univers mental. Comme si Johnnie To cherchait, par personnage<br />
    interposé, à se purger de ce monde de gangsters qui a fait sa gloire et qui serait désormais devenu un fardeau.
  </p>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<style type="text/css">
<!--</p>
<p>-->
</style>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sparrow, de Johnnie To (Hong Kong, 2008)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/sparrowdejohnnietohongkong2008-729</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/sparrowdejohnnietohongkong2008-729#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 1969 22:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Où&#160;?
    Au ciné-cité les Halles, dans une des grandes salles
  

    Quand&#160;?
    Dimanche matin, à 11h. Public assez clairsemé, mais autant que dans les allées du Forum des Halles, dont le vide le dimanche est presque surréaliste par rapport au grouillement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
    <b>Où&nbsp;?</b><br />
    Au ciné-cité les Halles, dans une des grandes salles
  </p>
<p>
    <b>Quand&nbsp;?</b><br />
    Dimanche matin, à 11h. Public assez clairsemé, mais autant que dans les allées du Forum des Halles, dont le vide le dimanche est presque surréaliste par rapport au grouillement permanent en<br />
    semaine
  </p>
<p>
    <b>Avec qui&nbsp;?</b><br />
    Seul
  </p>
<p>
    <b>Et alors&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Petite baisse de régime pour Mister To. Pour la 1ère fois, l&#8217;homme qui tourne plus vite que son ombre (l&#8217;étonnant <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17895018.html"><b><em><span>Mad detective</span></em></b></a> est sorti il y a tout juste 3 mois, et il<br />
    ne s&#8217;est pas encore écoulé une année pleine depuis le jouissif <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-11551703.html"><b><em><span>Exilé</span></em></b></a>) mérite le reproche presque trop évident pour un stakhanoviste dans son genre&nbsp;: il aurait dû plus travailler son scénario. Car<br />
    <b><em>Sparrow</em></b> trahit de manière beaucoup trop évidente qu&#8217;il a été mis en chantier uniquement pour donner vie à 2 séquences, il est vrai formellement sublimes &#8211; sûrement ce que To a<br />
    tourné de plus beau, avec les 2 <em>gunfights</em> qui ouvrent et referment <b><em>Exilé</em></b>. En plus de la virtuosité d&#8217;un instant, la réussite de ce dernier venait du fait que ses<br />
    protagonistes avaient ce qu&#8217;il faut d&#8217;épaisseur et de charisme pour maintenir l&#8217;intérêt sur la durée. <b><em>Sparrow</em></b> pèche sur ce point, avec des personnages bien trop transparents pour<br />
    que l&#8217;on s&#8217;attache à eux. L&#8217;absence d&#8217;enjeux sérieux, vitaux (dans <b><em>Exilé</em></b>, le ton était à l&#8217;insouciance mais les risques mortels) enfonce le clou et le constat est là&nbsp;: devant<br />
    ce film, on s&#8217;ennuie par moments comme jamais depuis des lustres devant un Johnnie To.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-4/sparrow-2.jpg" class="CtreTexte" height="199" width="299"/></p>
<p>
    Reste donc les 2 morceaux de bravoure. Ils confirment 2 choses&nbsp;: que To est l&#8217;un des plus importants cinéastes actuels en termes de recherche formelle et de beauté plastique, et qu&#8217;il est<br />
    actuellement dans une période passionnante pour lui comme pour nous, où chaque film va visiter de nouveaux territoires inattendus. On avait déjà vu le To sans flingues (<em><span><b><a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-19091690.html">Election</a></b></span></em>), le To européen (<b><em>Exilé</em></b>), le To<br />
    fantastique (<b><em>Mad detective</em></b>)&nbsp;; voilà le To des années 50-60, tendance <b><em>Diamants sur canapé</em></b>, avec sa bande-son adéquate &#8211; signée des 2 français Xavier Jamaux et<br />
    Fred Avril -, ses couleurs éclatantes, ses accessoires désuets (un appareil photo en noir et blanc, une bicyclette) et son héroïne fragile et malicieuse. Tous ces éléments s&#8217;unissent dans la<br />
    scène de séduction du personnage principal par l&#8217;héroïne, où To réussit à littéralement arrêter le temps par un savant mélange d&#8217;extrêmes gros plans et de ralentis, pendant l&#8217;instant où les 2<br />
    personnages partagent une cigarette &#8211; qui est, pour nous devant l&#8217;écran, un instant de grâce et de pure magie de cinéma.
  </p>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-4/sparrow-1.jpg" class="CtreTexte" height="199" width="299"/></p>
<p>
    Les mêmes méthodes sont réemployées par le réalisateur pour la scène finale, qui sort de nulle part mais est tellement belle&#8230; Sous une pluie battante comme on n&#8217;en voit qu&#8217;au cinéma, un passage<br />
    piétons devient le lieu d&#8217;un stupéfiant pas de deux entre 2 camps de pickpockets armés de parapluies et de lames de rasoir. Dénué d&#8217;un réel suspense accrocheur, ce <em>climax</em> fascine malgré<br />
    tout pour sa beauté et la perfection de sa chorégraphie. A sa grande époque, John Woo se réclamait de l&#8217;influence de Jacques Demy&nbsp;; Johnnie To, son successeur sur le trône du cinéma HK, se<br />
    passe de telles déclarations et laisse ses films parler pour lui.
  </p>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Election 1 et 2, de Johnnie To (Hong Kong, 2005-2006)</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Apr 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Où&#160;?
    A la maison, en DVD zone 2 anglais (moins chers que les français, et avec des bonus conséquents regroupés autour d&#8217;Election 1 alors que l&#8217;édition française est nue comme un ver)
  

    Quand&#160;?
    La semaine dernière et lundi soir
  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
    <b>Où&nbsp;?</b><br />
    A la maison, en DVD zone 2 anglais (moins chers que les français, et avec des bonus conséquents regroupés autour d&#8217;<b><em>Election 1</em></b> alors que l&#8217;édition française est nue comme un ver)
  </p>
<p>
    <b>Quand&nbsp;?</b><br />
    La semaine dernière et lundi soir
  </p>
<p>
    <b>Avec qui&nbsp;?</b><br />
    Seul
  </p>
<p>
    <b>Et alors&nbsp;?</b>
  </p>
<p>
    Aussi étonnant que cela puisse paraître, le diptyque <b><em>Election</em></b> est sûrement le film le plus personnel de To. D&#8217;abord car les Triades &#8211; la mafia locale &#8211; font d&#8217;après ses dires<br />
    partie intégrante de la vie de tout citoyen de Hong Kong, au moins jusqu&#8217;à sa génération ; et en plus car le cinéaste profite de l&#8217;occasion pour faire son récit géopolitique sur les relations<br />
    entre HK et la Chine continentale, presque 10 ans après la rétrocession. <b><em>Election</em></b> est d&#8217;ailleurs sûrement la 1ère parabole d&#8217;envergure faisant suite à cet événement. La Triade<br />
    décrite y représente HK,&nbsp; et face à elle la police omniprésente et toute puissante (les membres de la Triade sont mis en prison presque selon le bon-vouloir des policiers) joue le rôle de la<br />
    Chine. De plus, le thème des élections n&#8217;est pas innocent&nbsp;: comme To l&#8217;explique dans son interview en bonus &#8211; en aparté&nbsp;: pourquoi les éditions françaises de ses films sont-elles<br />
    bâclées au lieu de reprendre de tels bonus, excellents ? &#8211; il n&#8217;y a pas d&#8217;élections à HK, mais un système quasi-féodal tel que celui décrit dans le film. En prime, le nouveau statut du territoire<br />
    vis-à-vis de la Chine en a fait un simple instrument financier sous tutelle, et a transformé cette féodalité en une brutalité pure et simple. Les personnes au pouvoir n&#8217;ont plus de réelles<br />
    responsabilités, le business et la quête du profit sont leur seul horizon&nbsp;; la force de la tradition et de l&#8217;histoire disparaît alors à petit feu.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-4.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    On est donc plus dans le documentaire que dans <b><em>Le Parrain</em></b>, malgré l&#8217;accroche écrite en gros sur la jaquette du DVD. To a drastiquement adapté son style à cette orientation<br />
    nouvelle : exit le grand angle et les chorégraphies virtuoses, place à une captation sobre et sous une lumière neutre &#8211; la dernière scène est l&#8217;exemple le plus éloquent de cette métamorphose. La<br />
    seule facétie stylistique que s&#8217;autorise le réalisateur est une musique envoûtante, qui accompagne le récit d&#8217;un bout à l&#8217;autre presque sans interruption, et qui suffit à elle seule (combinée au<br />
    charisme des acteurs) à maintenir la pression dans une intrigue épurée de toute volonté de spectaculaire.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-2.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    <b><em>Election 1</em></b> raconte une simple perturbation dans le système de désignation du chef de la Triade. Le candidat éconduit (presque trop en phase avec l&#8217;air du temps, il pensait que son<br />
    argent seul suffirait à acheter l&#8217;élection au-delà de son mépris des anciens et de sa surexcitation constante) se rebelle et tente de voler le Sceptre symbole du pouvoir. Cette insubordination<br />
    est la source d&#8217;une unique scène d&#8217;action, un affrontement nocturne dans la rue des 2 factions rivales &#8211; presque une gourmandise pour To, qui en fait un ballet fascinant. Avant et après, la<br />
    routine de la gestion d&#8217;une entreprise étouffe tout débordement &#8211; on ne voit même pas dans le film l&#8217;ombre d&#8217;une des activités criminelles de la Triade.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-6.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    Le final sauvage (les interventions sur cette scène des acteurs et du réalisateur, qui a choisi la <em>«&nbsp;surprise&nbsp;»</em> plutôt que le <em>«&nbsp;suspense&nbsp;»</em> pour reprendre les<br />
    termes de Hitchcock, sont très intéressantes) invalide cette illusion d&#8217;une normalisation des Triades. En effet, Lok, le candidat retenu par les doyens prouve alors qu&#8217;il n&#8217;était en rien plus<br />
    respectueux ou respectable&nbsp;; juste plus malin pour cacher l&#8217;inhumanité profonde et l&#8217;appât du gain à tout prix qui le définissent réellement. Toute cette violence soudainement déchaînée<br />
    règne sans partage dans le volume 2&#8230;
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-5.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    Où la guerre n&#8217;est plus larvée mais ouverte. <b><em>Election 2</em></b> est tellement linéaire et concentré sur le but à atteindre qu&#8217;il ne peut s&#8217;analyser que par séquences. Le style<br />
    documentaire du 1er épisode y fait encore illusion pendant la 1ère 1/2-heure, tout comme les discussions policées entre chefs ; ensuite, à partir du moment où le mandat de Lok est mis en danger,<br />
    le film tourne purement et simplement au cauchemar, où tous les coups sont permis dans les 2 camps. Aux premières 30 minutes calmes succède une période de boucherie où les cadavres s&#8217;empilent,<br />
    avec des mises à mort de plus en plus barbares qui écœurent jusqu&#8217;à la mise en scène. Les plans prennent de la distance par rapport à l&#8217;action (larges, désaxés, flous), les dialogues se<br />
    raréfient, la musique se fait lointaine puis en sourdine. La vie et l&#8217;ardeur quittent le film, remplacées par la stupeur et l&#8217;incrédulité face à l&#8217;inhumanité qui se propage. En conclusion de ce<br />
    mouvement, la séquence de la torture au chenil est une des plus insoutenables de ces dernières années &#8211; mais la terreur imprimée à l&#8217;écran est visiblement partagée par To&nbsp;; il n&#8217;y a donc ni<br />
    tromperie ni manipulation du public, ce qui assure l&#8217;honnêteté de la scène et sa puissance.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-7.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    Ensuite arrive sans prévenir la séquence du basculement du pouvoir &#8211; un montage virtuose d&#8217;une dizaine de minutes, où To réalise un spectaculaire mille-feuilles de ses influences et plaisirs<br />
    cinéphiles. Il mêle le kung-fu (des combats au sabre chorégraphiés avec soin), la comédie chinoise (la présence impromptue et gratuite d&#8217;un cercueil, occupé par des vivants, comme objet de<br />
    convoitise de tous), et &#8211; enfin, après 2h40 de film depuis le début du 1er épisode &#8211; <b><em>Le Parrain</em></b> de Coppola. Comme pour la scène précédente, mais pour des raisons différentes, nous<br />
    voilà complètement scotchés à notre siège. Après ça, tout est dit. Ou presque : il reste un épilogue, calme et détaché, qui revient sur le seul aspect du récit qu&#8217;<b><em>Election 2</em></b> avait<br />
    jusque là laissé de côté, la parabole politique. A l&#8217;instar de tout le reste dans ce film définitivement remarquable, cet aspect fait l&#8217;objet d&#8217;une séquence superbe, qui explicite crûment la<br />
    nature des relations Chine / HK aujourd&#8217;hui. Le vrai pouvoir est chez les premiers, les seconds étant réduits au rôle de marionnette qui n&#8217;a plus que l&#8217;illusion de la liberté.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/election-9.jpg" class="CtreTexte" height="168" width="299"/></p></div>
<p>
    Pour conclure, petit retour sur l&#8217;interview de Johnnie To citée plus haut dans ce texte. Ravi de discuter de son travail, le cinéaste éclaire notre vision d&#8217;<b><em>Election 1</em></b> à travers 4<br />
    scènes&nbsp;: l&#8217;élection biaisée, l&#8217;humiliation des anciens de la Triade lors de leur passage en cellule, le rituel suranné et désormais vide de sens de transmission du pouvoir au sein des<br />
    Triades et le final. Il détaille également sa manière de fonctionner avec ses acteurs, qu&#8217;il utilise pour donner vie à des personnages qu&#8217;il a déjà bien en tête, tel un Hitchcock ou un<br />
    Loach&nbsp;; il n&#8217;y a donc pas besoin pour eux de savoir le scénario complet, c&#8217;est To qui se charge de rassembler leurs performances pour constituer un tout homogène. Enfin, la sélection à<br />
    l&#8217;époque d&#8217;<b><em>Election</em></b> pour le festival de Cannes est l&#8217;occasion pour le réalisateur d&#8217;affirmer l&#8217;honneur qu&#8217;une telle reconnaissance représente pour lui, car elle va dans le sens de<br />
    son ambition de parler aux spectateurs du monde entier, d&#8217;avoir lui aussi sa place dans l&#8217;Histoire du cinéma.
  </p>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x225/1/12/92/62/images-3/election-12.jpg" class="CtreTexte" height="225" width="300"/></p></div>
<div>
<p><img src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x225/1/12/92/62/images-3/election-11.jpg" class="CtreTexte" height="225" width="300"/></p></div>
<p>
    &nbsp;
  </p>
<div class="clear center"></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Week-end de doubles (2/2) : William Friedkin (Bug, Cruising) et Johnnie To (Fulltime killer, Mad detective)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/week-enddedoubles22williamfriedkinbugcruisingetjohnnietofulltimekillermaddetective-731</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/week-enddedoubles22williamfriedkinbugcruisingetjohnnietofulltimekillermaddetective-731#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  A la maison, en DVD zone 2 (Bug, Fulltime killer), et au cinéma (Cruising à l’Action Christine où il est ressorti en
  copie neuve, Mad detective au Reflet Médicis)
  
  Quand&#160;?
  Ce week-end
  &#160; 
  Avec qui&#160;?
  Seul pour les Friedkin et Mad detective, accompagné de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  A la maison, en DVD zone 2 (<strong><em>Bug</em></strong>, <strong><em>Fulltime killer</em></strong>), et au cinéma (<strong><em>Cruising</em></strong> à l’Action Christine où il est ressorti en<br />
  copie neuve, <strong><em>Mad detective</em></strong> au Reflet Médicis)<br />
  <strong><br />
  Quand&nbsp;?</strong><br />
  Ce week-end<br />
  &nbsp; <strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong><br />
  Seul pour les Friedkin et <strong><em>Mad detective</em></strong>, accompagné de mon frère pour <strong><em>Fulltime killer</em></strong><br />
  &nbsp; <strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>
<p align="justify">
    Après <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17895489.html" target="_blank"><u>Friedkin</u></a>, attaquons-nous donc à Johnnie To. On avait laissé ce dernier il y a 8 mois<br />
    avec <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-11551703.html" target="_blank"><strong><em><u>Exilé</u></em></strong></a>, qui avait des allures d’achèvement d’un<br />
    cycle&nbsp;pour le cinéaste : réutilisation des mêmes acteurs que dans <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17499095.html" target="_blank"><strong><em><u>The<br />
    mission</u></em></strong></a>, son 1er grand succès, scénario très libre, hommage/grignotage chez des réalisateurs qui ne nourrissaient auparavant son style qu’en creux (Sergio Leone, Howard<br />
    Hawks, John Woo), mise en scène magistrale qui s’autorise tout, réussit tout. On était donc forcément curieux de voir quelle tournure allait prendre la suite&nbsp;; <strong><em>Mad<br />
    detective</em></strong> apporte une réponse emballante, un renouvellement réel et jubilatoire.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" alt="maddet-3.jpg" class="CtreTexte" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-3/maddet-3.jpg"/><br />
 &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    <strong><em>Mad detective</em></strong> a été pour Johnnie To l’occasion de réactiver sa collaboration avec Wai Ka-Fai. Les 2 hommes ont réalisé ensemble 10 films entre 2000 et 2003 (!), et Wai<br />
    Ka-Fai semble apporter à To le grain de folie qui vient dérégler les belles machines, léchées et rigoureuses, que ce dernier met habituellement en scène. <strong><em>Fulltime killer</em></strong><br />
    (cf. plus bas) était jusqu’à présent la réalisation la plus trépidante, émancipée et exaltée du tandem. <strong><em>Mad detective</em></strong> en est une autre, aussi inventive sur la forme mais<br />
    toutefois moins innocente – plus mélancolique, plus mature. Pour la 1ère fois, gentils et méchants appartiennent au même camp des flics&nbsp;; de plus, ils sont tous frustrés, hystériques ou fous<br />
    à un certain degré, la palme étant détenue par le personnage principal, Bun (rôle en or pour Lau Ching-Wan, fidèle de To). Bun a le don de voir les «&nbsp;démons&nbsp;» des gens, leur<br />
    personnalité maléfique refoulée. Un don qui est aussi une malédiction&nbsp;: Bun a beaucoup du mal à distinguer le réel du monde des esprits, et en paye le prix aussi bien professionnellement<br />
    (viré de la police) que sentimentalement (quitté par sa femme).
  </p>
<div align="center">
    &nbsp;<br />
<img width="299" height="199" alt="maddet-1.jpg" class="CtreTexte" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-3/maddet-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Cette contamination du récit policier – l’intrigue consiste en la réintégration de Bun le temps d’une enquête, sur un flic soupçonné d’avoir tué son coéquipier puis commis une série de braquages<br />
    sanglants – par un élément imprévu est une porte d’entrée à l’éclatement du film en une multitude de genres&nbsp;: comédie, drame, fantastique s’entremêlent en pagaille. Ainsi, à côté des scènes<br />
    où apparaissent les 7 personnalités du suspect (schizophrène, vous l’aurez compris) et qui font basculer franchement <strong><em>Mad detective</em></strong> dans le film de fantômes, les<br />
    parasitages de la vie de Bun par l’irruption de démons caricaturaux, avec une prédilection pour les mégères hystériques, provoquent un rire massif et immédiat. Enfin, en filigrane, les angoisses<br />
    et les démons – au sens figuré cette fois – intimes de chacun prennent le pas sur l’enquête et une place prépondérante dans le film, jusqu’à mener à une conclusion glaçante de pessimisme sur la<br />
    nature humaine et son absence de libre-arbitre.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" alt="maddet-2.jpg" class="CtreTexte" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-3/maddet-2.jpg"/><br />
&nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    A cette débauche créative du contenu (influence Wai Ka-Fai) répond la rigueur méthodique de l’emballage (influence Johnnie To). Dans sa forme, <strong><em>Mad detective</em></strong> est en effet<br />
    une leçon de mise en scène, érigée autour d’une idée simple : aucune contamination visuelle entre les 2 perceptions du monde. Le <em>point de vue</em> adopté est la seule et unique règle suivie<br />
    par To, selon le principe d’équivalence point de vue de Bun = présence de fantômes (et vice-versa), point de vue des autres personnages = pas de fantômes. De là découlent tous les effets<br />
    comiques, tragiques ou inquiétants détaillés plus haut dans ce texte, effets auxquels le brio formel de To, déjà jouissif en soi, donne tout le poids nécessaire sans qu’il y ait besoin de longs<br />
    tunnels de dialogues explicatifs ou de transition. Il maîtrise à un tel point son sujet qu&#8217;il s&#8217;autorise même la gourmandise de nous présenter 2 scènes avec fantômes avant de nous avoir signifié<br />
    leur présence. A posteriori, il est particulièrement plaisant de s&#8217;être ainsi fait avoir. <strong><em>Mad detective</em></strong> est plié en moins de 1h30, dans un éblouissant final à base de<br />
    jeux de miroirs ; et sans être le meilleur long-métrage de son réalisateur, car dépendant un peu trop d’une unique idée, il lui ouvre cependant une nouvelle voie pleine de promesses.
  </p>
<div align="center">
    &nbsp;<br />
<img width="300" height="225" alt="towkf-1.jpg" class="CtreTexte" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x225/1/12/92/62/images-3/towkf-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    7 ans avant <strong><em>Mad detective</em></strong>, <strong><em>Fulltime killer</em></strong> était déjà tout aussi fou – mais le portait plus sur lui. Mené tambour battant, ce récit d’un duel<br />
    entre 2 tueurs à gages (O, un japonais introverti et fantomatique, et Tok, un chinois exubérant et puéril) pour la place de n°1 fait l’effet d’une rafale ininterrompue de péripéties, de<br />
    rebondissements, d’images marquantes, doublée d’une mise en abyme sur le cinéma qui devient vertigineuse sur la fin. Les 2 co-auteurs jouent à plein sur le charisme de leurs interprètes (en<br />
    particulier la méga-star chinoise Andy Lau, utilisé ici comme George Clooney a pu l’être dans <strong><em>Hors d’atteinte</em></strong>) pour générer une adhésion immédiate chez le spectateur,<br />
    puis sur les bascules permanentes de l’intrigue et de la mise en scène pour maintenir cet enthousiasme jusqu’au bout.
  </p>
<div align="center">
    &nbsp;<br />
<img width="300" height="225" alt="towkf-2.jpg" class="CtreTexte" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x225/1/12/92/62/images-3/towkf-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Le cinéma est omniprésent dans le récit, d’abord via le personnage de Tok. Ce dernier est tellement féru de films policiers et d’action qu’il s’en inspire explicitement dans tous les aspects de<br />
    sa vie et de son travail. Réalisée presque à l’insu du film, cette greffe de la fiction dans la fiction prend des proportions inattendues dans le dernier acte. Un rebondissement brutal et génial<br />
    de scénario fait en effet basculer le film et ses personnages dans l’irréel, faisant jouer la conclusion sur plusieurs niveaux de lecture. Ludique et équilibriste, la manœuvre est aussi le plus<br />
    bel exemple à ce jour de la vision qu’a Johnnie To de son art. Le cinéma est pour lui un matériau malléable à l’envi&nbsp;; un jeu dont les cartes peuvent être constamment rebattues.
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Week-end de doubles (1/2) : William Friedkin (Bug, Cruising) et Johnnie To (Fulltime killer, Mad detective)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/week-enddedoubles12williamfriedkinbugcruisingetjohnnietofulltimekillermaddetective-633</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/week-enddedoubles12williamfriedkinbugcruisingetjohnnietofulltimekillermaddetective-633#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  A la maison, en DVD zone 2 (Bug, Fulltime killer), et au cinéma (Cruising à l’Action Christine où il est ressorti en
  copie neuve, Mad detective au Reflet Médicis)

    &#160;
  

  Quand&#160;?

    &#160;
  
Ce week-end

    &#160;
  

  Avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  A la maison, en DVD zone 2 (<strong><em>Bug</em></strong>, <strong><em>Fulltime killer</em></strong>), et au cinéma (<strong><em>Cruising</em></strong> à l’Action Christine où il est ressorti en<br />
  copie neuve, <strong><em>Mad detective</em></strong> au Reflet Médicis)</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Quand&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Ce week-end</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong><br />
  Seul pour les Friedkin et <strong><em>Mad detective</em></strong>, accompagné de mon frère pour <strong><em>Fulltime killer</em></strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    En marge du <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17499095.html" target="_blank"><u>cycle Johnnie To</u></a> à la Cinémathèque française, que j’ai prolongé avec<br />
    <strong><em>Fulltime killer</em></strong> et <strong><em>Mad detective</em></strong> (sur lesquels je reviens <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-17895018.html" target=    "_blank">ici</a>), je me suis fait pour moi-même un mini-cycle William Friedkin en profitant de circonstances favorables&nbsp;: la ressortie en copie neuve de <strong><em>Cruising</em></strong>,<br />
    <em>starring</em> Al Pacino, et l’arrivée en DVD zone 2 de <strong><em>Bug</em></strong>, son dernier long-métrage en date.
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    William Friedkin est un cinéaste largement méconnu, alors même qu’il a réalisé un des plus beaux doublés de l’histoire du 7è art&nbsp;: à un an d’intervalle, <strong><em>French<br />
    connection</em></strong> et <strong><em>L’exorciste</em></strong> ont obtenu un immense succès commercial, des nominations aux Oscars (avec les récompenses du meilleur film et du meilleur<br />
    réalisateur remportées par le 1er), et une renommée éternelle. Mais Friedkin n’a jamais cherché à capitaliser sur ces triomphes, préférant tourner de manière sporadique (6 films en 17 ans) des<br />
    projets moins accessibles et plus ambigus moralement comme <strong><em>Police fédérale L.A.</em></strong> ou <strong><em>Cruising</em></strong>, dont je reparle plus bas. Les années 90 et 2000<br />
    sont ensuite une véritable traversée du désert pour le cinéaste, qui cachetonne misérablement sur des grosses productions putassières (<strong><em>Jade</em></strong>, <strong><em>L’enfer du<br />
    devoir</em></strong>). Et soudain, ressurgi de nulle part, il signe en 2006 avec <strong><em>Bug</em></strong> tout simplement sa meilleure œuvre. La pièce de théâtre qui est à l’origine du film<br />
    se révèle un terrain parfait pour l’épanouissement des obsessions thématiques de Friedkin (en 2 mots : le Mal, la folie), souvent traitées de façon trop <em>borderline</em> même pour les films du<br />
    genre policier ou horrifique.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/bugg-2.jpg" class="CtreTexte" alt="bugg-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    <br />
    Parmi les bonus du DVD de <strong><em>Bug</em></strong>, une interview permet de mieux cerner le personnage, réalisateur passionné jusqu’à l’obsession (au point de parvenir parfois à se détacher<br />
    complètement de l’aspect commercial) par le cinéma en tant qu’art vivant, évolutif, multiple. En dehors de Friedkin, ils sont peu à l’être à ce point&nbsp;: aux USA, Scorsese, De Palma, Fincher.<br />
    L’entretien avec Friedkin tourne ainsi au cours magistral de cinéphilie. On y parle choix du sujet, rapports entre réalisateur et producteur, montage, support (pellicule ou numérique), contrôle<br />
    de la distribution d’un film (avec en prime un récit passionnant de la sortie en salles de <strong><em>L’exorciste</em></strong> et les exigences de Friedkin en termes de rendu visuel et sonore),<br />
    en comparant le passé – révolu – et l’avenir – probable – du cinéma mais sans jamais ringardiser le premier ni diaboliser le second. En plus de ces considérations générales, Friedkin lève un pan<br />
    du mystère de sa carrière erratique lorsqu’il disserte sur le choix qu’a un réalisateur d’aller ou non à la rencontre des attentes du public. Il l’a fait au début des années 70 (avec succès) puis<br />
    dans les années 90 (piteusement), se réservant le reste du temps le droit de filmer ce qui lui chante.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/bugg-1.jpg" class="CtreTexte" alt="bugg-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Moins définitifs, les autres suppléments n’en présentent pas moins un intérêt certain. La courte featurette dure juste ce qu&#8217;il faut pour glisser quelques mots sur la genèse du projet, le<br />
    processus d’adaptation du théâtre au cinéma et la relation entre le cinéaste et ses acteurs. Le commentaire audio du film par Friedkin est souvent frustrant car il tourne à la paraphrase<br />
    améliorée de ce qui se passe à l’écran (mécanismes du scénario, psychologie des personnages) et parle trop peu de mise en scène. Mais à mesure que le film progresse dans la démesure, Friedkin<br />
    devient plus disert…
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Mais reprenons du début. <strong><em>Bug</em></strong> est l’histoire de 4 personnages, dans un trou paumé au fin fond de l’Oklahoma – et donc des USA. Au cœur du récit, on trouve Agnes (Ashley<br />
    Judd), serveuse dans un bar et qui vit seule, assez misérablement dans sa chambre de motel louée à l’année&nbsp;; et Peter (Michael Shannon), qui débarque un jour dans sa vie avec aucun autre<br />
    bagage qu’une phobie aigue des insectes doublée d’une paranoïa anti-gouvernement. Interviennent également R.C. (Lynn Collins), la collègue lesbienne et meilleure amie de Agnes, et Jerry (Harry<br />
    Connick Jr.), son ex-mari tout juste sorti de prison. La 1ère demi-heure de <strong><em>Bug</em></strong> est un concentré anxiogène de la misère humaine banale, saisi sans filtre par la caméra<br />
    de Friedkin : boulot de merde, désert sentimental, perspectives d’avenir nulles, et pour couronner le tout un drame horrible comme la perte d’un enfant.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/bugg-6.jpg" class="CtreTexte" alt="bugg-6.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Dans ces scènes qui regardent sans détour l’abîme de la déchéance sociale et émotionnelle, Friedkin met en place le principe de mise en scène de son film, qu’il décrit succinctement dans le<br />
    commentaire audio. Le contexte théâtral du récit, son artificialité (décor unique, découpage en actes) sont détournés pour devenir les bases d&#8217;une observation omnisciente, comme <em>«&nbsp;au<br />
    microscope&nbsp;»</em> de Agnes et Peter – l’exigüité de la chambre de motel, les murs, plafonds et autres encadrements de porte toujours présents dans le cadre servant de lamelle. Ce que décrit<br />
    en détail l’observation <strong><em>Bug</em></strong>, c’est le besoin de chacun de trouver une échappatoire à sa détresse quotidienne quand celle-ci devient trop insoutenable. Laissée en retrait<br />
    par les succès sur la fatalité de R.C., qui obtient avec sa compagne la garde de leur enfant, et de Jerry qui se complaît dans son rôle de hors-la-loi, Agnes a comme seule échappatoire à son<br />
    impasse la folie autodestructrice de Peter, qu’elle accepte vite de partager. Friedkin ne se moque pas d’eux, ni ne les confronte cruellement à la réalité. Il se contente d’observer leur avancée<br />
    commune. Dans un décor qui devient progressivement chimérique (d’abord envahi de papier tue-mouches, puis entièrement recouvert d’aluminium et plongé dans une lumière bleutée de station spatiale<br />
    à la dérive), leur paranoïa fondatrice et jamais mise en défaut donne dès lors naissance à un amour baroque mais sincère.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/bugg-4.jpg" class="CtreTexte" alt="bugg-4.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Le jusqu’au-boutisme, l’hystérie qui s’emparent du couple dans la dernière partie – filmés toujours avec le même calme, la même neutralité qui deviennent hypnotiques – posent la question que le<br />
    réalisateur explicite dans son commentaire : où commence le cauchemar et où finit le réel ? Et d’ailleurs, y a-t-il quoique ce soit de tout cela qui ait été réel ? Sans prévenir, Friedkin<br />
    réactive dans <strong><em>Bug</em></strong> le mensonge fondateur du cinéma, cette incertitude entre l’illusion et la vérité qui peut devenir enivrante ou terrifiante. En l’appliquant de manière<br />
    extrêmement pure, il donne à ce croisement inspiré entre cinéma et théâtre une étendue de possibilités inouïe, à l’image des multiples interprétations possibles du titre (quasiment tous les sens<br />
    du mot <em>bug</em> peuvent s’appliquer au film). Film d&#8217;amour absolu, drame aux ressorts intemporels, chronique d&#8217;une société (la paranoïa rampante des USA sous Bush)&#8230;<br />
    <strong><em>Bug</em></strong> est le <strong><em>2001, l’odyssée de l’espace</em></strong> de Friedkin : le monde, l&#8217;art tout entiers contenus dans une chambre.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="168" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x168/1/12/92/62/images-3/bugg-5.jpg" class="CtreTexte" alt="bugg-5.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Et <strong><em>Cruising</em></strong>, alors&nbsp;? Voilà une œuvre que l’on commence seulement à redécouvrir (pour preuve cette ressortie presque 30 ans après sa réalisation) après avoir été<br />
    longtemps dépréciée, en raison des polémiques violentes qu’elle avait provoquées à l’époque. Il pouvait difficilement en être autrement, tant <strong><em>Cruising</em></strong> semble fait pour<br />
    choquer&nbsp;: 25 ans avant le français <strong><em>Irréversible</em></strong>, Friedkin plongeait déjà un héros normal (comprendre&nbsp;: séduisant et hétérosexuel) et le spectateur avec lui<br />
    dans l’univers extrême du sadomasochisme homosexuel. Et l’immersion ne dure pas qu’une scène mais s’étend sur tout un film, le temps pour Steve, le policier interprété par Al Pacino de mener<br />
    l’enquête sur un tueur en série frappant dans ce milieu.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="300" height="200" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/300x200/1/12/92/62/images-3/cruising-1.jpg" class="CtreTexte" alt="cruising-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Volontairement provocateur, Friedkin joue avec le feu de l’ambigüité à tous les niveaux. En usant de mots crus et détaillés pour parler des pratiques sadomasochistes, en filmant sans mise à<br />
    distance les corps (vivants ou morts) des adeptes, leurs vêtements, leur concupiscence, il fait s’effondrer la barrière rassurante de la fiction, du regard extérieur. Nous nous retrouvons<br />
    littéralement <em>au cœur</em> de ce monde, et le rejet qu’il génère chez la grande majorité du public se transmet inévitablement au film lui-même. De ce point de vue, la démarche du cinéaste est<br />
    remarquable&nbsp;; mais l’application de la même ambivalence au personnage principal, dans le cadre d’une réflexion un poil envahissante sur le Mal, est moins concluante.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62/images-3/cruising-2.jpg" class="CtreTexte" alt="cruising-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    A la manière de Deckard avec les réplicants de <strong><em>Blade runner</em></strong> 2 ans plus tard, Steve perd ses repères et ses assurances quant à son identité à force de côtoyer une<br />
    communauté ostracisée et déconnectée de la norme admise. Globalement, l’idée fonctionne et rend <strong><em>Cruising</em></strong> opaque, inquiétant, dérangeant – en grande partie grâce à la<br />
    performance sans filet d’Al Pacino. Mais les gros sabots de Friedkin sont beaucoup moins efficaces que les petites touches impressionnistes de Ridley Scott, en particulier lorsque le premier<br />
    construit clairement son intrigue de manière à communiquer uniquement ce qui l’arrange au spectateur, et ainsi préserver tout l’effet d’un épilogue équivoque – et en soi très réussi. C’est là<br />
    toute la différence entre un fabuleux chef-d’œuvre et un bon film, plein de talent et d’ambitions mais aussi d’une touche de déloyauté.
  </p>
<div align="justify"></div>
<div class="clear center"></div>
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		</item>
		<item>
		<title>The mission, de Johnnie To (Hong Kong, 1999)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/themissiondejohnnietohongkong1999-732</link>
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		<pubDate>Sat, 08 Mar 2008 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[Où&#160;?
  A la cinémathèque, où s’est ouvert un court cycle (un mois) consacré au réalisateur-producteur qui porte à lui seul le cinéma de HK depuis la rétrocession à la Chine en 1997. une discussion d’une
  heure entre le cinéaste et la salle a eu lieu après la séance.

    &#160;
  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où&nbsp;?</strong><br />
  A la cinémathèque, où s’est ouvert un court cycle (un mois) consacré au réalisateur-producteur qui porte à lui seul le cinéma de HK depuis la rétrocession à la Chine en 1997. une discussion d’une<br />
  heure entre le cinéaste et la salle a eu lieu après la séance.</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Quand&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Mercredi soir</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Avec qui&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p>Seul</p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p><strong><br />
  Et alors&nbsp;?</strong></p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Déjà croisé sur ces pages l’été dernier à l’occasion de la sortie en salles d’<a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-11551703.html" target=    "_blank"><strong><em><u>Exilé</u></em></strong></a> (qui s’est trouvé une belle place dans le <a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15058608.html" target="_blank"><u>top<br />
    10 de 2007</u></a>), Johnnie To se voit offrir l’honneur ce mois-ci d’un hommage à la Cinémathèque Française. Laquelle institution est sur ce coup on ne peut plus en phase avec l’actualité,<br />
    puisque 2 films distribués en janvier dernier et auxquels To a participé comme producteur (<a href="http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-15564985.html" target=    "_blank"><strong><em><u>Filatures</u></em></strong></a>) ou coréalisateur (<strong><em>Triangle</em></strong>) sont programmés en fin de cycle.
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
<p><img src="http://idata.over-blog.com/1/12/92/62/images-2/mission-2.jpg" class="GcheTexte" alt="mission-2.jpg"/><br />
En ce qui concerne l’ouverture du cycle, le choix de <strong><em>The<br />
    mission</em></strong> s’imposait comme une évidence. C’est en effet ce long-métrage, bien que tourné en 18 jours sans argent ni scénario, qui a fait basculer le cinéaste de son anonymat d’artisan<br />
    solitaire dans le Hong Kong d’après la rétrocession à un statut d’auteur influent dans son genre et reconnu mondialement. <strong><em>The mission</em></strong> combine avec une vraie grâce les 2<br />
    éléments fondateurs et complémentaires du style de To, qu’il a lui-même explicités au cours de la discussion qui a suivi. D’un côté, l’homme est doté d’un grand pragmatisme qui le rend ouvert aux<br />
    attentes du public (d’où le choix du polar, le genre le plus populaire à Hong Kong) et le fait tirer ses intrigues de l’observation d’individus réels – ses flics et gangsters y gagnent l’humanité<br />
    qui fait d’eux bien plus que des pions stéréotypés. Les 5 gardes du corps du chef d’une triade qui forment le groupe de héros de <strong><em>The mission</em></strong> sont l’exemple parfait de la<br />
    réussite de cette méthode. Interprétés par un rassemblement d’acteurs homogène et au capital sympathie immédiat, ces 5 hommes nous sont familiers en quelques minutes, et leurs personnalités,<br />
    leurs blagues, leur amitié sont en permanence maintenues au cœur du récit, occultant peu à peu l’intrigue minimaliste et secondaire.
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Johnnie To est aussi un véritable artiste cinématographique&nbsp;: au sein de ce cadre clairement défini qu’est le polar masculin, il donne toujours la priorité à son imagination et à sa<br />
    sensibilité visuelle par rapport à toutes les autres considérations. C’est dans une telle obsession que peut s’épanouir un style, et l’acte de naissance du style Johnnie To se trouve dans<br />
    <strong><em>The mission</em></strong>, lors d’une fusillade dans un centre commercial. Ou plutôt lors de l’attente de cette fusillade, puisqu’entre la découverte de l’embuscade et le<br />
    déclenchement des hostilités le temps est suspendu, et le médium cinématographique exacerbé. La pose prise par les acteurs (immobiles) et la caméra (aux cadrages plus travaillés et jubilatoires<br />
    les uns que les autres) est contrebalancée par un humour décalé et une musique insouciante pour créer un ensemble unique, un bonheur de moment de cinéma.
  </p>
<div align="center">
<p><img src="http://idata.over-blog.com/1/12/92/62/images-2/mission-1.jpg" class="CtreTexte" alt="mission-1.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    <br />
    Avec sa nonchalance scénaristique et son ambition formelle bravache et couronnée de succès, <strong><em>The mission</em></strong> devient ainsi sans crier gare un mini <a href=    "http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/article-14739174.html" target="_blank"><strong><em><u>A bout de souffle</u></em></strong></a>, une perle rare étincelante. Comme Godard en son<br />
    temps, Johnnie To fait l’éloge espiègle d’une inutilité portée au sublime&nbsp;: inutilité du récit, du suspense, des rôles secondaires croisés en route… jusqu’à la possible inutilité du film<br />
    lui-même, dans un mélange de modestie et d’orgueil aussi indéchiffrable que délectable.
  </p>
<div align="justify"></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Exilé, de Johnnie To (Hong Kong, 2006)</title>
		<link>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/exiledejohnnietohongkong2006-734</link>
		<comments>http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/exiledejohnnietohongkong2006-734#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jul 2007 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Erwan Desbois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films noirs,polars]]></category>
		<category><![CDATA[Johnnie To]]></category>

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		<description><![CDATA[
    Où&#160;?
  

    À l’UGC Opéra, dans la petite salle (80 places, mais au moins l’écran reste d’une taille raisonnable)
  

    Quand&#160;?
  

    Dimanche matin
  

    Avec qui&#160;?
  

    Seul, avec 5 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
    <strong>Où&nbsp;?</strong>
  </div>
<p>
    À l’UGC Opéra, dans la petite salle (80 places, mais au moins l’écran reste d’une taille raisonnable)
  </p>
<div>
    <strong>Quand&nbsp;?</strong>
  </div>
<div>
    Dimanche matin
  </div>
<div>
    <strong>Avec qui&nbsp;?</strong>
  </div>
<p>
    Seul, avec 5 ou 6 autres passionnés pas encore partis en vacances
  </p>
<div>
    <strong>Et alors…&nbsp;?</strong>
  </div>
<p align="justify">
    Il fallait donc bel et bien compter sur To. Après les prometteurs mais hésitants <strong><em>Running out of time</em></strong> et <strong><em>PTU</em></strong>, l&#8217;année 2007 prend des allures de<br />
    feu d&#8217;artifice, lancé par le diptyque <strong><em>Élection</em></strong> – qui mettait déjà la barre haut – début janvier, et dont le bouquet final est cet <strong><em>Exilé</em></strong><br />
    magnifique. Le seul réalisateur d&#8217;envergure aujourd&#8217;hui à HK atteint donc enfin en son nom propre le niveau d&#8217;excellence de ses films signés à moitié (<strong><em>Fulltime killer</em></strong>,<br />
    où est co-crédité au générique Wai Ka-Fai), voire pas signés du tout (<strong><em>The longest nite</em></strong>, soi-disant mis en scène par l&#8217;inconnu Patrick Yau).
  </p>
<div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
<p align="justify">
    Au passage, <strong><em>Exilé</em></strong> est aussi le meilleur film venu de HK depuis <strong><em>Time and tide</em></strong> de Tsui Hark en 2001. Le mérite de To est encore plus grand que<br />
    celui de ses prédécesseurs, car lui n&#8217;a ni compétition forcenée (l&#8217;âge d&#8217;or du début des années 90) ni désir de revanche (le Tsui Hark de <strong><em>Time and tide</em></strong> revenait humilié<br />
    de Hollywood) pour le pousser à élever son talent jusqu&#8217;à l&#8217;excellence. Ce soi-disant «&nbsp;film de vacances&nbsp;» (selon le réalisateur) ne mérite cette appellation que sur un point : le<br />
    scénario tient sur un timbre-poste. 2 tueurs viennent exécuter un contrat sur un rival qui a tenté de tuer leur boss ; lequel rival voit arriver en même temps à sa rescousse 2 complices. Les<br />
    voilà donc 5, qui vont s&#8217;associer temporairement pour monter un coup permettant à la femme de la cible d&#8217;avoir suffisamment d&#8217;argent pour refaire sa vie une fois son mari exécuté.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62//exile-3.jpg" class="CtreTexte" alt="exile-3.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Avant que ces quelques infos de base nous soient données, un premier gunfight époustouflant a déjà eu lieu, qui fixe les règles pour les 108 minutes à venir : importance cruciale de la<br />
    disposition des lieux, prédominance du beau (beaux plans, beaux effets de lumière, belles postures des persos) sur le réaliste (lois de la physique, comportement des héros), dilatation à<br />
    l&#8217;extrême du temps de l&#8217;action pour exploiter toutes les possibilités de la scène. Ces règles correspondent à la transformation de Macao, où se déroule l&#8217;intrigue, en un immense terrain de jeu<br />
    pour cinéaste décidé à aller au bout de ses envies formelles. Après l&#8217;appart aux pièces plongées dans la pénombre viendront le resto sous une gigantesque verrière sphérique, un cabinet de<br />
    médecine clandestin séparé du reste de l&#8217;appart par de grandes tentures, et d&#8217;autres jusqu&#8217;au somptueux bouquet final dans un hall d&#8217;hôtel avec escalier et balustrade, comme au bon vieux temps<br />
    des westerns, ces ancêtres des gunfights modernes.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62//exile-2.jpg" class="CtreTexte" alt="exile-2.jpg"/></p></div>
<p align="justify">
    Comme la liste ci-dessus l&#8217;indique, To abandonne les lieux habituels du genre (hangars désaffectés, cages d&#8217;escalier&#8230;) mais aussi de son propre cinéma (point de rues vidées ou non de leur<br />
    circulation ici) pour emmener l&#8217;action vers d&#8217;autres contrées, au propre comme au figuré. On reste du coup bouche bée d&#8217;un bout à l&#8217;autre devant l&#8217;efficacité et l&#8217;inventivité débridée de cet<br />
    enchaînement d&#8217;action non-stop, qui à aucun moment ne s&#8217;essouffle ni ne se répète, et où chaque idée est une idée géniale. Signe de l&#8217;assurance tranquille du réal, <strong><em>Exilé</em></strong><br />
    se dote en plus sur la durée de 2 composantes rarissimes à HK : des persos attachants et complexes (avec un casting de rêve, Antony Wong et Nick Cheung en tête), et une morale sous-jacente qui se<br />
    rapproche là encore des westerns classiques, en faisant la part belle à la fraternité face à l&#8217;appât du gain et du pouvoir. Dans une ville aussi aveuglément capitaliste que HK, la prise de<br />
    position est limite révolutionnaire.
  </p>
<div align="center">
<p><img width="299" height="199" src="http://www.cine-partout-toutletemps.fr/articles/wp-content/uploads/299x199/1/12/92/62//exile-1.jpg" class="CtreTexte" alt="exile-1.jpg"/></p></div>
<div class="clear center"></div>
]]></content:encoded>
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